Coronavirus

RUMEURS ET PANIQUE EN TUNISIE : Le coronavirus serait-il à nos portes ?

Longtemps confiné en Asie et – à moindre échelle – en Europe, l’épidémie du coronavirus semble s’approcher de plus en plus. Cette fois-ci, c’est l’Italie qui en est largement touchée : plus de 150 cas avérés et – au moment où nous mettons sous presse – 5 décès ont été déjà enregistrés. Et qui dit Italie – en matière d’épidémie – dit aussi la Tunisie.

Et c’est à raison : la circulation des personnes entre les deux pays est plus ou moins importante. D’ailleurs, un vent de panique souffle sur ce pays voisin. Et la cause est toute simple : des rumeurs quant à des cas de contamination de Tunisiens et sur le sol tunisien et sur le sol italien. Durant ces derniers jours, c’est un citoyen, originaire de la ville de Menzel Jemil, revenu d’Italie il y a un peu plus d’une semaine, qui a été derrière une grande frayeur chez les voisins tunisiens. Mais le directeur régional de la Santé de Bizerte, Jamaleddine Saïdani, a apporté, hier même, un démenti formel d’une quelconque contamination. Saïdani a réaffirmé également qu’« aucun nouveau cas de coronavirus n’a été enregistré à Bizerte ou dans le reste du pays ». Il a déclaré à l’agence de presse TAP que « le Comité régional de vigilance et de santé de Bizerte continue de surveiller tous les espaces dans le cadre du protocole de prévention approuvé au niveau central ». Il a ajouté que le dit comité, qui comprend toutes les parties et les services publics et privés, travaille également, en plus des activités de suivi, pour organiser des journées de sensibilisation et d’éducation au profit des premières lignes de prévention dans les espaces hospitaliers et sanitaires en général et dans les ports et autres dispositifs.
Mais les conséquences des rumeurs et de la panique ne resteront pas là : les services consulaires tunisiens, à l’instar des consulats de Gênes et de Milan, ont, de leur côté, appelé la communauté tunisienne à suivre les recommandations et mesures adoptées par les autorités italiennes pour la protection contre le coronavirus. Les services consulaires tunisiens disent, en outre, suivre de très près l’évolution de l’épidémie en Italie où vivent beaucoup de Tunisiens.

Une accélération inattendue
L’on s’attend, par ailleurs, que l’Algérie prenne des mesures assez rigoureuses, notamment au niveau de ses frontières avec la Tunisie, un pays où des milliers d’Algériens se rendent quotidiennement. Des mesures qui seront également justifiées par une accélération inattendue de cette épidémie qui continue à faire autant de peur que de mal. En effet, beaucoup de pays ont annoncé l’enresgistrement de nouveaux – certains même de premiers – cas de contamination. Au moment où l’Iran est officiellement monté à douze morts, l’Irak, l’Afghanistan, le Koweït et le Bahreïn ont annoncé, en effet, leurs premiers cas.
Et jusqu’à hier, on a parlé de quelque 78 000 personnes qui ont été contaminées à travers le monde, dans une trentaine de pays et territoires. On a noté que la Corée du Sud, à côté de l’Iran, se retrouve en première ligne, avec le plus grand nombre de cas de contamination et de morts en dehors de la Chine. En Europe, l’Italie déplore, comme déjà cité, cinq décès.
Le nouveau coronavirus a tué, dernier bilan en date, 2 442 personnes et en a contaminé quelque 77 000 en Chine continentale. C’est la plus grave urgence sanitaire qui frappe la Chine depuis la fondation du régime communiste, a déclaré dimanche le président Xi Jinping, tout en reconnaissant des « lacunes » dans la réponse à l’épidémie. La ville chinoise de Wuhan (centre), foyer d’apparition du nouveau coronavirus placé de facto en quarantaine depuis le 23 janvier avec ses 11 millions d’habitants, a finalement renoncé lundi, à alléger les mesures d’isolement, revenant sur une annonce faite quelques heures plus tôt.
Hamid F.