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INVESTISSEMENTS ÉTRANGERS : Les secteurs stratégiques concernés par la règle 51/49

Approuvé en Conseil des ministres dimanche dernier, le projet de loi de Finances complémentaire (PLFC) 2020 prévoit l’annulation du droit de préemption et définit les secteurs stratégiques concernés par la règle 51/49 fixant la répartition du capital entre le partenaire étranger et l’investisseur local qui avait été annulée dans les autres secteurs, rapporte l’agence de presse officielle (APS).

Selon cette source, qui cite une copie du projet, hormis les activités d’achat et de vente de produits à caractère stratégique et relevant des secteurs définis dans le projet, et qui restent soumis à la participation des actionnaires nationaux résidents à 51%, toute autre activité liée à la production de biens et de services est ouverte aux investissements étrangers, sans engagement de partenariat avec une partie locale. Il s’agit pour les secteurs stratégiques de toutes les activités ayant trait à l’exploitation du secteur national des mines et de toute richesse souterraine ou de surface liée à l’activité extractive à la surface ou souterraine, à l’exception des carrières ne produisant pas de minéraux, des activités en amont du secteur de l’énergie et de toute autre activité soumise à la loi sur les hydrocarbures. Pareil pour l’exploitation du réseau de distribution et de transport de l’énergie électrique par câblage et des hydrocarbures gazeux ou liquides par canalisations de surface ou souterraines, des industries liées aux industries militaires relevant du ministère de la Défense nationale, les voies ferrées, les ports, les aéroports et les industries pharmaceutiques, à l’exception des investissements liés à la fabrication de produits de base innovants à forte valeur ajoutée et nécessitant une technologie complexe.

Le Gouvernement a justifié cette mesure SUR LA base de ce qui a été relevé dans la période précédante
L’application de cette règle en 2009, faisait état d’un grand nombre de projets d’investissements étrangers annoncés auprès de l’Agence nationale de développement de l’investissement et qui se sont rétrécis telle une peau de chagrin après son application. L’Exécutif pense également que la contribution totale de l’investissement étranger direct conduit à une transparence de la propriété du capital, soit un engagement réel de la part de l’investisseur étranger à même de lui permettre de prendre les décisions stratégiques en vue du transfert de technologie, de la garantie de la compétitivité dans les marchés national et international.

Suppression du droit de préemption
Le PLFC propose, en outre, la suppression du droit de préemption appliqué depuis 2009 et exercé par l’État en cas de cession par le partenaire étranger de ces actions.
L’application du droit de préemption « a engendré des contraintes importantes aux transactions auxquelles participent l’État avec ce droit sans participation financière à sa concrétisation jusqu’à présent dans la majorité des cas où l’État s’était opposé, n’étant pas le véritable acquéreur », d’après l’exposé des motifs présenté par le gouvernement. Qualifiant de « nécessité » l’annulation du droit de préemption, le gouvernement a expliqué que cette procédure a entravé l’émergence de la Bourse en Algérie, en l’absence du seuil minimum de négociation libre, et donnera un signal fort aux investisseurs étrangers en termes d’attractivité des investissements étrangers directs et de liberté des affaires ».
Le droit de regard sur le processus des opérations de cession des parts du capital de toute entité de droit algérien exerçant une activité stratégique lorsqu’il s’agit de parts détenues par d’autres parties étrangères , le PLFC propose, toutefois, son maintien. Ce droit pourrait être concrétisé par le contrôle avec délégation par le Premier ministre ou le chef du gouvernement. En outre, il propose la considération de toute cession d’actifs d’une partie étrangère non résidante à une partie nationale résidante comme l’importation de biens ou de services.
Annulation de l’obligation de financement des investissements étrangers à travers le recours aux financements locaux. S’agissant de de l’annulation de l’obligation de financement des investissements étrangers à travers le recours aux financements locaux, le projet de loi propose l’annulation de l’article 55 de la loi de Finances 2016 qui a introduit l’obligation de financement des investissements étrangers à travers le recours aux financements locaux. « L’annulation de cet article se veut indispensable pour l’ouverture du pays aux investissements étrangers sérieux détenteurs de capitaux privés », a estimé le gouvernement, notant que « l’annulation de la règle 51 /49 serait insensée avec le maintien de ces dispositions qui ne servent pas l’intérêt national », rapporte l’exposé des motifs de cet amendement.
D’autre part, le projet de loi prévoit la révision à la hausse du taux de prélèvement à la source pour les sociétés étrangères exerçant dans le cadre de contrats de prestation de services en Algérie, de 24% à 30% pour les encourager à ouvrir des bureaux en Algérie.
Quant à l’objectif du prélèvement à la source, il s’agit de couvrir les revenus du régime du bénéfice réel (Impôt sur les bénéfices des sociétés (IBS), impôt sur le revenu global (IRG), la taxe sur l’activité professionnelle (TAP) et la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) si lesdites sociétés n’envisagent pas de choisir ce régime fiscal.
Pour les sociétés étrangères ne disposant pas d’un siège professionnel permanent en Algérie, il leur est offert la possibilité de choisir un régime du bénéfice réel dans un délai maximum de 30 jours, à compter de la date de signature du contrat, contre un délai de 15 jours dans la législation fiscale en vigueur.
L’objectif étant d’encourager les sociétés étrangères exerçant en Algérie dans le cadre des contrats de prestations à choisir un régime de bénéfice réel, selon l’exposé des motifs joint par le gouvernement au projet de loi.
Brahim Oubellil