Accueil ACTUALITÉ LA ‘’COUR POPULAIRE INTERNATIONALE POUR LA PALESTINE’’ CONDAMNE L’ENTITÉ SIONISTE : «...

LA ‘’COUR POPULAIRE INTERNATIONALE POUR LA PALESTINE’’ CONDAMNE L’ENTITÉ SIONISTE : « Génocide, écocide et famine à Ghaza »

0

Barcelone s’est transformée, samedi, en tribunal citoyen où la parole revient à celles et ceux que l’histoire officielle tente trop souvent d’étouffer. La capitale catalane a accueilli la première journée de la Cour populaire internationale pour la Palestine, un espace conçu comme une réponse directe à l’échec des institutions juridiques internationales face aux crimes commis contre le peuple palestinien. Dans une salle comble, plus de 240 organisations et environ 150 participants se sont réunis pour examiner la responsabilité de l’entité sioniste dans le génocide, l’écocide et la famine forcée perpétrés à Ghaza. L’initiative est portée par l’Association internationale de la lutte populaire, le Front populaire international et la Coalition populaire de l’art contemporain pour la souveraineté alimentaire, avec l’appui de nombreux collectifs engagés en faveur de la justice et de l’autodétermination palestinienne. Ce tribunal populaire ne cherche pas à se substituer aux juridictions internationales, mais à combler le vide créé par leur inaction. Les années de procédures, les blocages politiques et les pressions sur la Cour pénale internationale et la Cour internationale de justice ont laissé un espace dangereux où les crimes se répètent sans sanction. La Cour populaire vise précisément à occuper ce vide, en restituant au peuple la capacité d’enquêter, de nommer les crimes et d’en exiger la reconnaissance. La première journée s’est articulée autour de deux axes majeurs : le génocide et l’écocide. Les organisateurs ont insisté sur le droit des peuples opprimés à la résistance, sur la protection de la terre comme droit fondamental et sur l’urgence d’une solidarité internationale active. Onze témoins et experts ont livré des récits poignants et des analyses rigoureuses. Plusieurs survivants ont décrit la mécanique implacable du génocide : les bombardements massifs et délibérés visant les civils, la destruction systématique des infrastructures vitales, l’éradication de familles entières et l’isolement complet imposé par le siège. Parmi les témoignages les plus marquants, celui d’une femme ayant perdu plus de 280 membres de sa famille en deux ans sous les bombes. D’autres ont détaillé les ravages de la famine forcée organisée par l’entité sioniste, notamment par la destruction de près de 700 bateaux de pêche à Ghaza. Les membres de la Flottille de la Liberté ont rappelé que l’aide internationale n’a jamais fait défaut, mais que le siège empêchait tout accès : le problème, répètent-ils, n’est pas l’absence de nourriture mais l’empêchement systématique de la faire entrer. La seconde partie de la session a révélé l’ampleur de l’écocide commis à Ghaza. Les chiffres donnent le vertige : 100 000 tonnes d’explosifs larguées depuis 2023, soit l’équivalent de neuf bombes nucléaires ; 80 % du réseau hydrique détruit ; seulement 17 % des puits municipaux encore en service ; 70 % du secteur agricole anéanti ; plus d’un million de tonnes de déchets entassés dans des décharges improvisées près des zones résidentielles. Les experts alertent sur les réactions chimiques provoquées par les bombardements, susceptibles d’engendrer des maladies à long terme et d’infecter les sols et les nappes phréatiques. Ghaza, disent-ils, est en passe d’être rendue inhabitable par un saccage méthodique du milieu naturel. Le procureur général, Jan Fermon, a souligné que ces éléments ne sont pas des faits isolés mais un système complet : le génocide et l’écocide avancent ensemble, soutenus politiquement, militairement et financièrement par les États-Unis et d’autres gouvernements. La défense, elle, ne s’est pas présentée. Aucun document, aucun argument, aucune présence. Pour la présidente du jury, Ceren Uysal, cette absence est un aveu silencieux, « la table vide étant le message le plus clair ». Les jurés se réuniront dès la deuxième journée pour écouter de nouveaux témoignages, examiner l’ensemble des preuves et rendre un verdict qui se veut fidèle à la volonté des peuples, là où les grandes institutions internationales ont failli. La Cour populaire internationale pour la Palestine n’a certes pas de force coercitive, mais son ambition repose ailleurs : construire un dossier historique inattaquable, jeter une lumière publique sur les crimes commis et maintenir la pression morale et politique sur ceux qui les soutiennent. Dans un monde où les discours officiels s’enlisent trop souvent dans la diplomatie creuse, ce tribunal populaire s’impose comme un espace où la vérité brute retrouve une voix. L’enjeu dépasse largement Ghaza : il s’agit de rappeler que la justice ne peut pas être ajournée indéfiniment, et que les peuples, eux, ne cessent jamais de réclamer leurs droits.
M. S.

Article précédentELEVES ENLEVES AU NIGERIA : L’ONU exprime son inquiétude
Article suivantCOOPÉRATION AVEC L’ONUDI : Arkab réaffirme à Riyad l’engagement de l’Algérie