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Élection présidentielle américaine : Quelles conséquences pour le Maghreb ?

En milieu de semaine prochaine, l’on sera fixé sur l’issue de l’élection présidentielle américaine qui ne peut laisser aucun pays indifférent, tant est lourde l’influence US sur la conduite des affaires du Monde.

Au-delà des dérives d’une campagne la plus féroce de l’histoire des présidentielles aux États-Unis, nombre d’observateurs s’interrogent sur le pouvoir de l’argent dans le financement des campagnes des présidentielles, qui sont sans limites et qui interrogent, sérieusement, sur les vertus de la «démocratie américaine». Et, précisément, ce sont les financements de la candidate Hillary Clinton après les graves révélations de ses mails, où l’on découvre les millions de dollars versés à celle qui dirigeait la diplomatie américaine à travers la “Fondation Clinton” par la Monarchie marocaine pour obtenir des passe-droits pour la vente du phosphate spolié du Sahara occidental sur le marché américain, au détriment de sociétés US. Des interrogations se posent, aussi, sur le financement de la campagne électorale de la candidate démocrate par non seulement le roi Mohammed VI, les monarchies du Golfe, l’Arabie saoudite en tête, et le rôle actif qu’a joué la secrétaire d’État Clinton dans le processus d’invasion de la Libye. Ainsi, et selon de nouvelles révélations du site WikiLeaks montrent que Hillary Clinton faisait de l’élimination de Mouammar Kadhafi, et de l’invasion de la Libye comme un préalable à sa course à la présidentielle.
Des courriels de la candidate démocrate à la Maison-Blanche, Hillary Clinton, témoignent qu’elle a joué un rôle de premier plan dans la désintégration de la Libye, a indiqué le fondateur du site WikiLeaks, Julian Assange, dans une interview à la chaîne de télévision russe RT. WikiLeaks a publié, avant-hier vendredi, le dernier lot de courriels confidentiels de John Podesta, directeur de la campagne électorale d’Hillary Clinton. Plus de 47 000 courriels sur 50 000 sont désormais à la disposition du public. «La guerre en Libye était la guerre d’Hillary Clinton, plus que de toute autre personne», a déclaré Julian Assange, avant d’ajouter que le président des États-Unis, Barack Obama, était initialement opposé aux opérations militaires en Libye. Assange oublie, cependant au passage, le rôle tout aussi déterminant de Sarkozy qui avait des raisons bassement matériels à la liquidation physique de celui qui a généreusement financé sa campagne électorale. Un financement sur lequel enquête la justice française. Les révélations de Julian Assange sont troublantes et il a évoqué un document interne datant de la fin 2011 et ayant pour titre «Libye, Chronologie des Événements» (Libya Tick Tock). «Il (le document) présente la chronologie du processus de destruction de l’État libyen avec Hillary Clinton en son centre». Le fondateur de WikiLeaks ne s’arrête pas là, puisque qu’il évoque les relations de Hillary Clinton avec des monarchies du Golfe et les importants dons faits à la “Fondation Clinton” en contrepartie de lobbying pour la vente d’armements destinés à Daesh. «Les Saoudiens, les Qataris, les Marocains donnaient tout cet argent à la “Fondation Clinton”, alors qu’Hillary Clinton était secrétaire d’État et le département d’État approuvait des ventes d’armes massives, en particulier à l’Arabie saoudite», a ainsi rappelé Julian Assange, ajoutant que durant le mandat de Hillary Clinton, en tant que secrétaire d’État, le plus grand contrat de vente d’armement jamais signé dans le monde, d’une valeur de 80 milliards de dollars, a été conclu avec l’Arabie saoudite.
Par ailleurs, durant son mandat, le montant des exportations totales d’armes des États-Unis a doublé, rappelle-t-il. L’élection de Clinton, ou celle de son rival, le milliardaire Donald Trump, poseront de sérieux problèmes à la conduite des États-Unis, et auront forcément de graves répercussions sur la “politique mondiale”. D’autant que, l’une comme l’autre, n’auront pas les coudées franches et seront, prisonnière pour Clinton de ses financements et de l’impact de ses emails diplomatiques, et pour l’autre, son inexpérience et son amateurisme en politique.
Mokhtar Bendib