Éducation : les contractuels menacent de reprendre la contestation

La Coordination nationale des enseignants contractuels brandit la menace de reprendre ses actions de contestations au lendemain du déroulement du concours de recrutement de 28 000 enseignants. Après qu’ils s’étaient enfin résignés à aller passer le concours, les contestataires attendent que les promesses du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, soient appliquées.
Joint hier par téléphone, Bachir Saïdi, président de la Coordination nationale des enseignants contractuels affiliée au CLA a déclaré que les enseignants qui avaient observé près d’un mois de grève n’attendent que l’application des promesses du gouvernement. Dans le cas contraire, il a affirmé que les contestataires vont renouer avec les actions de contestation, et entameront une autre série de rassemblements, voire une deuxième grève de faim. Concernant la promesse d’Abdelmalek Sellal qui a permis de calmer les esprits et de convaincre les enseignants contractuels et vacataires d’aller s’inscrire au concours, Saïdi indique que le responsable avait assuré qu’il y aura au moins 90% de réussite de ses enseignants. Les 10% verront leurs contrats renouvelés, ajoute-t-il. «Nous avons tous passé le concours après que nous avions pris la décision de le boycotter. Maintenant, nous sommes dans l’attente des résultats», a laissé entendre notre interlocuteur. De son côté, le porte-parole du Conseil des lycées d’Algérie, Idir Achour, a bien confirmé que tous les enseignants contractuels et vacataires avaient concouru à l’épreuve écrite samedi dernier. «Les candidats avaient eu la possibilité de s’inscrire jusqu’à la dernière minute», explique-t-il. Pour ce qui est de l’admission de 90% des contractuels au concours, Idir Achour estime que cela est possible, sachant que d’autres postes budgétaires pourraient être ouverts à cause des départs massifs en retraite programmés pour la fin de cette année scolaire. Les postes ne manquent pas et les demandes aussi, a-t-il noté. Dans un précédent rapport, le CLA a révélé que le secteur de l’Éducation nationale nécessitait 50 000 postes budgétaires pour une rentrée scolaire sans manque d’enseignants. Il y aurait 25 115 enseignants contractuels sur des postes vacants, 11.136 sur des postes de remplacements et 28.075 postes budgétaires pour le concours de recrutement, a-t-on estimé dans le même rapport. Un calcul arithmétique permet d’intégrer tous les contractuels et passer l’examen de recrutement, en donnant l’avantage aux enseignants remplaçants ayant exercé plus d’une année, avait préconisé le syndicat. Pour rappel, les enseignants contractuels ont entamé le 27 mars dernier une marche appelée (la marche de la dignité) depuis la wilaya de Béjaïa jusqu’à la ville de Boudouaou. Les contestataires, une fois empêchés par un important dispositif des forces de l’ordre de rejoindre le siège d’El-Mouradia, ont décidé d’aller vers une grève de la faim. Seulement, toutes ces actions n’ont donné aucune suite positive à leur revendication d’intégration directe pis, les enseignants contractuels ont été pris au dépourvu, et ont été dispersés de force afin de rejoindre leurs wilayas respectives. Toutefois, cela n’a pas dissuadé les contestataires qui sont revenus à la charge, dimanche 24 avril, à travers l’organisation de rassemblements devant les directions de wilaya au niveau national. Une deuxième marche a été également programmée de Boumerdès à Béjaïa pour réitérer leur attachement à leurs doléances.
Ania Nait Chalal