Etudiants

GRANDIOSE 42E MARDI DE MOBILISATION : L’ultime message des étudiants avant le jour «J»

Comme promis, la famille estudiantine était au rendez-vous, ce mardi, ultime journée de sa mobilisation pacifique nationale avant la date du scrutin présidentiel qui se tiendra demain. Les étudiants comme les enseignants auront marqué le 42e acte de mobilisation pour le changement pacifique dans le pays et l’édification d’un État de droit en lettres d’or. La marche a été grandiose, hier, à Alger. Comme chaque mardi, avec la même détermination depuis le 26 février dernier, les étudiants et enseignants ont marché massivement et pacifiquement, munis des couleurs nationales et l’Algé- rie au cœur, à travers des actions simultanées menées dans les quatre coins du pays, pour marquer le point à l’occasion de la 42e marche de protestation de suite. Comme dans les autres grandes villes du pays, ils étaient hier, des dizaines de milliers à battre le pavé du centre d’Alger. Les étudiants et enseignants, issus des établissements universitaires de la Capitale, ont été rejoints et soutenus par des centaines de citoyens, femmes et hommes, personnes âgées et jeunes. La marche a démarré de la Place des Martyrs. La grande arène était noire de monde au fur et à mesure que la foule avance en direction de la Place du 1er Mai. La procession humaine est arrivée à hauteur de la rue Didouche- Mourad. Elle a décidé de prendre un autre itinéraire que celui devant s’achever à la Place Maurice-Audin. La marche des étudiants a pris, hier, en effet, une nouvelle direction. Après avoir entonné l’hymne national «Kassaman», les marcheurs se sont dirigés vers la place du 1er Mai en passant par la Place l’Émir Abdelkader, la Grande Poste, la Rue Didouche- Mourad, la Rue Victor-Hugo, Hassiba BenBouali. Les manifestants ont décidé de rallonger l’itinéraire de la marche pour gagner davantage de citoyens par leur appel. Il s’agit d’organiser une marche le jour du scrutin, selon ce que nous ont confié des initiateurs de ce mot d’ordre. «NON AUX ÉLECTIONS AVEC LES MEMBRES DE LA BANDE» Des trottoirs et des balcons fusaient les youyous des femmes, en guise de soutien à l’action pacifique des jeunes étudiants, et le message des manifestants et des citoyens, qui ont marché en masse ce mardi, est clair : « on ne votera pas pour le Gang», «Cette année il n’y aura pas de vote», «Algérie Libre et démocratique» et « un État civil et non militaire». «Bien que les autorités ne cessent d’assurer que l’élection présidentielle se déroulera dans la plus grande des transparences, nous refusons de donner nos voix à l’un des cinq candidats en lice pour le palais d’El-Mouradia. Nous n’allons pas attendre le verdict des urnes», nous confie une manifestante accostée à la rue Bab Azzoune. LE JUGEMENT DES CORROMPUS N’EST PAS PASSÉ INAPERÇU! Hier, les forces de l’ordre étaient fortement déployées. Les étudiants ont évité toute confrontation avec les élé- ments de la police. Aux alentours du square Port-Saïd, un barrage de police a été installé pour empêcher les manifestants de progresser vers le tribunal de Sidi-M’hammed, où se déroulait le procès des anciens hauts cadres et hommes d’affaires responsables d’une corruption à grande échelle. Ainsi, les étudiants qui ont remonté vers la Rue Ali-Boumendjel, pour rejoindre la place du 1er Mai ont scandé : «Klitou leblad ya seraquine (Bande de voleurs, vous avez dilapidé l’argent public).» Ensuite, la procession humaine qui est arrivée à hauteur de la Rue DidoucheMourad a dévié pour emprunter la Rue VictorHugo puis la rue Hassiba Ben- Bouali. Se dirigeant vers la Place du 1er Mai, les trottoirs avaient du mal à contenir les marcheurs en grand nombre. Ils ont été bloqués par un imposant dispositif policier à hauteur de la place du 1er Mai. La police a déployé des éléments anti- émeutes. Face à cette situation les étudiants ont décidé de s’asseoir par terre. Les filles et garçons, main dans la main, ont scandé en chœur «ma tkhawfounach bel 3ouchriya, w hna rebbatna l’miziriya », (vous ne nous faites pas peur avec la décennie noire, on a grandi dans la misère). Quelques minutes après, un jeune à la tête du cortège se lève et s’adresse aux marcheurs : «Les marches sont pacifiques et doivent toujours le rester », a-t-il appelé ses camarades qu’il a invités à prendre retraite et à rentrer calmement. Les étudiants ont pris un pas en reculant pour remonter encore une fois la Rue Hassiba Ben-Bouali. Enfin, à noter que lors de leur passage, les étudiants ont invité les commerces situés sur le parcours à observer une grève.
Mohamed Amrouni