BENGRINA

SATISFECIT, RESERVES ET ATTENTISME CHEZ DES PARTIS : La mouture finale se fait attendre

La date du référendum sur la révision constitutionnelle a été fixée au 1er novembre prochain. Entre enthousiasme et optimisme d’un côté, défiance et pessimisme de l’autre, bien des partis politiques sont dans l’attente de la mouture finale du projet de révision constitutionnelle. Et pour cause, quoique la date du référendum soit maintenant fixée pour le 1er novembre prochain, il faudrait, pour les partis politiques et la société civile, d’abord avoir le texte sous les yeux pour s’y prononcer. De son côté, l’ANIE, dirigée par Mohamed Chorfi s’est dite être «prête » à organiser le processus électoral, elle qui a à son actif une première expérience éprouvante que d’assumer la charge du scrutin du 12 décembre 2019, qui a vu la consécration d’Abdelmadjid Tebboune à la tête de l’État.

Mohamed Chorfi : « Nous sommes prêts ! »
Le président de l’Autorité nationale indépendante des élections, Mohamed Chorfi, a rassuré, hier, que la période de deux mois et quelques jours qui précèdent la tenue du référendum sur le projet de révision de la Constitution ne constitue pas un obstacle quant à l’accomplissement du rôle de l’Autorité nationale indépendante des élections. « Bien qu’elle soit courte, l’Autorité est prête à relever le défi », a-t-il indiqué. Intervenant dans l’émission de l’invité du matin sur la chaîne 1 de la Radio algérienne, le président de l’ANIE a expliqué que la pandémie du coronavirus avait empêché la tenue du référendum dans les délais promis par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, ajoutant que l’annonce de la date n’était pas une surprise « d’autant plus que nous avons appris à vivre avec la Covid-19 », a-t-il mentionné. S’agissant du rapport qu’il a remis au président de la République, Chorfi a indiqué qu’il contient des détails sur les capacités de l’Autorité qu’il dirige et sa situation financière afin qu’elle joue pleinement son rôle. S’exprimant sur le rôle des nouvelles technologies dans l’organisation du référendum, il s’est dit favorable surtout qu’elles ont démontré leur efficacité dans la protection de l’information ainsi dans l’assainissement des listes électorales, lors de la tenue de la dernière élection présidentielle. Selon lui, il n’y a aucun empêchement au recours à ces technologies pour parer aux manquements des moyens humains. Par ailleurs, Chorfi a exclu le recours au vote par Internet.  « Il peut être objet de fraude, comme l’ont montré les expériences dans d’autres pays », a-t-il conclu.

Satisfaction chez El-Bina
Le Mouvement El-Bina a exprimé sa « satisfaction » de la décision d’organiser le référendum sur la révision de la Constitution le 1er novembre prochain. Plus que ça, une opportunité pour consacrer « une transition démocratique réelle », explique mardi le parti d’Abdelkader Bengrina, ex-candidat à l’élection présidentielle du 12 décembre. Le Mouvement a ainsi indiqué, dans un communiqué, son souhait de voir ce référendum permettre « au peuple de recouvrer sa confiance en les institutions de l’État » et « surmonter la crise multidimensionnelle », en ce sens qu’il représentera « un point de départ pour la consécration des aspirations des jeunes du Hirak, dans l’attente de l’entame du processus d’édification des institutions de l’Etat (…) à travers la préservation des éléments identitaires de la nation et de l’unité nationale et la cohésion du front interne ». L’avant-projet d’amendement constitutionnel devrait « refléter les contributions des acteurs nationaux, sur la base des propositions soumises, à même de réaliser les aspirations du peuple algérien à davantage de liberté, de démocratie, de justice sociale et de développement ». Dans ce contexte, le Mouvement a exprimé son souhait de voir ce référendum ouvrir la voie au peuple algérien « pour qu’il puisse exercer ses droits dans une Algérie nouvelle où règnent justice et équité ».

Le Mouvement El-Islah favorable
Le Mouvement El-islah a salué, hier, la décision du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, d’organiser le référendum sur le projet d’amendement de la Constitution le 1er novembre prochain, exprimant sa volonté de contribuer activement au succès de ce rendez-vous. Lors de l’ouverture de la session ordinaire de son bureau national, le président de parti, Filali Ghouini, a déclaré qu’El-Islah « sera activement présent afin de contribuer à son succès ». Ghouini a estimé que ce référendum serait un véritable début pour consolider les fondements de la nouvelle république qui vise à consacrer l’État de droit et de justice, soulignant en même temps que l’atelier de réforme constitutionnelle va dans la bonne direction. Il a mentionné que le président de la République avait reçu les propositions de diverses composantes de la société, y compris des partis politiques et des personnalités nationales, ainsi que des syndicats en ce qui concerne le projet d’amendement à la Constitution et son adoption. Il a relevé l’existence d’une volonté politique de réaliser ce à quoi le peuple aspire.

Pour le RCD, il s’agit d’une « fuite en avant »
Atmane Mazouz, chargé de communication au RCD, a estimé que « l’annonce de la date du référendum de Tebboune sur la révision de la Constitution symbolise, en elle même, la fuite en avant (…) ». Et au responsable du secrétariat national du parti de Mohcine Belabbas d’ajouter que « Le pack proposé par Tebboune ne vise qu’au maintien du système et la reconduction d’une clientèle du régime retoquée pour les besoins de la conjoncture et qui, en réalité, œuvre pour maintenir le statu quo», a-t-il écrit sur sa page Facebook.

L’attentisme prudent des autres partis politiques
Depuis l’annonce de la date de la tenue du référendum sur la Constitution du pays, la majorité des partis politiques, toutes tendances confondues, ont choisi de ne pas porter leur appréciation a priori, arguant, pour la plupart d’entre eux, ignorer pour le moment le contenu de la mouture finale de ce texte fondamental pays et aussi le sort réservé à leurs propositions. En effet, c’est le cas de le dire, puisque le texte final qui devra inclure si besoin est les propositions des participants à la première mouture du projet rédigée par le Comité d’experts dirigé par Ahmed Laraba n’a pas encore été rendue publique. Au regard de ces raisons, les partis politiques – même ceux habituellement enthousiastes aux annonces présidentielles comme le FLN et RND – n’ont pas pu trancher leur position pour donner leur avis sur le projet. Ne serait-ce que pour donner une opinion sur la date symbole du premier novembre fixée pour la tenue du référendum. Face à cet état de fait, la majorité des partis affichent donc un attentisme prudent : pour l’instant, seuls les partis El-Bina et El Islah se sont exprimés sur la question en expliquant leurs visions sur le référendum. Exception faite également du MSP. Commentant l’annonce de la date duréférendum lors de la tenue de l’université d’été de son parti, le président du MSP, Abderrazak Makri, s’est contenté de dire qu’il « prend acte », regrettant au passage que cette date « ne soit pas précédée de consultations politiques préalables ». « Nous attendons de voir le document final pour vérifier si la commission d’experts a pris en considération nos propositions, notamment celles ayant trait à l’identité nationale », a-t-il indiqué.
Hamid Mecheri