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EN DÉPIT DES ENGAGEMENTS PRIS PAR LA TUTELLE : Les syndicats de l’Éducation maintiennent la protesta

Visiblement pas très convaincus par les engagements pris jeudi dernier par le ministre, Mohamed Ouadjaout, quant à la prise en charge des revendications soulevées par les travailleurs, les syndicats de l’Éducation maintiennent leur mobilisation.

Alors que 14 formations syndicales s’apprêtent à entamer une grève de trois jours, à partir du 9 mai, le CNAPESTE, qui fait cavalier seul, se prépare également à une série d’actions qu’il annoncera ultérieurement.
Faut dire que la situation est en train de se compliquer dans le secteur de l’Éducation après que la contestation se soit élargie parmi les travailleurs des différents corps. L’alliance de 14 syndicats autonomes ayant décidé mercredi 28 avril d’organiser une grève les 9, 10 et 11 mai prochains, fait preuve que la colère des travailleurs a atteint ses limites au point de menacer d’aller vers des grèves illimitées si les autorités ne prennent pas de décisions concrètes pour régler leurs problèmes. Contacté, hier, pour s’exprimer sur cet appel à la grève, le secrétaire général du SATEF, Boualem Amoura, regrette que la protestation soit l’unique moyen de faire réagir les responsables. Selon lui, il n’y a jamais eu d’anticipation pour solutionner les différents problèmes auxquels font face les enseignants et les fonctionnaires du secteur qui datent depuis plusieurs années, d’où le recours à chaque fois aux mouvements de grèves et de rassemblements au niveau national. Il ajoute que jamais les préoccupations des travailleurs n’ont été pris au sérieux ni d’ailleurs n’ont alerté quant à une explosion sociale suite à la dégradation des conditions socioprofessionnelles. « Nous avons été très patients mais aujourd’hui nous ne pouvons plus assurer nos missions dans de telles conditions. Je parle essentiellement de l’érosion grave du pouvoir d’achat. On ne peut plus vivre comme ça », a confié notre interlocuteur. Pour ce qui est de l’appel au dialogue lancé jeudi passé par le ministre, Amoura a révélé que ; « les canaux de dialogue sont fermés depuis que Ouadjaout est en tête du ministère ». « Cela fait une année que nous ne nous sommes pas réunis avec lui. Son secrétaire général, lui, ne répond même pas aux appels téléphoniques », a-t-il regretté avant de s’interroger «de quel dialogue, il vient nous parler aujourd’hui »?
Par ailleurs, Amoura dira que son syndicat est capable de négocier lui-même avec les autorités, et n’a point besoin de médiateur dont le poste est plus politique que force de proposition. «  En ce qui concerne le Satef, on n’attend rein de ce médiateur. Nous avons nos agréments, nous avons la loi avec nous, nous sommes capables de négocier avec les responsables par nous-même», a-t-il assuré.

Le Cnapeste se mobilise à une série de grèves
Alors qu’il n’est pas signataire du communiqué commun des 14 formations syndicales de l’Éducation, le CNAPESTE compte néanmoins se joindre à la mobilisation mais en faisant cavalier seul. Le porte-parole de ce syndicat a fait savoir que des assemblées générales au niveau des wilayas ont été organisées hier et comptent se poursuivre pour préparer la tenue du conseil national lors
duquel une série d’actions de contestations seront décidées et ce à l’échelle nationale. Selon Messaoud Boudiba, les travailleurs n’attendent plus rien des rencontres qui sont tenues avec les responsables du secteur considérant que celles-ci se font uniquement pour la forme alors que dans le fond, « il n’y a jamais eu de résultats qui puissent apporter un plus aux revendications des travailleurs ». Il est important de noter enfin que les travailleurs de l’Éducation réclament essentiellement l’amélioration du pouvoir d’achat, la révision du système de primes, le rétablissement de la retraite anticipée et sans conditions d’âge, la révision du statut particulier, et l’annulation du système de contractualisation ainsi que l’intégration des travailleurs professionnels. Sur le plan pédagogique, ils demandent la révision des programmes et des manuels scolaires et l’amélioration du système éducatif.
Ania Nait Chalal