Mimétisme maladif

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L’Agence nationale de presse (APS) a vu juste en mettant sur le crédit du Maroc la propension à imiter maladroitement tout ce qui se fait chez son voisin de l’Est. À peine avons-nous oublié tous les biens qui meublent le patrimoine national et dont nos voisins se réclament la paternité avant de se faire rabrouer à l’UNESCO, le Makhzen nous sort sa dernière trouvaille. Il s’agit d’un acte de copiage qui consiste à faire réunir un parlement qui n’a d’existence que les bâtiments des chambres des représentants et des conseillers érigés sur l’avenue Mohammed V, ainsi qu’aux thuriféraires du roi Mohamed VI. Si les choses sont claires pour l’Algérie, qui, sous l’autorité souveraine de son président et conformément à la loi fondamentale du pays, a demandé le feu vert du parlement pour déployer sa force militaire dans un but précis qui est celui de protéger ses intérêts stratégiques au Sahel, les parlementaires marocains, eux, ont été menés par le bout du nez et se sont soumis volontiers au fait du prince, ce roi qui, lui-même, a cédé le pouvoir du royaume à ses maîtres sionistes. La presse marocaine a, dans un premier temps, évoqué une réunion parlementaire qui examinerait la dernière décision du Conseil de sécurité de ne pas renouveler la mission de la MINURSO. Autrement dit, suivre sur le terrain une décision que le Makhzen fait passer, encore une fois, pour un succès diplomatique alors que la réalité de la nature juridique, politique et historique de la question sahraouie reste vissée sur le droit à l’autodétermination. Du coup, l’opinion internationale assiste à une énième supercherie par laquelle le Makhzen tente de dissimuler l’échec en renvoyant à un peuple marocain au bout du rouleau, et à travers cette réunion qui n’a ni tête ni queue, la fausse image d’un semblant de recouvrement de « la marocanité » sur le Sahara occidental. Le bateau marocain navigue à vue. D’ailleurs, ce sont les mêmes médias marocains qui reviennent, hier soir, pour raconter autre chose que celle de décider de la réponse à donner à la non-reconduction du mandat de la MINURSO. Un site d’information a ainsi fait part d’interventions parmi les membres des deux chambres plaidant pour « une amélioration des relations avec l’Algérie ». Il est peut-être vrai que les parlementaires marocains étaient inspirés par la sortie aussi loufoque que sournoise du représentant diplomatique marocain à l’ONU, l’inénarrable Omar Hilale qui, la veille, et sur une chaîne de télévision de son pays, a qualifié notre représentant à New York, Amar Bendjama en l’occurrence, de « frère ». Décidément, le Makhzen ne sait plus sur quel pied danser !  

Farid Guellil