Première historique, la visite du Pape Léon XIV en Algérie prévue du 13 au 15 avril prochains continue à susciter l’intérêt au niveau local et international. L’archevêque d’Alger, le cardinal Jean-Paul Vesco, s’est confié à la plateforme d’information « Vatican News » sur le voyage fort attendu du Pape.
À la question de savoir comment il a accueilli cette nouvelle tant espérée, depuis longtemps, par l’église catholique d’Algérie, Jean-Paul Vesco répond : « Il y a longtemps qu’on souhaitait qu’il (le Pape, ndlr) vienne. Nous avions invité François à plusieurs reprises, et le Pape Léon a accepté immédiatement. Ce qui est beau, c’est que c’est l’un de ses tout premiers déplacements, il l’avait inscrit dès le début dans son agenda. Je pense que c’est un très beau signe d’ouverture de la part du Pape, de la part des autorités, de la part de tout le monde. Et on a besoin de ça », a-t-il affirmé, rappelant les visites effectuées par le Pape dans d’autres pays musulmans, comme la Turquie et le Liban. « Cela dit quelque chose du pontificat de Léon XIV. Et cela montre que sur ce plan-là, il s’inscrit véritablement dans la dynamique de son prédécesseur, François, et de tous ses prédécesseurs, en fait. Cela dit quelque chose de beau de l’Église, je trouve. C’était le cas aussi du Pape Benoît, c’était le cas de Jean-Paul II », a-t-il ajouté.
Sur les pas de saint Augustin
Interrogé sur la teneur et l’agenda de la visite du Pape en Algérie, Jean-Paul Vesco estime que ce voyage revêt une symbolique. « Il y a beaucoup de symbolique dans ce voyage. Ce sera toute la question. C’est à la fois un voyage qui est simple, la communauté chrétienne est petite, mais effectivement, il se rend sur les pas de Saint Augustin. Il est déjà venu à deux reprises en tant que supérieur général de l’ordre des Augustins, mais là, c’est en tant que Pape. Qui aurait pu imaginer en 430, alors que saint Augustin est malade, qu’il va mourir, que les Vandales sont là, que la ville d’Hippone va être prise et saccagée, que seize siècles plus tard, un Pape qui se revendique de lui vienne dans cette ville d’Hippone, aujourd’hui Annaba. C’est quand même une source d’espérance phénoménale sur le temps long », a-t-il fait savoir. « Ensuite, poursuit-il, c’est aussi les 19 bienheureux d’Algérie. Léon XIV a été élu le jour de leur fête liturgique, je lui ai fait remarquer, au moment où je lui disais qu’on l’attendait en Algérie. »
Sous le signe de la fraternité
Dans sa réponse, Jean-Paul Vesco a évoqué les sept moines trappistes de Tibhirine, assassinés par les terroristes du GIA en mai 1996 à Médéa. Ensuite, il a débordé sur la place et le rôle de l’Algérie dans le dialogue interreligieux. « Évidemment, pour lui (le Pape, ndlr), cela a du sens parce que les moines de Tibhirine, Christian de Chergé, cela a du sens. Pour son message du 1ᵉʳ janvier pour la journée mondiale de la paix, il a cité une phrase de Christian de Chergé, le prieur des moines de Tibhirine: “Seigneur, désarme-le, désarme-moi, désarme-nous ”. C’était la phrase qu’il a répétée. Cela a aussi du sens parce que l’Algérie est une terre qui est à la croisée, sur des lignes de fractures, selon ce que disait Mgr Pierre Claverie. L’Algérie est aussi un point de rencontre entre le Nord et le Sud. On est vraiment là, entre le Nord et le Sud, avec toutes les questions de migration. On est entre le monde occidental et le monde arabo-musulman. C’est le point de contact. On est à la porte de l’Afrique. Et c’est beau que cette étape ouvre le premier voyage sur l’Afrique. L’Afrique du Nord est une porte d’entrée sur l’ensemble du continent. Tout cela a du sens. Il y aura une rencontre avec la communauté chrétienne et ses amis à Notre-Dame d’Afrique », a-t-il livré. Et d’ajouter, à propos de l’emblématique basilique d’Alger, que « c’est de là que sont partis les Pères blancs et les Sœurs blanches. C’est aussi de là qu’est parti l’Évangile en Afrique, cela a été une des portes d’envoi. Il y aura beaucoup de symboles simples, et puis c’est simplement la rencontre humaine, la fraternité. C’est un signe de reconnaissance envers notre Église, qui est une Église qui se veut en lien avec le peuple algérien, chrétiens et musulmans. Et je pense que ce voyage sera placé sous le signe de la fraternité. »
Farid Guellil









































