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Le Makhzen tombe de haut

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Passée la farce triomphaliste et les faux-semblants marocains qui ont suivi l’adoption, vendredi dernier, au Conseil de sécurité des Nation unies, de la résolution 2797 sur le Sahara occidental, le Makhzen commence à remettre les pieds sur terre. Le royaume du Maroc a pris les devants pour crier à une victoire éclatante en faisant croire à l’opinion publique locale que la supposée marocanité des territoires sahraouis est désormais acquise. Il a construit son argumentaire sur du sable mouvant. Celui d’interpréter à sa convenance des clauses de la résolution 2797 par laquelle il pense pouvoir alimenter encore et encore son irrédentisme au Sahara occidental qu’il occupe depuis 1975. Pourtant, la réalité et toute autre. Cette résolution n’accorde aucunement l’exclusivité au plan d’autonomie. Bien au contraire ! Le texte laisse la porte ouverte à toutes les propositions lorsqu’encore il confirme les fondements de la question sahraouie. Le renouvellement du mandat de la Minurso pour une année, quand bien même ceci ferait perdurer le statuquo, n’est-il pas la preuve du maintient du plan onusien qui repose sur le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination ? Au Makhzen qui crie à une victoire illusoire sur la base de l’adoption, si tant est qu’elle existe, de son plan d’autonomie, faut-il lui rappeler que le droit au référendum d’autodétermination a été acté depuis 1991 ? Ainsi, ni le discours pompeux du roi Mohammed VI et ni encore moins la sortie médiatique loufoque de son ministre des Affaires étrangères n’ont réussi à entretenir cette illusion. Le conseiller principal du président américain pour l’Afrique, Massad Boulos, a porté l’estocade au Makhzen. Le collaborateur de Donald Trump a déconstruit l’un derrière l’autre les éléments du récit marocain. Si la position américaine dans ce dossier est un flagrant parti-pris pour le Maroc et ses plans expansionnistes, l’ONU et son Conseil de sécurité ont choisi le chemin inverse. Celui du droit international qui confère au peuple sahraoui son droit à disposer de lui-même a été réitéré dans la résolution 2797. Autre chose, au Maroc qui cherche à impliquer l’Algérie au lieu d’affronter le Front Polisario comme partie dans ce conflit, la réponse de Boulos ne souffre d’aucun malentendu. Par ailleurs, et aux dernières nouvelles distillées par le cabinet royal, Mohammed VI renonce au discours traditionnel prononcé à l’occasion de la « Marche verte » qui coïncide avec le 6 novembre de chaque année. Ce n’est pas trop catholique pour une tradition qui célèbre l’occupation du Sahara occidental.

Farid Guellil

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