CHEF DE SERVICE À L’HOPITAL PSYCHIATRIQUE DE CHÉRAGA, LE PR. MADJID TABTI : «Il faut mettre en place un programme pour la protection des autistes »

S’exprimant, hier, à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, célébrée chaque année le 2 avril, le chef de service à l’hôpital psychiatrique de Chéraga, le Pr. Madjid Tabti a souligné la nécessité de développer un programme d’action national pour la protection des autistes. Le Pr Tabti, qui était également l’invité de la Radio nationale, a tiré, hier, la sonnette d’alarme concernant l’augmentation du nombre de cas enregistrés chaque année, soulignant, d’autre part, l’importance de développer ce programme pour la protection de cette frange de la société. À cet égard, il a proposé, également la création d’un centre national de diagnostic et de traitement de l’autisme. Évoquant le diagnostic de l’autisme en Algérie, le Pr. Tabti a souligné, à ce propos, la nécessité d’un diagnostic précoce de l’autisme. Il a souligné également l’importance de former les différents spécialistes intervenant dans la chaîne de suivi de l’enfant autiste. L’invité de la Radio nationale, revient, également, au cours de son intervention, sur le rôle de la famille, en particulier les parents, dans la gestion de la santé de leurs enfants. Il a, dans ce même sillage mis en avant l’importance de se concentrer plus sur la santé mentale de ces derniers. Aussi, et selon d’autres spécialistes en la matière, la prise en charge de l’autisme doit se faire dans un cadre multidisciplinaire et multisectoriel. Ces derniers observent ainsi que le problème de la prise en charge de l’autiste en Algérie réside dans le déficit en personnel qualifié, à savoir en pédopsychiatres, les mieux indiqués pour établir un diagnostic précis de la maladie. Du côté des parents, ces derniers ont fait part des difficultés qu’ils rencontrent pour faire intégrer leurs enfants dans des classes normales ou spéciales au niveau des établissements éducatifs ou les centres réservés à cette catégorie. Aussi et par rapport à la question de connaître le nombre de personnes atteintes d’autisme en Algérie, ces mêmes spécialistes affirment la difficulté d’avoir une estimation juste de la maladie.
Mehdi Isikioune