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L’Algérie vue par l’OTAN : Un pays «très actif» au sein du DM

En l’espace d’une année, l’Algérie a enregistré pas moins de 48 activités au sein du Dialogue méditerranéen de l’Otan, entre 2015 et 2016. La plupart de ses propositions sont inscrites sur le registre de la coopération dans le domaine de la médecine militaire.

De notre Envoyé spécial, au siège de l’Otan à Bruxelles,  Hacène Nait Amara

L’Algérie a bonne presse auprès de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN). Des responsables de cette organisation ont loué le rôle qualifié de «très actif», que joue l’Algérie au sein du Dialogue méditerranéen (DM) de l’OTAN. Que de chemin parcouru depuis le premier contact établi entre les deux parties en 1994. Des responsables de l’OTAN ayant reçu une délégation composée de journalistes et d’académiciens algériens, durant deux jours (mardi et mercredi passés), au QG de l’Alliance nord Atlantique à Bruxelles, en Belgique, étaient unanimes à exprimer leur souhait de renforcer la coopération entre l’OTAN et l’Algérie. Le gros morceau de cette coopération est dédié aux stages que dispense l’OTAN au profit de ses alliés au niveau de ses écoles et collèges, ont-ils expliqué. L’Algérie est considérée comme étant le «seul pays» parmi les sept que regroupe le Dialogue méditerranéen à faire des propositions d’activités. Outre sa participation «active» aux rencontres de haut niveau, notamment les réunions des Chefs d’états-majors des pays alliés avec l’OTAN, l’Algérie a eu à son actif 48 activités avec l’OTAN pour la seule période allant de 2015 à 2016, ont indiqué les responsables de cette organisation, soulignant que l’Algérie fait plus de propositions d’activités dans le domaine de la médecine militaire. À ce titre, l’Algérie est attendue lors de la prochaine réunion de l’OTAN avec les pays du Dialogue méditerranéen, qui se tiendra en janvier 2017, pour présenter aux autres alliés de l’Alliance sa vision portant maintien de la paix et de la sécurité dans le monde. Après avoir rappelé le contexte de la création de l’OTAN en 1949, qui consistait à contrecarrer l’expansion soviétique, les responsables de cette organisation ont estimé que «l’ennemi» a changé de visage et le terrorisme est perçu comme une menace réelle pour la stabilité et la paix dans le monde. À cet effet, l’OTAN souhaite une coopération accrue avec les pays de la rive sud de la Méditerranée, parmi lesquels l’Algérie qui se trouvent tout près de la source de la menace, allusion à sa proximité avec les foyers de terrorisme en Lybie et au Sahel. Les responsables de l’OTAN ont expliqué à la délégation algérienne que les problèmes du terrorisme, de l’immigration clandestine, du trafic de drogue…inquiètent autant les pays de la rive sud de la Méditerranée que ceux de l’Europe.

«L’intervention militaire de l’OTAN en Libye est une erreur»
Sur le registre de la menace terroriste qui provient de certains pays de la rive sud de la Méditerranée, à laquelle s’ajoutent d’autres fléaux tels que l’immigration clandestine, le trafic de drogue et d’armes, qui mettent en péril la sécurité de plusieurs pays, la délégation algérienne a rappelé aux responsables de l’OTAN la position de l’Algérie qui s’est opposée à toute intervention militaire contre le régime de Mouammar Al Kadhafi, estimant que les conséquences d’une option militaire seraient des plus catastrophiques sur les pays de la région, et par ricochet sur tous les pays européens. Sur cette question précise, les responsables de l’OTAN ont exprimé des avis partagés sur l’intervention militaire de l’Alliance en Libye. Ils étaient unanimes à regretter l’action de l’OTAN qui n’a pas pris en considération les mises en garde de l’Algérie contre la prolifération du terrorisme dans la région, si jamais la Libye connaît une instabilité politique. Certains parmi les responsables de l’OTAN sont allés plus loin dans leurs analyses, en considérant carrément l’intervention militaire contre la Libye comme étant «une erreur stratégique». «Nous devons changer de vision et adopter de nouveaux instruments pour préserver la paix et la sécurité dans le monde», a estimé un responsable de l’Alliance. Ce même responsable a suggéré la nomination d’un envoyé spécial de l’OTAN pour les pays de la rive sud de la Méditerranée, afin de mieux renforcer le dialogue politique entre les deux parties. Toujours au sujet de la stabilité de la Libye et de la lutte contre les groupes terroristes qui sévissent dans ce pays, le porte-parole délégué de l’OTAN, division de la diplomatie publique, Dylan White, a nié toute idée d’une intervention militaire de l’Alliance en Libye. Toutefois, a-t-il dit, l’OTAN est prête à dispenser des formations militaires aux troupes militaires libyennes pour mieux les entraîner à la lutte contre les groupes terroristes, qui demeurent une menace réelle pour la stabilité de ce pays. Un autre point qui a été abordé avec insistance par les responsables de l’Alliance a trait à l’image de l’OTAN qui est perçue comme une organisation militaire qu’autre chose. Le dernier sommet de l’OTAN tenu à Varsovie, en Pologne, a entériné plusieurs décisions pour redorer son image à l’Organisation. Désormais, l’OTAN, ont expliqué ses responsables, privilégie la collecte du renseignement, lui permettant la détection de signes avant-coureurs de conflits dans toutes les zones du globe, à la solution purement militaire. À cet effet, les responsables de l’Alliance ont expliqué les trois piliers du programme SPS (Science, Partenariat et Sécurité) qu’offre l’OTAN à ses alliés dans le Dialogue méditerranéen. Des explications ont été fournies aux chercheurs algériens, présents au QG de l’OTAN, pour bénéficier des programmes d’assistance de l’Alliance à leurs projets de recherche.