Djemaï

DJEMAÏ SUR LES APPELS À LA DÉSOBEISSANCE CIVILE : «Ils cherchent l’internationalisation de la crise algérienne»

Alors que le Mouvement populaire sera, ce vendredi, à son septième mois de mobilisation, le secrétaire général du Front de libération national (FLN), Mohamed Djemaï, a mis en garde contre l’impasse politique actuelle dans le pays, qui constitue, selon lui, un obstacle et une menace sur la pérennité et la stabilité de l’État.

Intervenant lors d’une conférence de presse, hier, devant plusieurs cadres de son parti, au Centre international des conférences du Club des Pins, à l’Ouest d’Alger, Djemaï a sonné le glas. «La période très critique que traverse le pays actuellement entrainera le pays dans une crise suffocante sur tous les niveaux, aux conséquences très graves», a-t-il averti, évoquant la crise économique et les menaces extérieures des pays proches géographiquement de l’Algérie.
Au passage, le SG du FLN a rappelé que la seule solution pour dépasser cette situation de crise est d’aller au plus vite vers des élections présidentielles. Pour y parvenir, le conférencier a préconisé «l’entame d’un dialogue qui sera ouvert à toutes les sensibilités politiques dans le pays». Insistant sur ce dernier point, Djemaï a tracé les grandes lignes de ce dialogue comme le perçoit sa formation politique : «Un dialogue qui a besoin de concessions, indispensables et réciproques à toutes les parties, dont le but n’est pas de s’accaparer du Pouvoir sans un mandat du peuple, est la seule issue pour résoudre la crise». «Nous sommes des partisans du dialogue entre toutes les idées mises sur table par les politiques. Nous allons travailler à rapprocher les antagonistes afin de trouver des solutions», a-t-il indiqué. «Rejoindre le dialogue est aujourd’hui une obligation nationale afin de permettre au peuple d’exercer sa pleine souveraineté et d’élire un président de la République avec de vraies prérogatives», a-t-il poursuivi, insistant : «Nous voulons un dialogue inclusif et non pas un dialogue qui fait dans l’exclusion et l’opportunisme».

«L’ANP assume pleinement ses missions»
Sur ce chapitre, et d’ailleurs, Djemaï a renouvelé ses critiques envers les partisans de la Constituante, plaidant le passage par une période de transition, les accusant de jouer la carte de la déstabilisation du pays. «Comme je l’avais dit par le passé, au FLN, nous ne sommes pas de ceux qui profitent des occasions et investissent dans les crises politiques de leur pays pour parvenir à des acquis politiques ou tirer des dividendes personnelles au détriment du pays », a-t-il déclaré.
Dans son intervention, Djemaï a salué «les efforts» de l’Armée nationale populaire pour préserver la sécurité et la stabilité dans le pays : «Nous saluons la grandeur de l’Armée novembériste qui a assumé pleinement ses missions constitutionnelles. Nous saluons également sa patience et d’avoir fait avorté, aux complotistes contre l’Algérie, leurs sales besognes. Une Armée qui a à sa tête un commandement nationaliste et moudjahid qui accompagne le peuple dans la concrétisation de ses revendications légitimes».
Djemaï a commenté également les appels à la désobéissance civile, affirmant que «si nous donnons l’occasion aux bandes pour tenter d’envenimer et d’empirer la situation et de répandre les rumeurs pour précipiter le pays dans des périodes de transition et la désobéissance civile, nous nous dirigeront vers l’internationalisation de la crise algérienne». Il a enfin tiré la sonnette d’alarme, affirmant que «l’Algérie ne supportera pas plus de retards, car cela aura des conséquences sur l’économie et la situation sociale dans le pays», estimant que «cela menace même de mettre en cause les acquis arrachés par le Hirak».
Hamid Mecheri