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LE FRONT POLISARIO RÉAFFIRME L’ATTACHEMENT À L’AUTODÉTERMINATION : « Le peuple sahraoui respire la liberté et l’indépendance »

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Le représentant du Front Polisario auprès des Nations unies et coordinateur avec la MINURSO, Sidi Mohamed Ammar, a réaffirmé, hier, l’attachement du peuple sahraoui à son droit à la liberté, à l’indépendance et à l’exercice de sa pleine souveraineté sur l’ensemble de son territoire, tout en dénonçant les violations des droits humains commises dans les territoires occupés et les obstacles entravant le processus de paix sous l’égide de l’ONU.
Dans un entretien accordé au service espagnol de l’Agence de presse sahraouie (SPS), le diplomate sahraoui a indiqué que la lettre adressée au Conseil de sécurité concernant la situation critique du prisonnier politique sahraoui Naâma Asfari a récemment été diffusée en tant que document officiel du Conseil de sécurité sous la référence S/2026/606, puis distribuée aux États membres. Sidi Mohamed Ammar a rappelé que Naâma Asfari observe une grève de la faim illimitée depuis le 8 juin 2026, pour protester contre ses conditions de détention et contre le refus des autorités marocaines d’appliquer les décisions des Nations unies relatives à son cas ainsi qu’à celui des autres prisonniers politiques sahraouis du groupe de Gdeim Izik.
Il a précisé que le Front Polisario a exhorté le Conseil de sécurité à prendre des mesures urgentes afin de protéger la vie et l’intégrité physique de Naâma Asfari, tenant les autorités marocaines pour responsables de son sort ainsi que de celui des autres détenus sahraouis, qu’il accuse d’être victimes de violations systématiques des droits humains dans les prisons marocaines. Le responsable sahraoui a également rappelé la responsabilité historique des Nations unies envers le Sahara occidental, territoire toujours inscrit sur la liste des territoires non autonomes en attente de décolonisation. Il a appelé l’organisation internationale à mettre en place un mécanisme indépendant de surveillance des droits de l’homme dans le territoire.

Des obstacles persistants au processus de paix
Interrogé sur les perspectives du processus de paix, Sidi Mohamed Ammar a rappelé que, conformément à la résolution 2797 du Conseil de sécurité adoptée en octobre 2025, les Nations unies et les États-Unis ont coprésidé trois réunions ministérielles informelles sur le Sahara occidental entre janvier et février 2026. Ces rencontres ont réuni les ministres des Affaires étrangères du Front Polisario et du Maroc, en présence des chefs de la diplomatie de l’Algérie et de la Mauritanie, en qualité de pays voisins et observateurs. Selon lui, ces réunions ne constituent qu’un point de départ et il demeure prématuré d’en évaluer les résultats, les obstacles restant nombreux.
Il a estimé que la principale entrave réside dans l’attitude du Maroc, dont les pratiques sur le terrain témoigneraient, selon lui, d’un manque de volonté de parvenir à un règlement pacifique, durable et conforme au droit international.
Le diplomate a rappelé que le Front Polisario avait réaffirmé, lors de la session ordinaire de son Secrétariat national tenue les 16 et 17 avril 2026, son engagement en faveur des efforts des Nations unies, tout en soulignant que toute solution juste et définitive devait impérativement garantir le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance à travers un processus libre, transparent et démocratique, conformément aux résolutions pertinentes de l’Assemblée générale de l’ONU. Le Secrétariat national, a-t-il ajouté, rejette toute formule de règlement susceptible de légitimer l’occupation ou de contourner les aspirations du peuple sahraoui à la liberté, à l’indépendance et à la pleine souveraineté. Sidi Mohamed Ammar a par ailleurs indiqué que le Conseil de sécurité devrait se réunir en octobre prochain, sous présidence grecque, afin d’examiner le rapport du Secrétaire général sur le Sahara occidental et de statuer sur le renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO).

Critiques contre Rabat sur la question migratoire
Évoquant les récents flux migratoires de ressortissants marocains vers l’Espagne, le représentant du Front Polisario a estimé que les événements survenus ces derniers jours à Ceuta, marqués par un afflux massif de migrants dans un contexte qu’il qualifie de passivité des forces de sécurité marocaines, reflètent la réalité de la situation sociale et politique au Maroc. Il a relevé que ces événements sont intervenus au lendemain d’un discours du souverain marocain affirmant que sa priorité était d’assurer des conditions de vie libres et dignes à tous les Marocains, estimant que cet exode massif contredisait ce discours. En conclusion, Sidi Mohamed Ammar a soutenu que cette situation illustre, selon lui, la nature autoritaire du régime marocain, qu’il accuse de priver sa population de ses droits fondamentaux et d’alimenter l’instabilité régionale. Il a également reproché aux autorités marocaines d’utiliser, de manière récurrente, les mouvements de population comme un moyen de pression politique, évoquant notamment la « Marche verte » de 1975 et les crises ultérieures avec l’Espagne.
M. Seghilani

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