maroc-israel

POUR LEVER LES RÉTICENCES DU PEUPLE MAROCAIN : Influenceurs et journalistes au secours du processus boiteux de la normalisation avec Israël

Dans le cadre de l’accord de normalisation conclu au mois de décembre 2020, Marocains et Israéliens sont passés à une nouvelle étape, celle de la séduction des populations marocaines, hostiles à tout rapprochement avec l’entité sioniste. C’est un travail au corps qu’ils s’apprêtent  à lancer via les médias et les réseaux sociaux.
C’est ainsi qu’une délégation de journalistes et d’influenceurs marocains a débarqué en Israël où elle séjournera cinq jours. Le quotidien israélien gratuit, « Israël Hayom », qui a rapporté l’information a indiqué que cette délégation, invitée à l’initiative du ministère israélien des Affaires étrangères, visitera El-Qods occupée et plusieurs villes des territoires palestiniens occupés et rencontrera le chef de la diplomatie de l’entité sioniste Yaïr Lapid et plusieurs députés de la Knesset. Elle sera hébergée à l’hôtel «Vert»,  à Jérusalem où toutes les commodités lui ont été réunies à l’instar de salles de prières ou de télévisions permettant l’accès à des chaines marocaines. Cette initiative vise à lever les réticences du peuple marocain qui continuent d’entraver la dynamique de normalisation des relations diplomatiques avec Israël. Il faut savoir que le lobbying israélien avait besoin d‘une campagne médiatique pour faire avaler la pilule de la normalisation au peuple marocain. Après les images du personnel de la représentation de l’entité sioniste au Maroc, distribuant des aides et des pacs alimentaires à des nécessiteux marocains durant le mois de Ramadhan dernier et qui avaient été largement relayées par les médias israéliens, est venu le temps , pour lui,  de passer à une nouvelle étape dans la campagne de séduction.
Il faut savoir que cet activisme du gouvernement et des médias israéliens n’est pas fortuit et s’inscrit dans le sillage de l’accord d’Abraham conclu entre le Maroc, Israël, les USA et des monarchies du Golfe. Cet accord conclu le 22 décembre 2020 prévoit une reconnaissance de la marocanité du Sahara occidental par les USA, en contrepartie d’une normalisation des relations diplomatiques entre Rabat et Tel Aviv. Le Maroc qui avait applaudi la reconnaissance,  par l’administration de Donald Trump, de sa souveraineté sur le Sahara occidental, s’est retrouvé piégé après le départ de l’ancien pensionnaire de la maison blanche et l’arrivée de Joe Biden qui a déclaré s’en tenir au plan onusien de règlement du problème du Sahara occidental et de reconnaitre la légalité internationale. Il y a quelques jours, le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita a reçu un véritable camouflet quand il a été reçu à Washington par des sénateurs du Congrès américain qui lui ont rappelé que les USA s’en tiennent toujours au plan de décolonisation du Sahara occidental et que l’administration Biden n’est nullement tenue d’appliquer une décision prise par son prédécesseur et foulant aux pieds la légalité internationale. Une véritable gifle pour le Maroc qui se retrouve ainsi otage d’un processus de normalisation avec l’entité sioniste qu’il a chèrement payé puisque Washington n’est plus tenu de reconnaitre sa souveraineté sur le Sahara occidental.
Dans le même cadre,  le Syndicat national de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique au Maroc (SNESUP) a dénoncé l’accélération de la normalisation entre les universités marocaines et leurs homologues de l’entité sioniste, relevant que « cette démarche est en train d’ouvrir grandes les portes aux criminels de guerre en vue de propager leur culture, sous prétexte des échanges et visites académiques ».  Cette réaction du SNESUP n’est pas la seule au Maroc puisque plusieurs organisations syndicales et de la société civile ont dénoncé le processus de normalisation et comptent s’y opposer par tous les moyens.
Slimane B.