Retraités

RETOUR À LA RETRAITE PROPORTIONNELLE ET SANS CONDITION D’ÂGE : Le niet du gouvernement

Alors qu’elle a fait l’objet de plusieurs actions de contestations syndicales depuis sa suppression, la retraite proportionnelle semble ne pas être inscrite dans l’agenda du gouvernement. C’est ce que vient de confirmer le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Youcef Cherfa, qui a fait part jeudi de l’impossibilité d’un éventuel retour de la retraite sans conditions d’âge en ce moment. Répondant à une question du député Ali Mouilhi lors d’une plénière à l’Assemblée populaire nationale (APN) consacrée aux questions orales, le ministre a précisé qu’au regard de la situation financière de la CNR et la non disponibilité de ressources financières supplémentaires, le retour au régime de retraite proportionnelle sans condition d’âge qui était une mesure exceptionnelle à la base, n’est pas de mise pour le moment. Au sujet de la situation financière du CNR, le ministre a fait état de baisse du nombre de cotisants, précisant que la CNR enregistre 1,92 cotisant pour un seul retraité, alors que l’équilibre financier de la Caisse en requiert 5 cotisants pour un seul retraité. Il a rappelé, à ce propos, que la retraite proportionnelle sans condition d’âge a été instituée en 1997 en raison des conditions socioéconomiques prévalant dans le pays à cette époque, rassurant que l’État demeure attaché à ses principes et ses valeurs sociales. Pour rappel, le directeur général de la Caisse nationale des retraites (CNR), Slimane Melouka, avait évalué, en janvier dernier, le déficit annuel de la caisse à 700 milliards DA. Dans une économie qui ne crée pas suffisamment d’emplois en raison de la crise et du poids considérable de l’informel, la CNR peine à trouver de nouveaux cotisants pour assurer le versement des retraites, elle est obligée de puiser chaque année dans le budget de l’État pour honorer ses engagements. Une situation aggravée par le refus du gouvernement d’entamer la réforme des retraites d’autant que le système algérien est critiqué. Il faut dire que cette annonce risque d’embraser davantage le front social qui est déjà en ébullition. En effet, depuis la rentrée sociale, plusieurs syndicats de différents secteurs dont ceux de l’Éducation et de la Santé, mènent des actions de contestations caractérisées par des grèves et des rassemblements. Et parmi leurs principales revendications, figurent le retour de la retraite anticipée et l’amélioration du pouvoir d’achat des travailleurs.
Ania Nch