Tebboune

DÉCOLLAGE ÉCONOMIQUE ET RECONQUÊTE DIPLOMATIQUE : L’Algérie des grandes ambitions

Le discours officiel est de plus en plus fortement imprégné des nouvelles ambitions de l’Algérie au plan national et dans le monde, qui dépendent, toutefois, en premier lieu, de l’état du développement économique du pays.

Si l’Algérie veut avoir un rôle international à la mesure de son histoire, c’est sur son économie qu’elle doit compter pour réduire sa vulnérabilité aux facteurs de dépendance externe et renforcer ses atouts de souveraineté. D’où l’insistance, par exemple, des plus hauts responsables sur la sécurité alimentaire.
Les fluctuations internationales actuelles dans ce domaine ont donné des indications sur les efforts prioritaires à mener: le développement des filières stratégiques, les céréales et les cultures industrielles, et, condition première, la mobilisation des ressources en eau pour l’irrigation. Autre volet : la sécurité énergétique, à travers, notamment, le développement des énergies renouvelables et nouvelles, et l’efficacité énergétique. Au titre du développement des énergies renouvelables et nouvelles, le gouvernement poursuit son engagement pour la mise en place d’une capacité de 15.000 MWe à l’horizon 2035. En même temps, l’élaboration d’un nouveau modèle énergétique qui tend vers un mix énergétique équilibré à l’échéance 2030, est engagée. D’une façon générale, les performances économiques attendues sont stimulées maintenant par la volonté de l’Algérie d’adhérer au Groupe des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Pour la Chine, qui préside en ce moment les BRICS, l’Algérie est vue comme un « grand pays en développement » et un « représentant des économies émergentes ».
C’est en juillet dernier, que le président Abdelmadjid Tebboune a fait savoir que l’Algérie « s’intéresse aux BRICS, en ce qu’ils constituent une puissance économique et politique ».
Tout dernièrement, lors de l’ouverture des travaux de la rencontre Gouvernement-Walis, le président Tebboune a affirmé que l’Algérie avait pour objectif le développement du produit intérieur de manière à pouvoir adhérer aux BRICS. « Nous nous préparons dans ce sens », a-t-il ajouté. Cette confirmation de ses alliances stratégiques, est accompagnée de la détermination de l’Algérie à apporter une valeur ajoutée dans «l’action coordonnée pour le renforcement de la paix et la sécurité internationales, la promotion des principes et valeurs du non alignement et d’un Multilatéralisme revigoré et le renforcement des partenariats ainsi que la poursuite de la lutte antiterroriste et contre le crime international organisé». C’est sans doute ce qui motive la candidature de l’Algérie à un siège non permanent au Conseil de sécurité pour la période qui s’étend de 2024 à 2025, lors des élections qui se tiendront dans le cadre de la 77ème session de l’Assemblée générale en juin 2023.
Le Conseil de sécurité est le garant du maintien de la paix et la sécurité internationales, au titre de la Charte de l’ONU. Les efforts de l’Algérie pour régler les crises internationales et défendre le droit des peuples colonisés à l’autodétermination- Palestine et Sahara occidental-, plaident en sa faveur. L’Algérie s’est fixée pour objectif, lors du prochain Sommet arabe d’Alger, de faire avancer le dossier de la réconciliation inter-palestinienne et relancer le processus de paix au Moyen-Orient.
Au plan international, l’Algérie a, également, l’ambition de contribuer au renforcement du rôle des Non-alignés dans le contexte international actuel.
Tout cela suppose qu’au plan sécuritaire, dans son contexte géopolitique régional et international, l’Algérie dispose d’un système national de défense doté de capacités développées et renforcées en permanence.
On sait que l’Armée nationale populaire œuvre sans relâche dans ce sens (maîtrise des technologies modernes et des systèmes d’armes complexes, consolidation des dispositifs de surveillance et de protection déployés tout au long des frontières terrestres et des espaces maritimes et aériens de souveraineté, formation et renforcement des capacités en matière de cyber-défense et de lutte contre toutes formes de crime électronique,…).
M’hamed Rebah