GZALE : déficit de la balance commerciale pour l’Algérie

L’Algérie est membre de la Grande zone arabe de libre-échange depuis 2009, année de l’entrée en vigueur de la Convention qu’elle a signée en 2001 avec les pays composant cet espace commercial. À l’époque déjà, les opérateurs économiques avaient averti, quant aux retombées de cette adhésion, mais que peut-on retenir, aujourd’hui, des échanges commerciaux internationaux de l’Algérie avec les 18 pays membres de la Gzale (Grande zone arabe du libre-échange) ?
Les statistiques pour le premier semestre de 2015 font ressortir une balance commerciale déficitaire pour l’Algérie. Celle-ci a accusé un déficit de 56 millions de dollars au 1er semestre 2015, contre un excédent de 440 millions de dollars à la même période de 2014, apprend-on des chiffres fournis par l’Agence nationale de promotion du commerce extérieur (Algex). Ce déficit enregistré sur la période janvier-juin 2015 s’explique notamment par la chute des prix du pétrole, et le recul des exportations de sucre blanc. Ainsi, les exportations algériennes vers la Gzale, constituées essentiellement des hydrocarbures, ont atteint 1,253 milliard de dollars, en baisse de 27% par rapport à la même période de 2014, alors que les importations se sont établies à 1,31 milliard de dollars, en hausse de 2%.
Ceci n’est évidemment qu’une suite logique de la politique économique nationale, basée sur l’exploitation «effrénée» des gisements pétroliers. D’ailleurs, c’est pour cette raison que le gouvernement a été obligé de revoir sa copie, en tablant sur la relance de la machine productive hors hydrocarbures, afin de basculer d’une économie rentière vers une économie productive. Hors hydrocarbures, les exportations du pays ont reculé de 31% pour atteindre 82,8 millions de dollars durant les six premiers mois de l’année 2015, contre 120,2 millions de dollars durant la même période de 2014. Cette baisse des exportations hors-hydrocarbures (HH) s’explique principalement par le recul des exportations de sucre à 33 millions de dollars, contre 77 millions de dollars (-57%).
Représentant près de 60% des exportations HH vers la Gzale, les produits agricoles et agroalimentaires ont reculé à 49 millions de dollars (-45%), sachant que le sucre en représente 70%, alors que le reste se compose essentiellement des dattes (4 millions de dollars), des truffes (4 millions de dollars), des eaux minérales et gazéifiées (1,4 million de dollars), des pâtes alimentaires (1,3 million de dollars) et des yaourts (1,3 million de dollars). Les produits industriels ont représenté, quant à eux, 40% des exportations algériennes HH vers cette zone avec un montant de 33,4 millions de dollars (+15%), dont 18,8 millions de dollars d’exportations d’ammoniac. Les principaux clients de l’Algérie pour les produits HH sont la Tunisie (29% des exportations algériennes), le Maroc (26%), le Liban (10%), la Syrie (7%), l’Irak et l’Arabie saoudite (4% chacun ).
Les importations algériennes depuis cette zone ont augmenté par rapport à la même période de 2014, passant à 1,3 milliard de dollars contre 1,2 milliard de dollars (+2%). Les produits industriels importés depuis cette zone ont représenté une valeur de 1,1 md de dollars (88% des importations), en hausse de 0,6% par rapport à la même période de 2014.
À l’horizon 2019, l’on table de porter le chiffre à 70 millions, indique les dernières statistiques établies. Faut-il par ailleurs signaler que, depuis février 2013, le ministère du Commerce a imposé des restrictions aux importateurs, en révisant la liste négative des produits issus de la Gzale. Il s’agit des produits non concernés par la franchise des droits des Douanes algériennes. Des mesures par lesquelles les pouvoirs publics entendent resserrer l’étau autour des opérateurs de l’import-import.

L’Arabie saoudite premier sur le marché
Sur un total de 19 pays de la Gzale, y compris l’Algérie, les importateurs nationaux privilégient l’Arabie saoudite, qui se positionne sur la première marche du podium parmi les pays présents sur le marché algérien. Ainsi, l’Algex relève que les principaux fournisseurs de l’Algérie au sein de la Gzale ont été l’Arabie saoudite (24%), l’Égypte (19,6%), la Tunisie (18%), les Émirats arabes unis (12%) et le Maroc (9,3%). À rappeler que la création d’une Grande zone arabe de libre-échange avait été décidée par le Sommet arabe d’Amman en 2001. La Gzale prévoit une suppression totale des droits de Douanes entre les pays signataires de l’accord, visant à dynamiser, et à contribuer à l’augmentation des échanges commerciaux inter-arabes.
Lamia B.

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