Mouvement dans le corps des walis

LES WALIS INSTRUITS D’ÉLABORER UN PLAN D’ASSISTANCE POUR LA POPULATION : Signe avant-coureur pour un confinement total ?

Pour limiter les répercussions économiques et sociales sur le citoyen en général et sur les familles en particulier, en raison du confinement et de limitation de la mobilité des personnes pour endiguer la propagation du Covid 19, le Premier ministre Abdelaziz Djerad a instruit les premiers magistrats de wilayas à mettre en place un dispositif particulier d’assistance et d’accompagnement obéissant à un schéma national d’encadrement et de mobilisation de la population. Même en pareille circonstance les walis et les élus des APC ne bougent que sur un hochement de tête de la hiérarchie. Aucune initiative de leur part à souligner, hormis peut-être la louable démarche du wali de la capitale qui avait décidé d’assurer le transport au personnel médical après la suspension du trafic routier suite aux directives du président de la République, pour freiner l’avancée du virus corona.  Sous le contrôle des chefs de daïras et des walis délégués, le nouveau dispositif dicté par le PM est fondé sur des comités locaux où sont inclus les élus de la commune, les associations de quartiers et de villages, les notables et les associations de wilaya et de commune activant dans le domaine de la solidarité et de l’humanitaire, y compris les bureaux locaux du Croissant-Rouge algérien et des Scouts Musulmans. Est-ce un prélude à un confinement total et national ?
Très probable : Quand on sait que 36 autres wilayas, en plus de Blida, qui est totalement confinée, sont touchées par l’épidémie, selon le Comité scientifique chargé du suivi de l’évolution de la pandémie. Et le nombre de personnes contaminées de cesse d’augmenter chaque jour que Dieux fait, avec également son lot de décès au quotidien. Autres indices qui montrent que le pays se dirige peu à peu vers le confinement total et national: Les mesures adoptées grimpent en conséquence. Au début, le président Tebboune a ordonné huit mesures, dont celle de la suspension du transport ente autres. Quelques jours plus tard, elles ont été renforcées par 14 autres décisions, dont le confinement total de Blida et le couvre-feu de 19h00 à 07h00 du matin pour Alger. Une nouvelle décision est venue alors pour élargir le couvre-feu à 9 autres wilayas. Tant d’indices qui en disent long sur la prochaine étape en perspective qui ne peut être qu’un confinement de tout le pays. Et par ricochet, cela montre également que la situation épidémique devient de plus dramatique dans le pays.
Dans plusieurs régions du pays, les populations locales n’ont pas attendu les directives des pouvoirs publics pour se confiner, en s’organisant en comités de quartiers, comités de villages et autres associations. Ils assurent le nettoyage, des campagnes de désinfections, la distribution des denrées alimentaires pour les nécessiteux et ils ont même élaboré des plateformes de conduite avec des directives strictes et rigoureuses où sont inclus des sanctions contre les contrevenants. Mêmes les accès sont contrôlés dans certaines localités où n’est autorisée à y accéder que la population locale.
L’élan de solidarité s’est, également, largement manifesté au sein du peuple algérien ou toute la machine sociétale s’est mise en branle pour apporter, chacun à son niveau, son grain de sel, pour affronter ensemble cette épreuve difficile. Cette formidable entraide entre Algériens est une bouée de sauvetage pour notre pays qui manque énormément de moyens pour faire face, seul à cette épidémie. C’est d’ailleurs pour cette raison que des comptes ont été ouverts par les autorités pour recevoir l’aide de contribuants. Par ailleurs, plusieurs fabricants locaux se sont convertis à la production du gel hydro-alcoolique, de gants, de bavettes et autres masques pour venir en aide au personnel médical, qui est en premier ligne, comme en guerre, contre cet invité « indésirable » qui sème la mort partout où il passe.
En plus de l’industrie pharmaceutique qui s’est aussi mise de la partie, des particulier propriétaires d’agence de location de voitures ont mis au service des professionnels de la santé leurs véhicule gratuitement, ou encore ceux qui offrent des logements pour le personnel soignant pour ne pas pénaliser les établissements sanitaires par un manque de personnel. D’autres détenteurs de salles de fêtes ont aménagé leurs espaces pour accueillir les sans domicile fixe (SDF) comme c’est le cas de ce particulier de Béjaïa à l’origine de cette belle initiative.

Où est le privé national ?
Malheureusement, parmi toute cette formidable solidarité internationale et surtout nationale, s’est faufilée une maladroite fausse note, et pas des moindre : absence du secteur privé de la santé en cette période où justement tous le personnel médical doit être maintenu sur le front pour prêter main forte à leurs collègues du secteur public. Alors que ce dernier affronte la mort au quotidien, en se mettant au service de la population jour et nuit pour atténuer un tant soit peu la détresse des patients, des cabinets médicaux privés, des cliniques privées, ont déserté le terrain et ont baissé rideaux, en ces moments de grand besoin.
Pourtant la majorité de ces « fuyards » de peur d’être contaminés qui se sont comportés comme les vendeurs à la sauvette devant l’arrivée surprise de la police, ont bénéficié, à coups de milliards, de l’aide du Trésor public pour monter leurs « entreprises » sanitaires. En plus d’avoir ainsi pénalisé les patients ayant l’habitude de s’y rendre pour contrôle médical, d’autres sont privés de consultation, pourtant leur présence sur les lieux est plus que nécessaire car ils peuvent aider à détecter d’éventuel cas de grippe. Pourtant, le Docteur Lotfi Benbahmed, ministre délégué à l’Industrie pharmaceutique avait assuré lundi, sur les ondes de la chaîne 3, que le personnel médical privé sera également doté de moyens de protection tout comme le secteur public.
Ces médecins « déserteurs » qui ont cédé à la panique auraient pu, dans un sursaut d’orgueil, mettre à la disposition de l’État les moyens dont ils disposent en matériels et locaux, comme c’est le cas un peu partout à travers le monde. Mais en l’absence d’une loi décrétant l’état d’urgence sanitaire, qui permette à l’État, situation oblige, de saisir ces locaux et le matériel pour servir dans la lutte contre le coronavirus, ces médecins privés qui ont fermé boutique en ces moments ou la contribution de tous est primordiale, peuvent, du moins pour l’heure, s’offrir une place au soleil avant que ne sonne le glas.
Sous d’autres cieux, les établissements privés de santé ont mis à la disposition de l’État tous leurs matériels et locaux, pour combler les insuffisances du secteur public en ces temps de « vaches maigres » en raison du flux énorme de malades. Les médecins privés de ces pays ont, en outre, affiché une disponibilité totale à contribuer en bénévole si la situation l’exige pour appuyer le secteur public.
Même les vétérinaires se sont mis de la partie, en suspendant leurs fonctions initiales qui, ne constitue pas une urgence, pour soumettre leurs matériels au service de l’État pour en faire usage au cas de besoin. Ces médecins qui ont fui la bataille, seront-ils en mesure de mener la guerre contre la coronavirus lorsqu’ils seront rappelés pour nécessité sanitaire ?
Brahim Oubellil