Le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination s’est retrouvé au cœur des débats lors d’une réunion plénière de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations unies, organisée à l’occasion du 65ᵉ anniversaire de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux.
À travers des prises de position claires et convergentes, plusieurs États ont réaffirmé leur attachement aux principes du droit international et à la nécessité de mettre un terme à l’un des derniers dossiers de décolonisation en Afrique. Intervenant devant l’Assemblée, l’Afrique du Sud a exprimé sa profonde préoccupation face à la situation persistante au Sahara occidental, qualifié de dernière colonie du continent africain. Son représentant a insisté sur le caractère « fondamental » du droit du peuple sahraoui à décider librement de son avenir, soulignant qu’aucune solution ne saurait être imposée sans son consentement. Pretoria a appelé à un dialogue politique direct entre les parties au conflit, le Maroc et le Front Polisario, sans conditions préalables, afin de parvenir à un règlement juste et durable. Le Mozambique a, pour sa part, élargi le débat en rappelant que 17 territoires demeurent toujours inscrits sur la liste onusienne des territoires non autonomes. Son représentant a dénoncé l’attente prolongée de peuples auxquels des promesses d’autodétermination ont été faites depuis plusieurs décennies, citant explicitement les cas de la Palestine et du Sahara occidental, toujours privés de leurs droits inaliénables. La Namibie a livré une intervention particulièrement marquante, soulignant l’échec persistant de la communauté internationale à concrétiser les engagements pris depuis l’adoption de la résolution 690 du Conseil de sécurité, qui prévoyait l’organisation d’un référendum d’autodétermination. Pour Windhoek, le règlement de la question du Sahara occidental est indissociable de l’éradication définitive des vestiges du colonialisme en Afrique. Le soutien au rôle de la MINURSO a été réaffirmé, tout comme l’appel à la tenue d’un référendum libre et équitable. Dans le même esprit, Cuba a rejeté toute décision unilatérale ignorant les droits du peuple sahraoui, plaidant pour une solution politique conforme à la résolution 1514 de l’Assemblée générale. La Havane a insisté sur la nécessité d’un règlement durable et acceptable pour les deux parties, fondé sur le respect du droit à l’autodétermination. La solidarité internationale s’est également exprimée à travers les interventions du Nicaragua et du Timor oriental. Managua a réitéré son soutien indéfectible aux peuples sahraoui et palestinien, victimes d’un colonialisme toujours à l’œuvre, tandis que Dili a rappelé que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes constitue l’un des fondements du droit international contemporain et un principe central de la Charte des Nations unies. À l’issue de cette réunion, une constante s’impose : la question du Sahara occidental demeure un test majeur pour la crédibilité du système international et pour l’engagement réel de la communauté internationale en faveur de la décolonisation. Soixante-cinq ans après l’adoption de la résolution 1514, le peuple sahraoui attend toujours l’exercice effectif de son droit à l’autodétermination, reconnu mais encore entravé, au cœur d’un silence que de plus en plus d’États appellent à rompre.
M.Seghilani
Accueil ACTUALITÉ SAHARA OCCIDENTAL : Le droit à l’autodétermination reçoit un soutien international à...













































