L’année 2014 s’achève : l’heure est au bilan économique

L’année 2014, qui a été marquée par de nombreux événements économiques, s’achève. L’heure est actuellement au bilan. L’Algérie devrait réaliser une performance exceptionnelle en 2014, avec une croissance hors hydrocarbures de 7.1%. Ce résultat remarquable, s’appuyant sur un niveau d’endettement quasi-nul et des réserves de change de 190 milliards de dollars, est le constat qui a été établi par le FMI.

Selon M. Zeid Zidane, qui a dirigé une délégation du FMI fin septembre-début octobre 2014 en Algérie, le taux de croissance devrait se situer au-dessus de 4% en 2014. Mais la croissance hors hydrocarbures devrait dépasser les sept pour cent, un chiffre digne de pays émergent. Le FMI a aussi énuméré les points positifs de l’économie algérienne : une inflation quasi-nulle, autour de 1.4%, une dette interne supportable et une dette externe très faible, et des réserves de change représentant trois années d’importation. Par ailleurs, la croissance a été « solide ces dernières années », alors que le chômage était « réduit de manière importante ». Il n’y a donc « pas de préoccupation à court et moyen termes ». Quant au secteur bancaire, le FMI le trouve « solide », ce qui le pousse à déclarer que les experts du FMI sont « très satisfaits de cette évolution ».

Banque d’Algérie : des statistiques inquiétantes
Les statistiques de la Banque d’Algérie sont un peu inquiétantes surtout pour les exportations d’hydrocarbures qui ont régressé de 1,37% (à 31,8 Mds USD) au premier semestre 2014 par rapport au 1er semestre 2013. Cette évolution est avant tout imputable à la baisse des volumes exportés de pétrole brut et de gaz naturel à l’état gazeux (les exportations de gaz de pétrole liquéfié, de gaz naturel liquéfié et de produits raffinés ayant pour leur part progressé).En parallèle, les importations de biens ont légèrement augmenté, passant de 29,2 Mds USD au 1er semestre 2013 à 29,8 Mds USD au 1er semestre 2014, sous l’effet de la hausse sensible des importations de biens alimentaires (+12,5%) et de biens d’équipement industriels (+9,3%). Ainsi, la balance commerciale algérienne affiche un excédent de 2,76 Mds USD au 1er semestre 2014 contre 3,67 Mds USD au 1er semestre 2013, soit une baisse de -24,8%.Le déficit de la balance des services s’est pour sa part détérioré, à -4,1 Mds USD contre -3,2 Mds USD au 1er semestre 2013, tandis que le poste « revenus des facteurs » (soient dividendes et salaires) affiche un déficit, stable, de -2,46 Mds USD. Au total, et malgré la progression des transferts nets, à 1,5 Mds USD (+7% par rapport au 1er semestre 2013), la balance courante algérienne affiche un déficit en progression, à -2,3 Mds USD contre -350 MUSD au 1er semestre 2013. Le solde du compte de capital, IDE compris, étant resté stable à 1 Mds USD, la balance des paiements affiche également un déficit, à -1,32 Mds USD, contre un excédent de 890 MUSD au 1er semestre 2013. On notera néanmoins que l’impact sur les réserves de change a été amorti par la valorisation des actifs investis : elles s’établissaient à 193,3 Mds USD à fin juin 2014 contre 194 Mds USD à fin juin 2013. Aussi, la balance de paiement extérieure algérienne a enregistré, au 1er semestre 2014, un déficit de 1, 32 milliard de dollars, contre un léger excédent de 0, 88 milliard de dollars, pour la même période de l’année 2013. Et d’ajouter que les résultats induits par ce déficit, sont la diminution du montant global des réserves de changes. «Le montant des réserves a été de l’ordre de 193, 26 milliards de dollars, fin juin 2014, alors qu’ils avaient atteint 194 milliards de dollars, fin 2013». Il enchaîne, en évoquant la baisse sensible qui affecte, en outre, les recettes du Fonds de Régulation des recettes (FRR) dont le montant est passé de 5.238, 80 milliards de dinars, fin 2013, à 4.773, 51 milliards de dinars à fin juin 2014. Une baisse due à la forte augmentation des dépenses d’équipements et dépenses courantes, par apport à l’année précédente. Les indicateurs du Commerce extérieur ne sont pas au top, puisque les importations ont atteint 29,83 milliards de dollars, au mois de juin 2014, contre 29, 22 milliards de dollars, à la même période de l’année précédente.

Des défis importants à surmonter
Bien que l’économie algérienne se classe au 4e rang de l’Afrique, plusieurs chercheurs pensent que le pays va connaître un ralentissement dans les prochaines années. Le fait que l’économie n’est pas diversifiée est le principal point de chute. Avec une baisse des exportations de pétrole et une hausse de la consommation intérieure d’hydrocarbures, ce domaine économique pourrait faire chuter le pays puisque cette ressource représente de 40 à 45 % du PIB(12). L’Algérie a comme autre défi de booster l’industrie locale et de réduire le secteur informel, de développer ses exportations hors hydrocarbures, de développer l’investissement local et étranger.

Ines B.

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