Fidèle à sa tradition de bouffon conçue pour amuser les foules, la machine de propagande du Makhzen s’est très vite mise en marche pour présenter l’échec cuisant de sa diplomatie en succès retentissant qui lui permet aujourd’hui de ranger dans les tiroirs le dossier du Sahara occidental et de consacrer la souveraineté marocaine sur les territoires du Sahara occidental qu’il occupe depuis 1975.
C’est à croire que ses politiciens sont myopes comme une taupe ou s’ils n’ouvrent la bouche que quand ils ont l’esprit baignant dans les volutes opiacées du kif produit dans la région d’Al Hoceima. Au lendemain du véto russe au Conseil de sécurité qui a fait tomber la résolution US qui est un véritable déni aux droits du peuple sahraoui, Omar Hilal, le représentant du royaume de M6, toute honte bue et empêtré dans ses contradictions s’est appuyé sur le communiqué du palais royal dans lequel il affirme que le dossier du Sahara occidental est clos pour le Maroc, a indiqué que Rabat va engager d’autres démarches dans le cadre de l’ONU pour appuyer son plan. Appuyer un plan alors que le dossier est déjà du passé pour le Maroc on ne voit pas par quel subterfuge ou de quelle entourloupe il va user pour relancer les débats sur son plan d’autonomie. Son ministre des affaires étrangères Nasser Bourita a lui fait mieux en annonçant dans un entretien accordé à la télévision 2M, que le Maroc va revenir à la 4e commission des Nations unies pour faire valoir la marocanité du Sahara occidental. Or l’assemblée générale de l’ONU avait adopté au mois d’octobre dernier, une résolution de la 4e commission des Nations unies qui reconnait le statut de territoire non autonome au Sahara occidental.
Un bref rappel du cheminement du dossier sahraoui s’impose encore une fois
Pour la gouverne des messieurs du Makhzen. En 1963, l’ONU avait inscrit le Sahara occidental sur la liste des territoires non autonomes par la Résolution 1514 (XV) de décembre 1960. En 1965, l’’Assemblée générale de l’ONU adopte la Résolution 2072, la première résolution demandant explicitement la décolonisation du territoire alors sous occupation espagnole. La Résolution 2229, votée par l’Assemblée générale de l’ONU en 1966, consacre la demande formelle, pour la première fois, l’organisation d’un référendum d’autodétermination afin de permettre aux populations autochtones du territoire d’exprimer librement leurs aspirations. En 1975, le Maroc lance sa marche verte pour occuper le Sahara occidental après le retrait de l’Espagne qui reste, conformément aux résolutions de l’Onu, la puissance administrante malgré son retrait des territoires qu’elle occupait.
Aujourd’hui, le Makhzen tente de faire croire que le non renouvellement du mandat de la MINURSO enterre le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination qui est un principe irréfutable qui ne date pas de la création de la MINURSO (Accord de cessez-le-feu de 1991 entre le Maroc et le Polisario). C’est un droit consacré par les résolutions de l’ONU et l’UA et par le droit et la légalité internationale, ce que veulent ignorer Bourita et consorts.
Et ce droit ne peut pas être effacé ou dévoyé par le bon vouloir du Makhzen puisqu’il est consacré par des résolutions de la communauté internationale et par l’engagement du Maroc dans la dynamique de règlement du conflit sous l’égide des institutions onusiennes. Et pour la gouverne des marionnettes du Makhzen, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a affirmé que le non renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) « n’annule pas » le droit « inaliénable » du peuple sahraoui à l’autodétermination, « La MINURSO a été créée pour protéger et servir le peuple du Sahara occidental, et en particulier pour lui permettre d’exercer son droit inaliénable à l’autodétermination », a rappelé dans un communiqué, dimanche, son porte-parole, Stéphane Dujarric. Il a fait remarquer, à ce titre, que le secrétaire général souligne que l’échec du Conseil de sécurité à adopter une résolution concernant l’avenir de la MINURSO « n’annule pas ces droits inaliénables » et appelle toutes les parties à « respecter et promouvoir les droits du peuple du Sahara occidental ». Le mandat de la mission de l’ONU au Sahara occidental (MINURSO) qui a expiré samedi 31 octobre, n’a pas été renouvelé après qu’aucun des deux projets de résolution, présentés vendredi respectivement par les Etats- Unis d’Amérique et la Russie n’a été adopté. Selon le communiqué, Antonio Guterres a réaffirmé également l’engagement de l’ONU à soutenir les deux parties au conflit pour « parvenir à une solution politique juste, durable et acceptable qui garantisse le droit du peuple du Sahara occidental à l’autodétermination ». Alors que l’avenir de la MINURSO est incertain, les Nations unies restent prêtes à poursuivre leur soutien aux efforts visant à favoriser le dialogue et à rechercher une résolution du conflit par l’intermédiaire de l’Envoyé personnel du Secrétaire général, Staffan de Mistura.
Et encore une fois, il serait utile de rappeler au Maroc que pour l’ONU, le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination est inaliénable et ne peut pas s’éteindre par la volonté d’un plan inique de règlement soutenu par les anciennes puissances coloniales.
Ban Ki-Moon, alors secrétaire général de l’Onu avait effectué du 5 au 7 mars 2016, une visite dans les territoires occupés du Sahara occidental et rencontré à Bir Lahlou les responsables de la MINURSO. Cette visite qui avait suscité l’ire de Rabat a consacré le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination puisque ce responsable onusien avait clairement évoqué le statut de territoire occupé du Sahara occidental et du Rio de Oro. Bourita, Hilali et leur cohorte de mouches électroniques peuvent bien s’égosiller, ils ne peuvent rien devant la détermination du peuple sahraoui à défendre son droit et ils ne peuvent rien devant la force du droit international qui le consacre.
Slimane B.













