En marge des célébrations du 72e anniversaire du déclenchement de la Révolution de libération nationale, l’Opéra d’Alger Boualem-Bessaih a vibré samedi soir au rythme du premier concert de l’Orchestre philharmonique international d’Algérie.
Cet événement historique, rehaussé par la présence du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, marque un tournant majeur pour la diplomatie culturelle et la scène artistique nationale, portées par de nouvelles ambitions institutionnelles et de vastes projets d’infrastructures.
La ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, n’a pas caché son enthousiasme lors de cette soirée inaugurale à laquelle assistaient de hauts responsables de l’État et des membres du corps diplomatique. Selon elle, cette nouvelle formation « fait rayonner la musique algérienne à l’international et initie le public algérien à la musique universelle ». En s’appuyant sur l’héritage national, l’orchestre « revisite le patrimoine musical algérien avec une vision orchestrale et symphonique qui lui ouvre de nouveaux horizons expressifs et ancre sa présence sur les scènes internationales ».
Ce projet d’envergure est l’aboutissement d’une volonté politique forte. La ministre s’est dite « très fière de la concrétisation des hautes orientations du président de la République portant création de cet orchestre ». Elle a souligné le chemin parcouru en se félicitant de « voir ce projet, salué par le président de la République lors de la réunion du Conseil des ministres du 23 février 2026, devenir aujourd’hui, par décision présidentielle, une réalité institutionnelle annonciatrice d’une nouvelle ère dans l’histoire de la musique algérienne ». Pour diriger cette formation d’excellence, la direction artistique et exécutive a été confiée au maestro Amine Kouider, un choix motivé par son « expérience internationale de plus de 30 ans ». L’ensemble se veut un véritable carrefour des cultures, avec un total de 100 musiciens professionnels et 40 choristes. La ministre a précisé qu’il comprend 70 talents algériens issus des compétences nationales et de la diaspora, ainsi que 30 musiciens étrangers venus de 12 pays, dont Cuba, la Russie, l’Italie ou encore l’Égypte. Elle a décrit cet ensemble cosmopolite comme « une formation artistique réunissant des expériences, des modes et des écoles musicales variés ».
Les ambitions de ce nouvel orchestre ne se limitent pas à la capitale. Madame Bendouda a assuré que « les activités de l’orchestre s’étendront à l’ensemble des régions du pays, à travers des tournées artistiques couvrant différentes villes et wilayas, jusqu’aux villes du Grand Sud ». Le rayonnement dépassera également les frontières, puisque « des tournées dans les grandes capitales du monde sont aussi prévues ».
Ce déploiement s’adosse à un solide réseau d’apprentissage incluant l’Institut national supérieur de musique, cinq instituts régionaux, 17 annexes et 45 maisons de la culture encadrant près de 700 étudiants. Forte de cette ressource, la ministre a affiché sa volonté de restructurer la politique de formation autour de l’orchestre et a annoncé « le lancement prochain des assises nationales de la réforme de la formation musicale, destinées à développer le système d’enseignement artistique ». Dans cette même dynamique de renouveau, elle a proposé « la reconstitution du Ballet national algérien, dissous en 2016, et la réhabilitation de cette institution artistique nationale ».
Au terme de son allocution, Malika Bendouda a adressé au chef de l’État ses remerciements « au nom de tous les artistes et créateurs ». Sa gratitude a salué la concrétisation de l’orchestre, mais également la relance des grandes infrastructures culturelles, notamment « la création de trois salles de spectacle modernes de type Zénith à Tizi Ouzou, Batna et Oran, ainsi que du projet d’une grande salle de spectacles dans la capitale, d’une capacité d’accueil record ».
R. C.














