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2 octobre 2023
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« LE ROYAUME DU MAROC : LA POLITIQUE DU CHèQUE CONTRE LA RÉPUBLIQUE SAHRAOUIE EN AMÉRIQUE LATINE ET LES CARAÏBES » : Un livre collectif met à nu les pratiques sournoises du Maroc 

Un nouvel ouvrage collectif sur le Sahara occidental édité par Fernando de Contreras, et qui contient un fonds documentaire compromettant tiré des câbles diplomatiques marocains, met  à nu les pratiques sournoises du Maroc pour soudoyer des États et élites de l’Amérique latine afin de les amener à se soustraire de tout rapprochement avec la République sahraouie.

Intitulé « Le Royaume du Maroc : la politique du chèque contre la République Sahraouie en Amérique latine et les Caraïbes », le livre traite tous les aspects politiques et juridiques du conflit du  Sahara occidental.
L’ouvrage met l’accent notamment sur la région de l’Amérique latine et des Caraïbes, où le Maroc affiche « un activisme débridé afin d’amener les gouvernements de la région à se soustraire de tous rapprochement, reconnaissance ou coopération avec la République arabe sahraouie démocratique ou le Front Polisario, en recourant à des pratiques plus que discutables ».
Dans la première partie, le professeur espagnol Carlos Ruiz Miguel souligne une particularité du conflit du Sahara occidental qui réside dans le contraste entre le « Droit » et la « Politique » : d’un côté, l’existence de décisions juridiques internationales définitives dont la mise en œuvre résoudrait immédiatement et simplement le conflit et de l’autre côté, le blocage exercé par les puissances ayant le droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU. Cette tension permanente entre le « Droit » et les « considérations Politiques » se manifeste par la volonté d’occulter et d’ignorer le droit à l’autodétermination du Peuple du Sahara occidental d’une part, et les manœuvres destinées à remettre en cause la reconnaissance internationale de la RASD, d’autre part. D’où les tentatives marocaines pour encourager les États de la région à geler ou à retirer leur reconnaissance de la RASD.
Sur cette question de gel ou de retrait de reconnaissance, l’auteur de la contribution est catégorique « la reconnaissance d’un État signifie simplement que celui qui le reconnaît accepte la personnalité de l’autre avec tous les droits et devoirs déterminés par le Droit international.
La reconnaissance est inconditionnelle et irrévocable ». Ce qui signifie, pour lui, que « l’annulation ou le gel de la reconnaissance de la RASD est une décision illégale et contraire à la convention des droits et devoirs des États signée à Montevideo en 1933 ».
Stephen Zunes, professeur à l’Université de San Francisco, a rappelé dans sa contribution que l’avis du conseiller juridique des Nations unis du 29 janvier 2002 a clairement établi que « le Maroc n’était pas la puissance administrative du territoire et que l’accord de Madrid de 1975 ayant divisé le territoire entre le Maroc et la Mauritanie ne transférait aucune souveraineté aux signataires et que le statut juridique du Sahara occidental en tant que territoire non-autonome n’était pas affecté par cet accord ».
Les professeurs de l’Université Externado de Colombie, Jeronimo Delgado Caicedo et Juliana Andreas Guzman, tout en pointant du doigt le mur de séparation qui divise le territoire sahraoui et empêche le rapprochement entre les populations, ont souligné que « la stagnation du processus de règlement du conflit est la résultante de la politique des intérêts qui fait, quelle, plusieurs États soient complaisants et complices, notamment les puissances ayant le droits du veto, à l’image de la France et des États-Unis ».
Les deux professeurs mettent en avant « la doctrine Mbeki », du nom de l’ancien président sud-africain, selon laquelle la reconnaissance de la RASD est une mesure destinée à forcer une solution conforme au droit international.
La dernière partie du livre pointe la politique marocaine d’achat de soutiens qui « emploie tous les mécanismes pour tromper les États concernés sur la réalité du conflit au Sahara occidental ».
Dans ses efforts pour  rallier des soutiens dans la région de l’Amérique latine et des Caraïbes, le Maroc se présente toujours comme un pays intéressé par l’investissement dans un secteur donné de l’économie ou offrant des investissements fictifs qui ne seront jamais réalisés pour essayer de délégitimer la RASD.
Le livre contient un fonds documentaire compromettant tiré des câbles diplomatiques marocains retraçant la politique du Maroc visant à « soudoyer les États et les élites de la région pour le gel ou le retrait de leurs reconnaissances de la RASD ».
En conclusion, les auteurs adressent un appel « aux États d’Amérique latine et des Caraïbes, en leur qualité d’États membres des Nations unies soucieux du respect des traités et conventions, et de la défense de la justice au niveau international de se tenir aux côtés de la République arabe sahraouie démocratique » en observant le respect des règles de la légalité internationale.
M. Bendib

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