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3 mars 2024
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Edito

Constitution : où en est-on ?

Par Mâalem Abdelyakine

Plus de dix mois après la clôture des débats sur la révision de la Constitution, engagée par le pouvoir avec les partis politiques, et autres personnalités, pour aboutir à une Constitution consensuelle, force est d’admettre que le souci d’un remodelage de ladite Constitution n’est plus une priorité pour les tenants du pouvoir, et les déclarations d’intention des uns et des autres restent désuètes, face au flou qui entoure ce projet de révision. Et pourtant, si la Loi fondamentale du pays a été discutée autour d’un thé avec des personnalités nationales, ou qui se considèrent comme telles, ainsi que certains partis politiques, et que ces consultations aient été menées par le ministre d’État, et néamoins directeur de cabinet de la Présidence, Ahmed Ouahia, il n’en demeure pas moins qu’il faut reconnaître qu’avec le boycott d’une partie de l’opposition, et autres personnalités de premier plan, il faut dire d’emblée que cette Constitution consensuelle, tant recherchée, n’aura pas finalement le consensus de tous. Mais ce qui attire l’attention, c’est que, depuis toujours, discuter en Algérie sur la Constitution revient toujours à évoquer de beaux principes, avec, en prime, la construction de la démocratie, la séparation des pouvoirs, l’indépendance de la Justice, le respect des lois, la promotion et protection des droits de l’Homme, la limitation des mandats présidentiels, même si l’on veut nous faire oublier qu’en 2008 rien ne s’est passé, et que la Constitution n’a pas été triturée pour les besoins d’un troisième mandat, et même d’un quatrième etc. Mais, dans la réalité, ce ne sont que des lois ornementales qui ne sont jamais respectées par ceux qu’ils les ont même promulguées. Ces principes galvaudés sont tellement surprenants que tout le monde applaudit avec les deux mains, car, qui pourrait ouvertement rejeter l’alternance démocratique, ou encore s’insurger que l’on fasse de la lutte contre la corruption et l’accaparement du bien public, est-ce un engagement constitutionnel ? Cela dit, les beaux principes énoncés dans le projet de révision de la Constitution ne vont pas pour autant aligner l’Algérie sur les progrès démocratiques, parce que notre pays avait une Constitution avec de beaux principes, mais foulée (la Constitution, ndlr) par ceux qui devraient la respecter et la défendre. Constitution consensuelle ne doit pas être «adjugée» autour d’un thé à la Présidence, mais négociée farouchement, et mot par mot, et aussi avec des partenaires égaux. Même s’il est dit qu’hormis les constantes nationales, les discussions sur la révision de la Constitution restent ouvertes. Mais pour quel consensus, lorsque le pouvoir n’a pas réussi à rassembler autour de la table tous les courants qui existent dans le pays ? Reste que le Texte constitutionnel est prometteur, parce qu’il organise les institutions, crée des contraintes pour le pouvoir exécutif et assure le droit des citoyens, ce qui revient à dire qu’on n’est plus dans un texte adulateur, mais une Loi fondamentale qui structure réellement la vie publique, pour longtemps, car cela devient incongru de toucher à la Constitution du pays, selon les humeurs des tenants du pouvoir et autres calculs mesquins des uns et des autres.
M. A.

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