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WAIT AND SEE À WASHINGTON, ATTENTE ET PRUDENCE DES CAPITALES EUROPÉENNES : La Présidentielle 2019 vue de l’étranger

Après Paris qui s’est prononcé clairement pour le bon déroulement des élections présidentielles, d’avril prochain, en ayant pris note de la candidature du Président sortant Abdelaziz Bouteflika, les États-Unis ont adopté une position plus nuancée.

En effet, le Département d’État, par la voix de son porte-parole , Robert Palladino, qui était invité par les journalistes à donner son point de vue sur les manifestations en Algérie contre le 5e mandat, s’est contenté de déclarer : «Nous observons ces manifestations en Algérie et nous allons continuer à le faire», ajoutant que «les États-Unis soutiennent le peuple algérien et son droit à manifester pacifiquement». C’est la première fois, depuis le début des manifestations et de la contestation populaire pacifique contre la candidature de Abdelaziz Bouteflika, pour un 5e mandat, qu’un officiel américain s’exprime ouvertement sur la question. Cette sortie intervient certainement pour écarter l’idée propagée ça et là que les États-Unis ont apporté leur soutien à un cinquième mandat de Abdelaziz Bouteflika. Washington contrairement à ses interventions outrancières dans la situation au Venezuela, observe pour le moment une neutralité bienveillante et un wait and see de bon aloi, mais qui ne ressemble guerre aux déclarations intempestives du Président Donald Trump , en matière de politique étrangère . D’autre part on observe que les capitales occidentales commencent peu à peu à rompre le silence qu’elles s’étaient imposés depuis le début des contestations populaires en Algérie, mais ne se déterminent pas, pour autant, clairement par rapport à l’élection présidentielle à l’exception de Paris qui souhaite un déroulement normale de l’élection présidentielle. Il est clair que pour la majorité des pays européens et contrairement aux déclarations farfelues des nouveaux « experts » de l’Algérie qui fleurissent sur les médias français, notamment les capitales européennes ne souhaitent pas pousser à la réédition d’un scénario des soulèvements du soi-disant «printemps arabe». Aucun d’entre eux ne veut d’une nouvelle Libye à sa porte et tout un chacun a en mémoire les desseins machiavéliques de Nicolas Sarkozy pour précipiter la chute de Kadhafi et la destruction de la Libye pour cacher la réalité des sommes colossales soutirées à la Libye. L’exemple de le Syrie et le soutien irresponsable et massif apporté par les États-Unis , la Grande-Bretagne et la France à des mouvements insurrectionnels terroristes financés par les pays du golfe, les fait réfléchir à deux fois quant à l’excroissance du cancer Daesh avec lequel ils n’ont pas encore fini , avec le retour projeté de leurs terroristes «nationaux». Dans une première réaction, l’Union européenne a appelé au «respect de la liberté d’expression et de réunion» en Algérie. «Quand on parle de manifestation, les droits de liberté d’expression et de réunion sont inscrits dans la Constitution algérienne», a déclaré Maja Kocijancic, porte-parole de la Commission européenne, lors d’un point presse à Bruxelles. «Nous attendons que ces droits puissent être exercés de façon pacifique et soient garantis dans le respect de l’état de droit». Maja Kocijancic a également souligné «l’importance du partenariat entre l’UE et l’Algérie» et réaffirmé l’engagement de Bruxelles «pour continuer à approfondir nos relations dans le but de créer un espace commun de stabilité, de démocratie et de prospérité partagées».
De Paris: Mokhtar Bendib