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23 février 2024
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ACTUALITÉ

EXPLOSION DES CANDIDATURES ET POURSUITE DE LA RÉVISION DU FICHIER ÉLECTORAL : Coup de fouet au processus de la présidentielle

Les Algériens sont appelés, pour la troisième fois au courant de cette année, à voter pour élire un nouveau président de la République, le 12 décembre prochain. Un scrutin dont l’issue fait craindre le spectre de blocage politique tant est que l’élection présidentielle a été deux fois annulées après l’effet du mouvement populaire et citoyen du 22 février dernier. Pour le Pouvoir, l’enjeu est de taille, car il y va de la sauvegarde de la stabilité et la souveraineté du pays et aussi le cadre légitime des Institutions de l’État. Cependant, les observateurs évoquent la poursuite du Hirak et la réticence de certaines figures de l’opposition à se présenter à ces présidentielles, comme des facteurs qui risquent d’entacher la légitimité du futur chef de l’Etat élu. Suite à la convocation du corps électoral en vue de la présidentielle, les personnalités souhaitant se présenter à ce scrutin disposent de 40 jours pour fournir les dossiers de candidature. C’est-à-dire avant le 26 octobre prochain, conformément à l’article 140 de la loi amendée récemment relative au régime électoral.
Jusqu’à hier, 60 postulants à la candidature ont procédé au retrait des formulaires de souscription des signatures individuelles, selon l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE). Son chargé de communication, Ali Draâ, a fait savoir, mardi, que « parmi les postulants au prochain scrutin présidentiel figurent des candidats indépendants et des représentants de partis, dont Belkacem Sahli, président de l’Alliance nationale républicaine (ANR), Ali Benflis, président du parti Talaïe El Hourryet, Abdelaziz Belaïd, président du Front El Moustakbal, Aïssa Belhadi, président du Front de la bonne gouvernance, Abdelkader Bengrina, président du mouvement El Bina, Ali Zeghdoud, président du parti du Rassemblement algérien (RA) et Mourad Arroudj, président du parti « Errafah ». La nouvelle loi organique relative au régime électoral fait obligation aux candidats à la présidentielle de présenter 50 000 signatures individuelles au moins, d’électeurs inscrits sur des listes électorales. Ces signatures doivent être recueillies à travers au moins 25 wilayas. Le nombre minimal des signatures exigées pour chacune des wilayas ne saurait être inférieur à 1 200. La déclaration de candidature à la présidence de la République résulte du dépôt, par le candidat lui-même, d’une demande d’enregistrement auprès du président de l’ANIE, stipule cette nouvelle loi, exigeant la nationalité algérienne d’origine pour le candidat qui doit être également titulaire d’un diplôme universitaire ou d’un diplôme équivalent. L’ANIE a la charge de préparer les élections, de les organiser, de les gérer et de les superviser et ce, dès le début de l’opération d’inscription sur les listes électorales et leurs révisions ainsi que les opérations de préparation de l’opération électorale, des opérations de vote, de dépouillement et se prononcent sur le contentieux électoral jusqu’à l’annonce des résultats provisoires.
Côté administration, les personnels au niveau des APC du pays s’activent. En début de la semaine en cours, la révision exceptionnelle des listes électorales a commencé dimanche dernier et se poursuivra durant 15 jours, conformément au décret présidentiel portant convocation du corps électoral en vue de l’élection du président de la République devant se tenir le 12 décembre prochain. « Une révision exceptionnelle des listes électorales est ouverte à compter du dimanche 22 septembre 2019 et sera clôturée le dimanche 6 octobre 2019 », stipule le décret présidentiel signé le 15 septembre par le chef de l’État, Abdelkader Bensalah.
