Lalmas

REJET, PAR GAÏD SALAH, DES PRÉALABLES AU DIALOGUE : Smaïl Lalmas claque la porte du Panel

L’économiste Smaïl Lalmas a annoncé, en fin de journée de mardi, sa démission du panel des personnalités mandatées pour mener la médiation en vue d’un dialogue national de sortie de crise politique. Le motif ? Le rejet catégorique, par le chef d’état-major de l’ANP, des préalables posés par cette commission, reçue jeudi dernier, par le chef de l’État.
En effet, après le sévère réquisitoire de la rue et des partis et personnalités de l’opposition à son encontre, Smaïl Lalmas a pris la décision de claquer la porte du panel et de faire ses adieux à ses compères dans cette commission.
C’est via son compte facebook que Smaïl Lalmas a adressé un message à ses camarades du panel et au peuple algérien annonçant sa démission de cette commission. «En l’absence d’une réponse positive aux revendications populaires relatives aux mesures d’apaisement nécessaires pour la réussite du processus de dialogue et en raison des pressions que j’ai subies depuis l’annonce de la composition du comité, j’ai décidé de me retirer et de démissionner sur le champ du Panel de dialogue, et ce à partir de cet instant », a écrit Lalmas. En justifiant les raisons qui l’ont poussé à adhérer à cette démarche, il explique : «J’ai essayé avec toutes mes forces de sortir le pays de crise mais…» L’économiste qui s’est imposé depuis plusieurs mois sur la scène nationale, surtout pour avoir participé et soutenu le mouvement du 22 Février, a rejoint le panel de médiation pour le dialogue initié par le chef de l’État représentant le pouvoir en place.
Depuis lors, Lalmas a essuyé une virulente critique de la part du Mouvement, notamment dans son 23e vendredi de mobilisation.
Du coup, il aura beaucoup perdu en estime et son aura populaire vole en éclats. Auparavant, Lalmas a pourtant expliqué que sa présence dans le panel est liée avec la satisfaction des conditions posées par le Hirak, tel le départ du gouvernement et la libération des détenus d’opinion, l’allègement du dispositif de sécurité autour d’Alger pour permettre la libre circulation des manifestants, …etc.
En ajoutant « J’avais conscience des répercussions de me rendre à la présidence et d’accepter de faire partie de cette commission. Il y a ceux qui m’ont dit de faire attention sur ma popularité, mais, j’ai répondu, que vais-je faire de cette popularité si je ne la mets pas dans l’intérêt de mon pays et du peuple ?», a-t-il déclaré.
Mais, aussitôt que le chef d’état-major de l’ANP rende public un communiqué dans lequel il rejette catégoriquement les préalables posés par le panel; à commencer par la libération des détenus arrêtés dans le cadre du Mouvement, l’allégement des dispostifs sécuritaires lors des marches de vendredi et le départ du gouvernement, comme points essentiels, Lalmas décide de quitter cette commission, mandatée pour convenir avec toutes les parties sur un projet de dialogue national.
Sarah Oubraham