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LE CONSEIL DES MINISTRES PLANCHE AUJOURD’HUI SUR LES INCIDENCES DE LA PANDÉMIE SUR LA VIE SOCIALE ET ÉCONOMIQUE : Le rapport sous les yeux du Président

C’est aujourd’hui que se tient, par visioconférence, la réunion périodique du Conseil des ministres sous la présidence d’Abdelmadjid Tebboune, président de la République.

Premier point à l’ordre du jour de cette rencontre, l’examen du rapport élaboré par la Commission de sauvegarde, chargée d’évaluer les incidences causées par la pandémie du nouveau Coronavirus (Covid-19) sur l’économie nationale. Il faut préciser, dans ce contexte, que les secteurs du transport, du tourisme, de la restauration, de l’hôtellerie et de l’énergie sont les plus affectés par les retombées de restriction imposées par le Covid-19. À titre d’exemple, la compagnie aérienne Air Algérie a enregistré des pertes de l’ordre de 16,31 milliards de DA durant les deux mois (mars et avril), tandis que les hôtels privés et les agences de tourisme et des voyages ont relevé quelque 27,3 milliards de DA, contre 12,07 milliards de DA pour les activités artisanales, 20 milliards de Da pour la Société nationale de commercialisation et de distribution de produits pétroliers (Naftal) ou encore 6,5 milliards de Da pour le groupe Sonelgaz.
Pour dépasser cette crise économique et tenter une relance effective de l’économie nationale, et surtout sauver les entreprises publiques et privées du naufrage, plusieurs propositions ont été avancées par la Commission lors des séances de travail. Il s’agit notamment de mesures d’allégement fiscal et parafiscal, dont la suspension des charges sur les entrepreneurs durant la période de contamination, de facilitations bancaires en faveur des entreprises, dont l’octroi de crédits avec des taux soutenus, l’exonération d’intérêts pendant 6 mois et la facilitation d’obtenir des crédits d’exploitation au profit des entreprises, au cas par cas, avec 0 intérêt. Mais également des mesures liées aux marchés publics dont la libération des dettes des entreprises de réalisation, la suspension des pénalités de retard, en sus des mesures ayant trait au versement des salaires des travailleurs confinés, à l’instar de la prorogation de l’éligibilité de l’assurance chômage au profit des professionnels libéraux et salariés des sociétés à l’arrêt, outre les mesures de soutien et de relance économique, y compris la création du Fonds d’aide aux micro et moyennes entreprises en difficulté.
Pour rappel, un groupe de travail, composé du président du Conseil national économique et social (CNES), Reda Tir, en qualité de président, et du ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de la Prospective, Mohamed Cherif Benmihoub en qualité de rapporteur, a été installé le 18 juillet dernier, et chargé par le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, également Président de cette commission, d’élaborer un rapport « détaillé et exhaustif » des répercussions de la pandémie (Covid-19).
Lors de la cérémonie de l’installation de ladite Commission, le chef de l’Exécutif a exigé du comité un rapport « pratique et proposant des solutions concrètes loin de toute théorie et idéologie, prenant en ligne de compte l’ensemble des aspects liés à la problématique, tout en veillant à soumettre des propositions « réalistes et pragmatiques ».
Il a rappelé, à cet égard, la déclaration du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, dans laquelle il a souligné qu’ « il n’y a plus désormais aucune différence entre l’entreprise publique et l’entreprise privée, mais il y a bel et bien des entreprises productives et compétitives qui œuvrent au développement du pays et à la création de la richesse et d’emplois, et d’autres entreprises qui n’ont qu’un seul souci : amasser les richesses au dépens de l’investissement et de l’intérêt général ».
« Le dialogue avec les partenaires sociaux et les opérateurs économiques demeure une condition sine qua non pour la réussite du processus de redressement du pays face à cette crise, sachant qu’en réalité, cet objectif légitime ne saurait être réalisé sans la conjugaison des efforts communs des autorités publiques et des partenaires sociaux dans un climat empreint de confiance, d’entraide et de complémentarité dans le travail », a estimé le M.Djerad.
Outre le président du Cnes et son rapporteur, le groupe est également ouvert aux représentants des ministères des Finances, de l’Industrie, de l’Agriculture et du Développement rural, de l’Habitat et de l’Urbanisme et de la Ville, du Commerce, des Travaux publics, des Transports, du Tourisme, de l’Artisanat et du Travail familial et du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale.
Six (6) représentants des syndicats des travailleurs et six (6) représentants des syndicats du patronat font aussi partis du groupe. Selon le dernier rapport de l’ONS, l’Algérie a enregistré une croissance économique négative de -3,9% au 1er trimestre 2020, contre une croissance positive (+1,3%) à la même période de 2019. Une baisse conséquente aggravée par la crise sanitaire mondiale (Covid-19).
Pour rappel, une tripartite, regroupant le gouvernement, les opérateurs économiques et les syndicats pour examiner la relance de la machine économique, aura lieu les 16 et 17 août prochains.
Brahim Oubellil