Les épreuves du Bac partiel ont débuté hier : des candidats démoralisés, des parents inquiets

Le climat semblait tendu, hier, au milieu des candidats concernés par la réorganisation des examens du Baccalauréat.
Au premier jour, le moral n’y était pas. La fatigue et la déprime se lisaient sur les visages alors que du côté des parents c’était l’inquiétude qui régnait. L’heure signalait 10h30 et avec des visages pales, des yeux cernés, et le moral à zero, les candidats de la filière sciences expérimentales au lycée Emir Abdelkader à Alger commençaient à sortir de leur premier examen d’histoire-géographie. Première impression, l’examen était abordable et pourtant cela ne faisait pas la joie des candidats. Approchés, ils ont affirmé à l’unanimité que c’était difficile pour eux de se préparer pour cette deuxième session notamment qu’elle a été programmée durant le Ramadhan. « Nous n’étions pas prêts à refaire tout à zéro, ce qui s’est passé est injuste », nous confie Iméne une candidate de la spécialité (sciences expérimentales). Pour sa camarade, la décision de refaire les matières ayant fait objet de fuite est logique, mais pour elle, il aurait été mieux d’attendre la fin du mois sacré. Intéressé par notre discussion, un autre candidat de la même filière, a exprimé sa colère contre ceux qui ont été derrière la fuite des sujets. « Ils nous ont tout gâché », dira-t-il, soulignant qu’il n’avait plus le même enthousiasme que lors de la première session. « Je ne savais même pas que les sujets avaient été fuités, mes parents avait décidé de couper internet ces jours là », ajoute de son côté Mounir qui regrette que tout le monde soit mis dans le même sac. Du coté des parents, l’appréhension, la colère mais surtout l’inquiétude prenait le dessus. Bien que la plupart soient pour la réorganisation partielle du BAC mais selon eux les enfants avaient besoin de respirer un peu. La programmation de cette session particulière durant Ramadhan était une très mauvaise idée, nous confie l’une des mamans avec qui nous nous sommes entretenus. « C’était déjà un coup dur de devoir refaire tout à zéro, et encore plus lorsqu’on a annoncé les dates », a-t-elle affirmé. De son côté une autre parente d’élève a évoqué, particulièrement, l’état psychologique des candidats. «Ma fille n’a pas pu retourner à ses cahiers, elle était complètement bloquée », atteste-t-elle avant d’ajouter que ces 5 jours d’examens seront plus difficiles que ceux de la session précédente. Même son de cloche chez une autre parente qui se dit inquiète quant à l’état de son fils fatigué et qui n’arrive plus à tenir le rythme. « Nos enfants sont en train de payer pour quelque chose qu’ils n’ont pas fait », a martelé notre interlocutrice qui a appelé les autorités à sévir contre les responsables de cette catastrophe. Il convient de rappeler, par ailleurs, que pas moins de 555 177 candidats sont concernés par les épreuves partielles du baccalauréat au titre de la session de juin 2016 et dont l’organisation a été décidée suite à la fuite des sujets de certaines matières lors de l’examen qui s’est déroulé du 29 mai au 2 juin. Les examinés ont été répartis sur 2.072 centres d’examen, soit 81% des centres retenus pour la session initiale qui a concerné 818.518 candidats. 18 centres de regroupement et codage et 70 centres de correction sont également réquisitionnés. La coupure des réseaux sociaux, notamment Facebook et Twitter s’inscrit dans le cadre des mesures adoptées par les autorités concernées pour faire face aux fuites de sujets.
Les épreuves partielles concernent sept (07) matières pour les Sciences expérimentales, quatre (04) pour les filières Mathématiques, Maths-technique et Gestion-économie, et une (01) seule matière pour la filière Langues étrangères. Pour les Sciences expérimentales, les matières à refaire sont les mathématiques, les sciences de la nature et de vie, la physique, le français, l’anglais, l’histoire-géographie et la philosophie. Les candidats des filières Mathématiques, Maths-technique et Gestion-économie vont repasser les épreuves de français, d’anglais, d’histoire-géographie et de philosophie. Pour la filière Langues étrangères, seule l’épreuve d’histoire-géographie sera repassée.
Le ministère de l’Education nationale avait précisé que toutes les mesures pour assurer le bon déroulement de l’examen ont été prises grâce à la conjugaison des efforts du ministère et des autres secteurs concernés que sont la Sûreté nationale, la Gendarmerie nationale, la Protection civile et la Santé. Parmi les mesures rigoureuses prises figure l’interdiction pour les candidats d’introduire dans les salles d’examen tout appareil électronique connecté à Internet (téléphones portables, tablettes, ordinateurs portables). Les résultats seront annoncés le 15 juillet prochain.
Ania Nait Chalal