La chaîne TV KBC accusée de bris de scellés : trois personnes sous mandat de dépôt

Quelques jours seulement après le verdict rendu, mercredi dernier, par le tribunal administratif de Bir Mourad Raïs, dans l’affaire El Khabar, où le juge, rappelons-le, a décidé de geler la transaction commerciale inhérente au rachat du groupe de presse par Ness Prod (filiale de Cevital), les autorités publiques ont durci le ton.
En effet, la descente des services de sécurité opérée, samedi dernier, dans les locaux abritant le studio d’enregistrement de l’émission satirique «Ki hna ki nass», de la chaine KBC appartenant à ce groupe médiatique, pour sous sceller ce même studio, a été suivie par l’interpellation de responsables de KBC en rapport avec l’action judiciaire enclenchée à l’encontre de cette chaine privée, selon des sources judiciaires de bonne foi. Selon les mêmes sources, les services de sécurité ont intervenu sur ordre du procureur de la République parce que le studio exploité pour l’enregistrement du programme télévisuel a été déjà sous scellé, au lendemain de la fermeture de la chaine Atlas TV, en mars 2014. Par ailleurs, on croit savoir que ce studio appartenait à cette dernière. Pour ce qui est des interpellations, hier, pas moins de trois personnes ont été arrêtées et mises sous mandat de dépôt par le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’Hamed, dans le cadre d’une enquête judiciaire menée autour du «bris de scellé» effectué au niveau de ces studios, implantés dans l’agglomération de Baba Ali, à l’Ouest d’Alger. En effet, dans la matinée, au total, sept personnes ont été convoquées par le parquet et présentées pour audition devant le procureur de la République. Parmi ces personnes figure en tête le directeur de KBC, Mehdi Benaissa et le producteur de l’émission «Ki hna ki nass», apprend-on des mêmes sources. Selon le quotidien arabophone El Khabar, Benaissa, qui est également directeur de Ness Prod, a passé la nuit de dimanche à lundi dans les locaux de la Gendarmerie nationale de Bab Jdid. Durant cette audition nocturne, les services de sécurité ont entendu les explications fournies par ce responsable au sujet notamment de l’utilisation et l’exploitation des studios, mis déjà sous scellé selon les autorités judiciaires. Pour le même quotidien du groupe de presse El Khabar, le premier responsable de la chaine TV devait être entendu par le procureur de la République, hier lundi, en qualité de témoin dans cette affaire. Ainsi, donc, après ce tournant inattendu dans l’affaire El Khabar qui continue d’animer la chronique judiciaire et même l’actualité politique, intervient à la veille de l’installation de l’ARAV (Autorité de régulation de l’audiovisuel), effectuée, hier, par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal.
Farid Guellil