Pillages et « Français de papier » : La dérive xénophobe d’Édouard Philippe sous le feu des critiques

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D’abord dans « Le Point » la semaine passée, puis sur TF1 ce dimanche 1er novembre, le candidat de droite à l’élection présidentielle a estimé qu’il y avait une « surreprésentation » des Français issus de l’immigration parmi les auteurs de pillages en marge des manifestations. On n’est pas loin des « Français de papier » fustigés par l’extrême droite.
Édouard Philippe chasse sur les terres de l’extrême droite. Ces derniers jours, le candidat de droite à la présidentielle 2027 multiplie les déclarations qui placent la question migratoire au cœur des enjeux de la campagne. Ainsi, ce dimanche 1er novembre sur TF1, il a estimé que « dans les images que nous avons vues, des pillages, il y avait un certain nombre, un nombre important, de jeunes français – je les considère comme Français – issus de l’immigration.
Ce qui est un sujet qu’il faut regarder les yeux dans les yeux ». Ces propos, une semaine après l’attentat raciste de Trappes, résonnent avec les antiennes de l’extrême droite sur les « Français de papier ». Alors, après combien de générations est-on réellement intégré ou assimilé, réellement français ?

Édouard Philippe persiste dans son racisme rivalisant ainsi avec sa rivale, à la présidentielle, Marine le Pen
Le maire du Havre reprend le trope xénophobe d’une immigration délinquante qui repose, de surcroît, sur des bases fragiles. Sur France Info, la députée européenne Nathalie Loiseau, secrétaire nationale du parti Horizons, a justifié les propos de son chef de file en rappelant que le directeur de l’institut de sondage Ifop, Jérôme Fourquet « a dit lui-même que lorsqu’on regarde les personnes qui ont été interpellées et qui sont passées en justice, il y a (…) une surreprésentation des personnes issues de l’immigration ». Sur TF1, Édouard Philippe n’a fait que récidiver. Dans les colonnes du journal français Le Point du 29 octobre, il avait déjà lâché : « Lors des violences du 18 octobre, la surreprésentation de jeunes issus de l’immigration était patente. Selon le mot de Péguy, il faut « voir ce que l’on voit ». L’échec de l’intégration dans notre pays depuis plusieurs décennies « est incontestable ». Il enrôle ce constat pour introduire le tour de vis qu’il entend donner s’il est élu en mai prochain, « Je veux, au cours du prochain quinquennat, diviser l’immigration légale par deux en limitant la délivrance de titres de séjour aux seuls motifs professionnels et aux étudiants, restreindre le regroupement familial, réformer l’instruction de l’asile et durcir le bras de fer avec les pays d’origine, et notamment avec l’Algérie en dénonçant le traité de 1968 », répond-il à l’hebdomadaire conservateur. Aux jeunes qui manifestent depuis près de deux mois, sans qu’il aborde le fond du marasme de la jeunesse française, scolarisé encore dans le système éducatif et l’autre dans le système universitaire, il leur propose des idées et des slogans, lui qui a occupé le poste de Premier ministre, . Il déclare, que s’il venait à gagner le scrutin présidentiel, « réinvestir l’école, mieux transmettre les valeurs républicaines et rétablir un service national obligatoire ». L’ancien premier ministre d’Emmanuel Macron a une vision utilitariste de l’immigration, qu’il souhaite voir limitée à un droit d’asile restreint et à la poursuite d’études. C’est surtout « l’immigration de travail » qu’il privilégie, à condition qu’elle soit « choisie et contrôlée », selon les mots qu’il employait lors d’un entretien au Figaro, le 31 mars dernier. Alors qu’il était à Matignon, il prônait déjà l’objectif de « fixer des objectifs quantitatifs ou des quotas (…) en matière d’immigration professionnelle » en novembre 2019. Une politique au service d’un patronat avide d’une main-d’œuvre à moindre coût, ou destinée à combler la pénurie de personnel dans les services publics médicaux, organisée par les gouvernements macronistes et de droite successifs.
R. I.