En prévision de cette révision exceptionnelle des listes électorales, l’ANIE, créée en vertu d’une nouvelle loi organique, a invité les citoyennes et citoyens, non inscrits sur les listes électorales, notamment ceux qui auront 18 ans le jour du scrutin, à s’inscrire auprès de la commission communale au niveau de leur commune de résidence. Les électeurs ayant changé de lieu de résidence doivent, quant à eux, se rapprocher de la commission de révision des listes électorales de leur nouvelle commune de résidence, la demande d’inscription devant être appuyée par la présentation de deux documents, l’un justifiant l’identité, l’autre la résidence. Les bureaux de la commission chargée de la révision des listes des élections au niveau des communes sont, ainsi, ouverts tous les jours de la semaine, de 9h00 à 16h30, à l’exception du vendredi. Les membres de la communauté nationale établie à l’étranger doivent, pour leur part, se rapprocher des représentations diplomatiques ou consulaires pour s’inscrire. La loi organique relative au régime électoral, qui vient d’être amendée, place le fichier national du corps électoral composé de l’ensemble des listes électorales des communes et des centres diplomatiques et consulaires à l’étranger sous la tutelle de l’Autorité indépendante chargée des élections. Elle prévoit, selon l’article 23, d’accorder à cette instance la responsabilité d’élaborer et de réviser les listes électorales périodiquement et à l’occasion de chaque échéance électorale ou référendaire par une commission communale pour la révision des listes électorales placée sous sa supervision. L’anie prend également toutes les mesures et dispositions pour garantir la préparation et l’organisation des élections « en toute intégrité, transparence et impartialité, sans discrimination entre les candidats ».
Conformément à la loi, l’Autorité a les prérogatives de tenir le Fichier national du corps électoral, des listes électorales communales et des listes électorales de la communauté nationale à l’étranger, de les actualiser de manière permanente et périodique, de réceptionner les dossiers de candidature d’élection du président de la République et de statuer en accord avec les dispositions de la loi organique relative au régime électoral et d’annoncer les résultats provisoires des élections. Son président, Mohamed Charfi, a affirmé que cette instance « dispose de toutes les garanties pour une réelle pratique de la citoyenneté et jouit des critères d’autonomie et de compétence ». « Avec l’avènement de l’Autorité, toutes les pratiques non conformes à des élections intègres se dissiperont. La loi punira ceux qui s’immisceront dans les prérogatives dont l’Autorité a hérité des ministères de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de la Justice concernant les élections », a-t-il déclaré. Au premier jour de cette opération, pour avoir l’avis et les évaluations de L’ANIE sur le déroulement de l’opération de révision du fichier électoral, nous nous sommes rendus au siège de cette instance, sis à l’avenue Pasteur, à Alger (anciens locaux qui ont abrité le siège de l’ex-HIISE), mais nous étions surpris en découvrant des lieux désertés. Pas âme qui y vive en effet ! Aucun responsable ou porte-parole qu’il soit n’est sur les lieux. Un agent à la rentrée nous a informés que les membres de l’Autorité siègent au niveau du Club des Pins et que les locaux ne sont pas encore opérationnels, ajoutant qu’il ignore la date où les membres de l’ANIE prendront leurs bureaux sur place. Même constat au siège de l’ANIE locale au niveau de la wilaya d’Alger, où avait emménagé le Panel pour la médiation et le dialogue dirigé par Karim Younès. Aucune explication ne nous a été fournie sur place. En parallèle, l’opération de retrait de formulaire pour les candidats désireux de se présenter aux prochaines présidentielles est toujours en cours. Hier, ils étaient 32 prétendants à avoir retiré les formulaires de souscription à ce rendez-vous électoral. Dimanche dernier, L’ANIE a démenti des informations de presse prétendant qu’elle avait élu domicile provisoirement pour ses premières réunions au niveau du palais du Gouvernement. L’Autorité apporte un démenti formel à cette assertion et précise qu’elle n’a jamais occupé un quelconque espace du siège du Gouvernement pour quelque période que ce soit et que son siège est au Palais des Nations. Il est aussi très étonnant de constater que la nouvelle Autorité chargée des élections ne dispose pas encore d’un site internet ou d’une visibilité sur les réseaux sociaux.
Hamid Mecheri

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