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RENCONTRE VICE-PRÉSIDENT DU GNA- SERGUEÏ LAVROV À MOSCOU : Les perspectives d’instauration d’une trêve sur la table

Des médias russes ont rapporté, hier, selon une source diplomatique de la fédération de Russie, que Moscou a appelé les acteurs libyens en conflit, à se mettre « le plus vite possible sur la table des négociations », lors des discussions, à Moscou, hier, entre le vice-président du Gouvernement d’union nationale (GNA), Ahmed Maïtig, et le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.
Le déplacement du responsable libyen, hier, à Moscou intervient au lendemain de nouveaux développements sur la scène libyenne, pour ne citer que les intenses combats entre les belligérants et l’appel lancé par les parlementaires de Tebrouk, insistant sur l’urgence de l’arrêt des combats et le lancement du débat politique inter-libyen. Les deux responsables, Sergueï Lavrov et Ahmed Maïtig ont évoqué, selon la même source, les perspectives de voir une trêve s’instaurer entre les forces du Gouvernement d’Union nationale de Fayez El-seraj et celles du général à la retraite Khalifa Haftar. Pour des observateurs de la scène libyenne, l’intensification des combats et leur poursuite entre les acteurs libyens risquent, avertissent-ils de voir la Libye et son peuple atteindre un point de non-retour, en raison du jeu d’influence que se livrent certains acteurs, depuis l’intervention de l’Otan et ses alliés, dans ce pays, en 2011. Sur la rencontre du chef de la diplomatie russe avec le vice-président du GNA, la source diplomatique russe a indiqué aux médias précités que « ce qui est important, c’est que les parties libyennes entament des négociations et décident du sort de leur pays avec notre (Moscou) soutien et sous l’égide de l’ONU » est-il précisé. Il est à rappeler que fin mai dernier, la Russie avait mis en garde contre d’éventuelles « conséquences désastreuses » de la persistance de la crise libyenne, qui n’a pas de solution militaire et devant être réglée par un processus de dialogue politique exclusivement inter-libyen. Alors que jusque-là le rôle des États-Unis sur la scène libyenne ou la question de règlement de la crise libyenne discret, comme le soulignent des observateurs de la scène libyenne, préférant coordonner avec des acteurs influents sur la scène libyenne, ses partenaires au sein de l’Otan, à l’exemple de la France, la Turquie ou l’Italie, avec des divergences, non de fond. Début juin, Washington a haussé le ton pour faire entendre sa voix. Au début de cette semaine, en effet, le Pentagone a marqué le début d’une escalade avec Moscou, sur la question de la Libye, en l’accusant « de soutenir des mercenaires liés au Kremlin » qui aideraient, selon le ministère de la Défense –US, «le chef de guerre,  Khalifa Haftar ». Peu avant cela, le Commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM) a déclaré, le 26 mai dernier, que « des avions de combat ont été envoyés la semaine dernière de Russie vers l’Est de la Libye », dans le sillage de l’offensive de Haftar, pour la prise de contrôle de Tripoli, où il a récemment subi un revers majeur en raison de l’appui militaire de la Turquie au Gouvernement d’accord national libyen.

« L’OTAN prête à soutenir le gouvernement de Tripoli »
Alors que l’offensive militaire de Khalifa Haftar a débuté avril 2019, compliquant davantage la relance de tout dialogue politique inter-libyen qui, pour sa relance, la tenue de la Conférence de Berlin, janvier dernier, en faveur de la fin des combats en Libye et la mise sur pied des mécanismes pour superviser un cessez-le-feu durable, n’a pas été réussi à traduire effectivement les résultats et les recommandations retenus au terme de ce rendez-vous berlinois. Le chaos, les tensions et les conflits armés dans lesquels ont été plongé le peuple libyen et la Libye, depuis l’effondrement des Institutions dans ce pays, en raison de l’intervention de l’Otan, les tensions sur la scène libyenne n’ont cessé d’être alimentées par les puissances de ce monde, chacun selon ses propres intérêts et souvent pour des intérêts convergeant s’agissant des alliés, dans la course à la prise de contrôle des ressources énergétiques et des voies d’approvisionnement en énergies. Et c’est sur cette bataille de portée éminemment géostratégique, que ces dix dernières années, des batailles, des opérations de déstabilisation de pays et des guerres se sont multipliées : Syrie, Yemen , Libye et Mali… Aux alertes et mises en garde lancées par des responsables d’Institutions régionales et internationales, notamment l’Union Africaine et les Nations unies, sur le retour des terroristes dont ceux de daech, , de la République syrienne, d’Irak, fuyant, après leur défaite et l’échec des plans de déstabilisation de ces pays, et leur transfert vers de nouvelles zones de conflits, (Libye), font craindre le pire pour les libyens et la région. Plus récemment, le Secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg annonçait que son organisation « était prête à soutenir le gouvernement officiel de Tripoli ». Pour le patron de l’Otan « il y a un embargo sur les armes en Libye que toutes les parties doivent respecter, cela ne signifie pas qu’il faille mettre dans la même équation le gouvernement de Fayez al-Sarraj, reconnu par les Nations unies, et Haftar », et par conséquent, conclut-il «  l’OTAN est prête à soutenir le gouvernement de Tripoli ». Après avoir intervenu en Libye, transformant celui-ci en marché d’armes à ciel ouvert, la Libye souffrant de conflits armés et de tensions inter-libyennes, en raison des interférences étrangères, le pays en difficultés d’emprunter la voie du dialogue, l’Otan brandit la force militaire, à moins de six mois de la tenue de la conférence de Berlin, pour mettre un terme à la spirale du dialogue des armes entre les libyens. Pour certains observateurs, le maintien, durant ces dernières années, à un degré toléré, du dialogue des armes entre acteurs libyens et l’absence de résolution du Conseil de Sécurité contraignante pour faire cesser le bruit des armes en Libye, ont été pour rythmer la cadence de l’évolution de la situation en Libye, pour atteindre les objectifs fixés par le plan de déstabilisation de ce pays, mis en branle en 2011, par les occidentaux.
K. B.