Exploitation du gaz de schiste : Amar Ghoul désavoue la contestation

Amar Ghoul a tiré à boulets rouges, hier à Alger, contre le mouvement de protestations anti-gaz de schiste. Présidant la réunion préparatoire de la conférence nationale économique et sociale que compte organiser son parti TAJ dans les tout prochains jours, le tonitruant ministre des Transports a notamment déclaré à la presse, très brièvement cependant et visiblement pas très emballé à s’épancher ouvertement sur un sujet objet à polémiques, que la problématique actuelle ne se limitait pas à la seule exploitation du gaz de schiste, pour ou contre, mais dans le cadre le plus global de l’exploitation durable de toutes les potentialités énergétiques du pays. Certains ne voient pas d’un bon œil que l’Algérie se hisse à la 2ème ou 3ème puissance énergétique dans le monde, a-t-il dit lors de l’une des ses tirades coutumières teintée de populisme à peine voilé. L’intérêt national et les possibilités de l’Algérie doivent primer sur les revendications sociales, a assuré le président de TAJ désavouant dans des termes à peine voilés le mouvement de protestations anti-gaz de schiste qui s’exaspère à In Salah. Les experts doivent pouvoir s’exprimer sur le sujet de l’exploitation du gaz de schiste, a-t-il martelé indiquant que le gouvernement a inscrit dans ses priorités le développement des secteurs de l’énergie, de l’agriculture, de l’industrie, du tourisme, de la formation et des services et que, dès lors, la problématique posée à l’heure actuelle consistait comment faire pour financer ces secteurs en dehors des revenus des exportations d’hydrocarbures. « Nous avons besoin de consacrer les revenus des hydrocarbures à ces secteurs-là mais aussi de faire en sorte de concrétiser la complémentarité secteur public-secteur privé et d’agir de manière à ce que les entreprises algériennes réussissent à reprendre les marchés accaparés par les multinationales étrangères», a-t-il encore dit. Aujourd’hui, il s’agit de rationaliser la dépense d’énergie, d’aller aux priorités et à des orientations précises et claires afin de construire une économie nationale forte, prospère et diversifiée, a poursuivi Amar Ghoul. Il a de même tenu à rappeler que la conférence envisagée, et à laquelle il invite solennellement l’intelligentsia, la classe politique, les représentants de la société civile et les partenaires sociaux, se déroule dans un contexte caractérisé par la baisse des revenus pétroliers et la guerre sur le prix du baril. En face de l’espace européen, l’Algérie doit pouvoir accéder au rang d’État fort et influent, ainsi que de jouer un rôle-pivot au sein de l’Afrique, du pourtour de la Méditerranée et de l’espace arabo-musulman, a affirmé le ministre des Transports. Au milieu de la classe politique, divisée entre l’initiative de la Conférence du consensus national prônée par le FFS et le jusqu’au-boutisme de la Coordination nationale pour les libertés et la transition démocratique (CNLTD), le TAJ, parti agissant à la périphérie du pouvoir en place, s’est lancé lui aussi dans une démarche ayant comme prétexte l’organisation d’une conférence nationale économique et sociale, dont les recommandations, a souligné Amar Ghoul à la presse, seront présentées au gouvernement et au président de la République.
Pour l’instant, Amar Ghoul n’a pas indiqué la date de déroulement de cette conférence. Il escompte, cependant, que l’épineux dossier relatif à l’énergie soit traité lors de cette rencontre. Il s’agit, selon le ministre, de sortir des sentiers battus et de ne pas s’en tenir aux généralités lors du conclave mais de donner des détails sur le niveau de financement et les actions à engager pour développer les secteurs de l’énergie, énergies renouvelables incluses, l’agriculture, l’industrie, le tourisme, la formation et les services.
En sus, quatre volets ont été inscrits à débats lors de cette conférence, à savoir la diversification des ressources énergétiques, la politique du partenariat public-privé, l’alternative financière au financement de l’économie nationale et enfin le volet relatif au capital humain et l’économie du savoir. Cependant, le président de TAJ aura fait le vœu que la conférence aborde ce qu’il a qualifié de sécurité énergétique intimement liée à la sécurité nationale.
Mohamed Djamel

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