Minusma

Mali : Guterres demande de renforcer la Minusma et la création de nouvelles unités

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a demandé, dans un rapport au Conseil de sécurité, daté du 15 juillet dernier, l’augmentation des effectifs de la mission de l’Onu au Mali, en réponse à « la violence croissante » des groupes terroristes. Il a proposé l’envoi de 1 730 soldats et 339 policiers en renfort et la création de trois unités de réaction rapide, comprenant 750 membres au total, ainsi que trois unités d’hélicoptères comprenant 260 membres.

Antonio Guterres a proposé le renforcement de l’effectif de la mission onusienne au Mali , de plus de 2.000 soldats et policiers et de porter le total à 17 278 le nombre de personnels en uniforme de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali, (Minusma), ce qui serait un nombre record depuis la création de cette mission en 2013. Antonio Guterres justifie sa demande en déclarant que ces renforts permettraient de « mieux protéger » les populations civiles dans le centre du Mali contre la violence « croissante » des groupes terroristes et d’encourager et consolider le processus de paix dans le nord du pays. Le secrétaire général de l’Onu propose d’envoyer 1 730 soldats et 339 policiers en renfort et de créer trois unités de réaction rapide, comprenant 750 membres au total, ainsi que trois unités d’hélicoptères comprenant 260 membres. Dans le centre du Mali, l’épicentre du conflit depuis ces dernières années, ces troupes additionnelles permettraient de mettre en place des bases opérationnelles avancées «afin d’étendre la portée et la mobilité de la Mission», dit-il. Antonio Guterres souligne toutefois que ce projet ne pourra être couronné de succès que s’il s’accompagne de nouveaux efforts de la part des autorités maliennes pour renforcer la sécurité et améliorer le fonctionnement du gouvernement. Ce rapport intervient dans un contexte délicat pour les forces maliennes, qui se retirent progressivement de certains théâtres d’affrontements, et alors que la France, ancienne puissance coloniale, a annoncé la fin de l’opération Barkhane et son redéploiement dans les prochaines semaines avec les forces françaises engagées au Sahel. L’armée française va fermer, d’ici au début de l’année 2022, ses bases dans le nord du Mali, notamment celles de Kidal, Tessalit et Tombouctou, et transférer le commandement opérationnel des forces françaises de Gao, QG malien de la force Barkhane, à Niamey, la capitale du Niger, a annoncé la semaine dernière le président français Emmanuel Macron. Le Mali qui fait face à une situation délicate, en raison notamment d’incertitude politique depuis que des militaires emmenés par Assimi Goïta ont mené un coup d’État en mai dernier, le second en neuf mois. Une délégation du Conseil paix et sécurité (CPS) de l’Union africaine a achevé, vendredi dernier, une visite de quatre jours au Mali. Dirigée par Akunlé Adéléké, président en exercice du CPS pour ce mois de juillet, la mission a notamment rencontré plusieurs autorités de l’État ainsi que la classe politique locale. Les élections présidentielles et législatives maliennes doivent avoir lieu, selon le calendrier officiel, fin février 2022. La délégation de la mission du CPS de l’Union africaine affirme avoir obtenu des assurances dans ce sens auprès des autorités maliennes. Le chef de la délégation Adékunlé Adéléké, président en exercice du Conseil paix et sécurité de l’UA, affirme également que les autorités maliennes qu’il a rencontrées annoncent pour bientôt la fin des restrictions imposées aux anciens président et Premier ministre renversés et en résidence surveillée depuis fin mai dernier. L’autre temps fort de la visite est la rencontre des cadres des partis politiques locaux. Ces derniers, comme Hamidou Doumbia, du parti Yéléma-Le changement, ont fait passer plusieurs messages pour une transition apaisée et des élections libres et transparentes.
K. B.