Évasion de la prison d’El Harrach : l’enquête avance, les têtes tombent

Sept personnes dont trois membres de la famille du baron et son avocate ont été arrêtées et placées sous mandat de dépôt et placées sous contrôle judiciaire, ainsi que certains agents de la prison d’El Harrach. Au total, 17 personnes ont été présentées ce vendredi 29 avril, devant la procureur de la République auprès du tribunal d’El Harrach pour association de malfaiteurs, complicité, aide et assistance à l’évasion du baron de la drogue, alias « H. Oussama » le 24 avril dernier, selon un communiqué de la Cour de justice d’Alger. Des mandats d’arrêt ont été ordonnés contre les personnes en état de fuite. Pendant ce temps, l’évadé court toujours… Selon les premiers éléments de l’enquête menée par la Section de recherche de la Gendarmerie nationale (SRGN) et la police judiciaire, l’avocate du détenu, agréée près de la Cour de justice de M’sila, est le principal cerveau de l’affaire, de la planification à l’exécution de l’évasion avec la complicité et l’implication de plusieurs agents de l’établissement pénitentiaire et de certains membres de la famille du détenu. Un fait sans précédent pour l’établissement pénitentiaire d’El Harrach connu jusque-là pour son rigorisme en matière de sécurité. Le détenu, un dangereux trafiquant de drogue âgé de 27 ans qui avait déjà tenté de s’enfuir de la prison de Koléa, a pu quitter l’enceinte de la prison sans aucune difficulté. Après lui avoir laissé son badge lors d’une première visite, son avocate, moyennant une importante somme d’argent, lui apporte des vêtements lors d’une seconde visite pour que celui-ci les revête et se fasse passer pour un visiteur. Tout cela sans aucune vérification, ni aucune suspicion de la part des gardiens qui ne se rendent compte de la disparition du détenu qu’en fin de journée. Arrêtée et interrogée, l’avocate a reconnu les faits. Par ailleurs, les sentences n’ont pas tardées à tomber. Le directeur général de la prison d’El Harrach, son adjoint ainsi que d’autres fonctionnaires de l’établissement dont douze gardiens ont été suspendus de leurs fonctions par le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Tayeb Louh, qui a, dans le même temps, ordonné l’ouverture d’une enquête administrative par des inspecteurs de l’administration générale pour déterminer les complicités. Ce dernier affirmait, le 28 avril dernier, l’effort de son administration pour « éliminer toutes les pressions sur les magistrats » et insistait sur la nécessité d’une réforme du système de formation de magistrats. Pendant ce temps, l’évadé est toujours en liberté et les enquêteurs des services de sécurité n’ont toujours pas réussi à retrouver sa trace malgré la mise en place d’une véritable chasse à l’homme lancée à l’échelle nationale et la mobilisation d’importants moyens dont plusieurs unités de la Gendarmerie nationale, des brigades cynophiles et des hélicoptères.
Anissa Benkhelifa