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PROBITÉ DES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES : Makri et Bengrina mettent au défi l’Anie

Un deuxième chef de parti exprime ses appréhensions quant à la possibilité que les élections ne soient pas totalement propres.

Alors qu’un autre se prépare pour prendre sa revanche sur l’administration. La deuxième semaine aura vu des déclarations marquantes, sans pour autant, atteindre le niveau escompté d’une campagne pour une ‘APN nouvelle’.

MSP : « Nous prendrons notre revanche sur l’administration »
À Batna, le président du Mouvement de la société de la paix, Abderrezak Makri, s’est adressé aux partisans du boycott en affirmant que sa formation politique « refuse l’opposition négative et participe aux élections pour prendre sa revanche sur l’administration algérienne qui falsifiait les résultats des scrutins pendant des années, comme le faisait l’administration française avant la Révolution ». Ce leader politique a averti des « voix appelant à faire remplacer les partis politiques par la société civile, ce serait grave pour la démocratie et la vie politique dans notre pays ». Il a insisté, dans ce contexte, sur l’obligation d’offrir aux Algériens « une Assemblée nationale composée de partis forts par leurs programmes, leurs candidats compétents et intègres, ainsi que leurs bases militantes ». D’autre part, Makri a lancé un appel solennel aux plus hautes autorités du pays en vue de « tendre la main à son parti et s’appuyer sur lui dans l’édification de l’État et de ses Institutions. Le MSP n’est nullement une menace mais est plutôt un parti au service de la patrie », a-t-il conclu.

ANR : « Élire les compétences »
Le secrétaire général de l’Alliance nationale républicaine (ANR), Belkacem Sahli, a appelé, à Oran, à élire des compétences capables de concrétiser les acquis de la nouvelle Constitution. Il a rappelé que celle-ci « se distingue par ses acquis dont ceux relatifs aux libertés ». Abordant les grandes lignes du programme de son parti, Sahli a relevé qu’il « renonce à l’économie rentière et à adopter celle créatrice de richesses », assurant que « la situation actuelle du pays n’est ni catastrophique ni confortable et que nous disposons de tous les facteurs pour un décollage économique ».  Parmi les mécanismes de ce décollage, figure « l’opportunité à donner à la communauté algérienne établie à l’étranger de contribuer par son savoir-faire et ses flux financiers », a-t-il souligné, en relevant son « modeste apport » jusque-là. Le chef de l’ANR s’est engagé, par ailleurs, à assurer
« la promotion et l’accompagnement de la société civile en vue de son implication dans la vie politique et dans différents domaines ». Une société civile « active, ni totalement acquise aux dirigeants, ni au services des agendas des forces occultes étrangères, et qui peut assurer un contre-pouvoir », a-t-il précisé à ce propos. Il a réitéré, par la même occasion, son rejet « d’une période de transition car elle subtilise le droit des citoyens à choisir leurs représentants au niveau des différentes institutions de l’État », a-t-il dit.

El Bina : « Des élections pas totalement propres »
Le président du Mouvement El Bina, Abdelkader Bengrina a, lui aussi remis en question la capacité de l’Anie d’organiser des élections propres. Il a déclaré qu’en dépit du fait qu’il « existe une volonté politique pour la transparence des élections, il n’en demeure pas moins qu’elles pourraient ne pas l’être pleinement, en atteignant les 75% ». C’est ainsi le deuxième parti islamiste qui se voit gagnant d’avance ou dans le cas contraire il y aurait fraude ! Évoquant le Hirak populaire, lors de son séjour en tant qu’invité sur le forum de Beur TV, Bengrina a ajouté : « les instructions du ministère de l’Intérieur relatives à l’obligation d’obtention de licences pour organiser des marches ne se basent sur aucune loi, puisqu’il n’y a pas de textes interdisant les manifestations ». Il a ajouté, à ce propos, que « dialoguer avec les manifestants et les faire participer dans la formation d’un gouvernement d’entente nationale ne représente aucun danger ». Il a souligné, toutefois, qu’il « s’oppose à ceux qui touchent à la stabilité nationale, et qui portent atteinte aux Institutions de la République ». Emboîtant le pas aux autre partis, ce même responsable a fait savoir que « son Mouvement appelle à un dialogue politique non exclusif afin de résoudre la crise économique et de former un gouvernement d’entente nationale ». Une crise qui « ne sera pas résolue au moins avant quatre ans », a-t-il ajouté.

RND : « Bâtir une économie forte loin du pétrole »
À Béchar, le secrétaire général du Rassemblement national démocratique, Tayeb Zitouni, a axé son intervention sur les questions internationales en évoquant l’instabilité politique dans les pays du voisinage et la présence des forces militaires occidentales, qui « représentent de réels dangers pour notre pays ». Il a fustigé, au passage, « l’alliance entre le régime du Makhzen (Maroc) et l’occupant sioniste qui est une autre menace pour la région entière », a-t-il dit. Rappelé, à ce titre, la position ferme de l’Algérie de soutenir inconditionnellement le droit à l’indépendance des peuples palestinien et sahraoui colonisés par ces deux pays. Au volet économique, il a souligné l’importance qu’accorde son parti à l’effort « de bâtir une économie nationale forte loin du pétrole ». Pour ce faire, il a mis en avant les « capacitée de l’Algérie, particulièrement à Béchar, dans les domaines de l’agriculture et du tourisme, ainsi que les diverses richesses en minéraux qui peuvent être exploitées de manière à créer de l’emploi et de la richesse ». Le hic c’est que ce parti a présidé aux destinées du pays pendant des années, en dirigeant justement les ministères économiques dont les résultats catastrophiques sont aujourd’hui décriés par tout le monde. Ses candidats seraient-ils capables de réaliser cette économie forte ?
Lyes Ayoub