Le président de la fédération de l’agroalimentaire en est pleinement convaincu : l’Afrique, futur Eldorado pour l’exportation

Opérateur économique qui a déjà pénétré le marché africain, Abdelwahab Ziani, président de la Fédération de l’Agroalimentaire, une organisation affiliée à la CIPA (Confédération des industriels et des producteurs algériens), est pleinement convaincu que l’Afrique peut être, rapidement, l’Eldorado rêvé pour les exportateurs algériens.

À la condition expresse, n’a-t-il pas manqué de le souligner, lors de son passage avant-hier à l’émission «L’Invité de la rédaction» de la chaîne 3 de la Radio nationale, que des mesures d’accompagnement soient urgemment prises par les pouvoirs publics pour leur permettre de pénétrer résolument et durablement le marché africain; un marché d’autant plus attractif que l’Afrique importe annuellement, pour les besoins de ses populations, pour quelque 1 300 milliards de dollars de produits alimentaires. Des mesures multiformes qui visent au final à leur faciliter cette pénétration qui ne peut être que bénéfique à l’économie nationale à la recherche d’une diversification salutaire qui la rendrait moins dépendante, ou de plus en plus indépendante, des hydrocarbures. Et qui ont trait, entre autres, à un financement plus efficient de leurs opérations (d’exportation) et à un accompagnement plus soutenu de leur entreprise de pénétration de ce marché. Dans cet ordre d’idées, il a plaidé pour l’ouverture, par les banques nationales, publiques ou privées, de représentations dans les pays les plus à même de devenir rapidement des marchés pour les produits agroalimentaires algériens, et, par les pouvoirs publics, de sorte de «comptoirs» où les exportateurs y loueraient des espaces pour une exposition permanente de leurs produits. Des mesures qui devront, selon le président de la Fédération agroalimentaire, impérativement être accompagnées par un renforcement conséquent de la présence des pavillons aérien et maritime sur le Continent noir : leur insuffisance présente se traduisant, a-t-il expliqué, par un renchérissement notable et, partant, préjudiciable à leur compétitivité sur les marchés ciblés, des produits algériens exportés. Cette volonté des exportateurs algériens à se frayer un chemin en Afrique à pousser Abdelwahab Ziani à proposer d’introduire dans nos relations commerciales avec les pays africains la pratique du troc. Qui permettrait, a-t-il plaidé, aux Algériens d’en importer des produits assez demandés chez nous, tels le beurre et les fèves de cacao; et d’y exporter des produits du terroir, dont les Africains sont particulièrement friands, tels les dattes, l’huile d’olive et les oranges. Sauf que le président de la Fédération de l’Agroalimentaire a tenu à avertir que la concrétisation et la réussite de ce moyen d’échanges est subordonné à la confiance que les pouvoirs publics doivent impérativement avoir en les exportateurs qui s’y engageront.
Mourad Bedris