Accueil ACTUALITÉ LA LPPS DÉNONCE : « Rabat se venge des prisonniers civils sahraouis »

LA LPPS DÉNONCE : « Rabat se venge des prisonniers civils sahraouis »

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La Ligue pour la protection des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines (LPPS) a dénoncé, dans un communiqué, une campagne de représailles menée par les autorités d’occupation marocaines contre les prisonniers civils sahraouis, à la suite de l’annonce de mouvements de grève de la faim en solidarité avec le détenu politique sahraoui Naâma Asfari.
Selon la Ligue, les autorités pénitentiaires marocaines ont engagé une série de mesures punitives qui traduisent, selon elle, « une escalade préoccupante » de la répression à l’encontre des prisonniers politiques sahraouis. Cette campagne aurait été déclenchée après que plusieurs détenus ont décidé d’observer des grèves de la faim pour soutenir Naâma Asfari, en grève de la faim illimitée depuis le 8 juin dernier. La LPPS affirme que l’administration de la prison centrale de Kénitra a suspendu tout contact entre Naâma Asfari et sa famille, qui n’a pas reçu son appel téléphonique hebdomadaire habituel. Cette interruption des communications alimente, selon la Ligue, de vives inquiétudes quant à son état de santé. S’appuyant sur des rapports d’organisations de défense des droits humains, la Ligue indique que Naâma Asfari aurait perdu plus de dix kilogrammes depuis le début de sa grève de la faim. Il souffrirait également d’une baisse alarmante de sa glycémie et d’un état de fatigue extrême susceptible de compromettre le fonctionnement de ses organes vitaux. En signe de protestation contre les mesures prises à son encontre, le détenu a également décidé de ne plus consulter le médecin de la prison et de refuser tout examen médical. Par ailleurs, la LPPS rapporte que l’administration de la prison de Kénitra a engagé des poursuites disciplinaires contre les prisonniers politiques sahraouis Ahmed Sbaï et Hassan Dah, membres du groupe de Gdeim Izik, en les convoquant devant un « conseil de discipline », une procédure qui conduit généralement à des sanctions pouvant aller jusqu’au placement à l’isolement. Selon la même source, cette décision constitue une mesure de représailles après leur refus de se soumettre à une fouille jugée humiliante et leur dénonciation des mauvais traitements infligés aux prisonniers politiques sahraouis.
En réaction, Ahmed Sbaï et Hassan Dah ont entamé une grève de la faim préventive de 72 heures à compter du 15 juillet 2026 afin de dénoncer la poursuite des violations de leurs droits ainsi que l’établissement, selon eux, de rapports disciplinaires falsifiés à leur encontre.
La Ligue affirme également que les familles des deux détenus n’ont reçu aucun appel téléphonique depuis l’annonce de cette grève, ce qui fait craindre une nouvelle aggravation de la répression au sein de l’établissement pénitentiaire de Kénitra. À la prison de Tiflet 2, le détenu politique sahraoui Mohamed Lamine Haddi poursuit lui aussi sa grève de la faim dans des conditions qualifiées d’« extrêmement difficiles ». D’après la LPPS, il aurait été encerclé par des gardiens avant d’être transféré de force dans une cellule disciplinaire ne répondant pas aux normes minimales de détention, tout en étant menacé d’un alourdissement de sa peine s’il continuait à dénoncer les mauvais traitements dont il ferait l’objet. Face à cette situation, la Ligue pour la protection des prisonniers sahraouis tient les autorités marocaines pour pleinement responsables de l’intégrité physique et de la vie des prisonniers en grève de la faim. Elle lance un appel urgent aux organisations internationales de défense des droits humains, aux médias ainsi qu’au Comité international de la Croix-Rouge afin qu’ils interviennent et effectuent des visites auprès des prisonniers politiques sahraouis. La LPPS réitère enfin son appel en faveur de la libération immédiate et inconditionnelle de l’ensemble des prisonniers politiques sahraouis, qu’elle considère comme des prisonniers d’opinion et de conscience.
M. S.

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