Du ridicule des fake news visant l’ANP pour déstabiliser le pays

Par Ali El Hadj Tahar

Le ministère de la Défense nationale (MDN) a démenti « catégoriquement », samedi dans un communiqué, les rumeurs concernant le limogeage et l’arrestation d’un nombre de chefs de structures centrales et de cadres supérieurs au sein de l’Armée nationale populaire (ANP). En effet, des rumeurs ont rapidement enflammé la toile lorsque des changements ont été opérés à la tête de la  Direction  générale  de  la  sécurité  intérieure  (DGSI),  relevant  des services   de  renseignements, et le remplacement du général Ouassini Bouazza par le général Abdelghani Rachedi,
« Certains sites électroniques et réseaux sociaux ont fait circuler […] de fausses informations et des rumeurs concernant le limogeage et l’arrestation d’un nombre de chefs de structures centrales et de cadres supérieurs au sein de l’Armée nationale populaire », a précisé le MDN qui a démenti « catégoriquement ces allégations tendancieuses colportées par des porte-voix et des parties malintentionnées qui s’opposent aux changements initiés par l’État algérien » et « qui tentent vainement de semer la confusion et le trouble au sein de la société et de l’ANP», le « rempart impénétrable qui préserve notre Patrie des complots et des conspirations ».
L’Algérie traverse un moment difficile durant cette crise sanitaire doublée d’une chute drastique des prix des hydrocarbures, mais elle est en train de prouver qu’elle saura traverser cette double épreuve qui est un test d’efficacité pour l’homme qui a été élu à la magistrature suprême, M. Abdelmadjid Tebboune, et de l’équipe gouvernementale qu’il a choisie. Cette équipe est naturellement soutenue par l’ANP qui n’a jamais manqué à ses obligations légalistes sauf lorsqu’il s’est agi de sauver le pays d’une décennie terroriste ou d’une déviance fondamentale par rapport aux principes de Novembre, comme cela s’est passé en 1993 lorsqu’un parti islamistes voulait s’accaparer le pouvoir, et le 22 février 2019, lorsqu’elle a exigé l’application des articles 102, 7 et 8 de la Constitution et obtenu le départ du président déchu sans effusion de sang.
Les principes de l’État de droit où l’Institution militaire est au service de l’État et non l’inverse n’ont jamais été aussi évidents que depuis l’élection présidentielle du 12-12 et la prise de fonction de M. Tebboune. Ces principes de séparation des pouvoirs, et précisément de séparation des champs politique et militaire et de la sujétion du militaire aux instances politiques supérieures de l’État, n’ont jamais été aussi palpables, et ce pour une raison très simple sur laquelle s’accordent tous les théoriciens depuis Samuel Huntington, le théoricien de ce qu’on appelle, depuis, The Civilian control of the military, soit le Contrôle civil du militaire. Cette évidence est que lorsque le pouvoir est juste, légaliste, respectueux des termes de la Constitution en vigueur, patriote et non corrompu, l’Armée plie obligatoirement à ses décisions et ne tente pas de s’ingérer dans les champs réservés aux politiques ni de faire de coups d’État, à condition bien sûr que le civil respecte les prérogatives réservées aux militaires et leur donne les moyens de s’acquitter des tâches sécuritaires et de défense dont dépend leur honneur et celui de la patrie.
L’ANP a toujours été une Institution transparente, bien que l’étiquette de grande muette lui soit accolée depuis longtemps. Ne communiquant que lorsque nécessaire comme le fait toute armée professionnelle sans velléités politiques, l’ANP adopte cette stratégie de communication au compte-gouttes pour des raisons évidentes de ne pas donner l’impression de déborder de son cadre ou de viser autre chose que ce que lui prescrit la Constitution. Une sur-communication militaire en direction du civil n’est nullement productive, d’autant que le principe d’une armée peut être résumé en « le moins dire c’est le mieux ». Le peuple algérien est habitué à ce sens de la mesure de son Armée et la juge à son travail et ses réalisations et non pas à la parlote. Les Algériens savent que leur armée, d’ailleurs très présente à Blida, une ville de contingents, est au premier rang de la lutte durant cette crise sanitaire, en déployant ses aéronefs pour ramener du matériel à 12 246,28 km de distance, ce qui constitue un défi technique en soi pour les pilotes chargés de la mission vers la Chine et retour.
A. E. T.