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L’Algérie embarque dans le train de l’IA

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L’Organisation mondiale de coopération en matière d’intelligence artificielle (WAICO) vient de voir le jour à Shanghai, la mégapole technologique et ville futuriste chinoise. Cette association dernier cri dédiée à l’IA a été créée à l’initiative de l’Empire du Milieu parmi 29 pays issus du Sud global. L’Algérie, qui a fait du progrès technologique au cours de ces dernières années un levier pour développer la gouvernance des affaires publiques et l’économie, figure, naturellement, dans la liste des membres fondateurs. Ce qui est déjà, et en soi, un exploit à ce stade pour une initiative, de surcroît, qui constitue une première du genre à l’échelle mondiale. À noter, d’ailleurs, la présence fort remarquable des pays structurés dans les BRICS pour comprendre, enfin, la vision globaliste et multilatéraliste de l’initiative. D’abord, il y a lieu de citer les objectifs principaux assignés, par ses artisans, à cette organisation. Primo, la coopération technologique. WAICO se définit ainsi comme une plateforme d’échange qui met en relief l’offre et la demande des pays membres en vue de réduire la fracture numérique et technologique avec le Nord. Secundo, la gouvernance participative à l’élaboration de règles et de normes éthiques mondiales, tout en préservant la souveraineté numérique des pays membres. Tertio, démocratiser le savoir et la connaissance afin de permettre à tous un accès équitable, garantir la transparence des avancées scientifiques et technologiques et encourager le partage des innovations à toute l’humanité. Voilà un peu pour résumer l’initiative du Sud global dont le partage, la solidarité et l’entraide comme valeurs humaines et intrinsèques aux peuples du monde, guident ses pas. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, présent aux assises de Shanghai, est témoin de cette orientation inclusive et non exclusive à l’humanité. Pour autant, elle se distingue des autres initiatives « à l’occidentale ». Pour ne citer que l’OCDE, le G7, le Conseil de l’Europe ou le réseau international des instituts de sécurité de l’IA qui semblent sous le contrôle des firmes mondiales de la high-tech. WAICO est-elle créée pour faire le contrepoids à ces entités qui risquent d’avoir le monopole sur les technologies d’avenir ? WAICO est-elle l’interface IA du nouveau monde en gestation à l’aune de la nouvelle carte géopolitique mondiale ? On le saura probablement dans un proche avenir. Revenons maintenant à la participation algérienne. En faisant partie des membres fondateurs de cette organisation qui correspond parfaitement à sa vision du monde, l’Algérie ne veut pas manquer le coche. Sauf que notre pays peut avoir un souci en plus et qui est lié à la souveraineté numérique. L’intégration de cette organisation traduit aussi le niveau atteint par l’Algérie dans le progrès technologique. Ce faisant, notre pays restera au plus près de l’évolution mondiale dans l’IA. Avant d’aller sur l’écosystème extérieur, l’Algérie a réalisé des avancées en interne dont il y a lieu de citer, comme initiatives fortes, le lancement de l’École supérieure de l’IA, la mise sur pied du Conseil supérieur de l’IA, la mise en service de datacenters, le développement d’un écosystème de startups et, tout récemment, l’installation du Haut Conseil de la communauté nationale scientifique à l’étranger.
Farid Guellil

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