Ghaza continue de suffoquer sous les frappes et les destructions méthodiques menées par l’occupant sioniste, en dépit d’un cessez-le-feu entré théoriquement en vigueur il y a plus d’un mois. Dans la nuit de samedi à dimanche, l’armée de l’occupation a fait exploser des immeubles entiers dans le nord et le sud du territoire, étendant encore ses opérations de démolition et de tirs d’artillerie. Àl’aube, des correspondants sur place ont confirmé que des bâtiments résidentiels avaient été soufflés autour du rond-point Zaïd, à l’est de Beït Lahia, tandis que les abords du camp d’AlBoureïj subissaient des bombardements soutenus. Plus au sud, Khan Younès et Rafah ont été visées par une combinaison de tirs terrestres, raids aériens et nouvelles opérations de dynamitage. Ces attaques ne sont pas isolées : elles s’ajoutent à une longue série de violations systématiques du cessez-le-feu du 11 octobre 2025. Selon le ministère de la Santé de Ghaza, 318 Palestiniens ont été tués et 788 blessés depuis le début de la trêve, transformée en simple façade diplomatique derrière laquelle l’occupant poursuit sa guerre lente et méthodique. Le ministère palestinien des Affaires étrangères parle clairement de « massacres sionistes », dénonçant l’impunité totale dont bénéficie l’occupant. Samedi seulement, 22 martyrs ont été recensés dans des frappes ciblant des maisons densément habitées. Le ministère souligne que cette stratégie démontre une volonté avérée de saboter tout effort de paix et de rendre impossible toute stabilisation durable. Au-delà des chiffres, le territoire endure une crise humaine totale. Les équipes du Croissant Rouge constatent une explosion de troubles psychiques : anxiété sévère, stress post-traumatique, perte d’attention chez les enfants, terreur permanente renforcée par le bruit des drones et des bombardements. Les femmes portent l’essentiel de la charge psychologique et domestique ; elles deviennent à la fois mères, protectrices, infirmières et médiatrices dans un environnement hostile où tout manque. Le secteur de la santé mentale, déjà fragile avant la guerre, est aujourd’hui quasiment détruit : centres anéantis, personnel épuisé ou tué, absence de médicaments. « Sauver Ghaza psychologiquement est aussi vital que la nourrir », avertissent les spécialistes. Un autre drame se déroule loin des caméras : environ 9 500 Palestiniens sont toujours portés disparus, probablement coincés sous les décombres d’une guerre qualifiée de génocidaire par de nombreux États et organisations humanitaires. Les familles continuent de fouiller les ruines à mains nues alors que l’occupant étend son « cordon de sécurité » : des blocs de béton jaunes interdisent désormais l’accès à de vastes zones résidentielles, coupant des centaines de milliers de familles de leurs maisons. Dimanche, plusieurs habitants témoignent de leur impossibilité de récupérer leurs biens. Certains, comme Abou Ramadan Al-Adini, tentent de se faufiler à pied, sous les drones, pour récupérer quelques vêtements d’hiver.
M. Seghilani














































