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BRAS DE FER MINISTèRE DE L’ÉDUCATION-ENSEIGNANTS DU PRIMAIRE : Vers le pourrissement ?

Au moment où les enseignants du cycle primaire se préparent à entamer cette semaine des actions de contestation plus radicales pour la prise en charge de leur plateforme de revendications, le ministère de l’éducation nationale annonce de son côté l’application de sanctions contre les grévistes en recourant à des ponctions non pas seulement sur les salaires mais aussi sur les primes de rendements.
L’entêtement de ces deux parties laisse présager ainsi une situation de blocage, qui prend en otage des milliers d’élèves à travers tout le pays. En effet, depuis déjà 6 semaines aucune solution n’a été trouvée pour mettre fin à cette grève cyclique suivie majoritairement par tous les établissements primaires à travers toutes les wilayas du pays. Mais pas que, le spectre d’un boycott des examens du premier trimestre est à l’horizon, car les contestataires devront trancher aujourd’hui autour de cette question. Il faut dire que cette option sera sans doute retenue après la décision de la tutelle de recourir à des ponctions sur la prime de rendement des enseignants grévistes. Puisqu’au moment où l’on s’attendait à des mesures d’apaisement permettant de calmer leur grogne et de préserver notamment la scolarité des élèves, le ministère préfère les démonstrations de forces qui n’aident surtout pas à mettre fin à la crise. Il convient de rappeler que plusieurs réunions entre la coordination des enseignants du primaire et les responsables du ministère de l’éducation ont été tenues mais ont vite échoué. Les deux parties ne sont arrivées à aucun compromis notamment en ce qui concerne la révision des statuts particuliers de cette catégorie de travailleurs du secteur, car la question est du ressort du ministère du Travail. Il faudra rappeler également que la grève des enseignants du primaire était renouvelable chaque lundi, avant de passer à trois jours cycliques. S’agissant de la plateforme de revendications de ces enseignants, il est à noter qu’il s’agit principalement de la promulgation du statut particulier, notamment dans ses aspects liés à la promotion, l’intégration et le classement. L’on revendique également l’application «immédiate et avec effet rétroactif» du décret présidentiel 14/266. On réclame le droit à la retraite proportionnelle sans limitation d’âge pour les enseignants, ainsi que la révision de la classification des enseignants du primaire. L’on réclame aussi la diminution des volumes horaires au primaire et ce au même titre que ce qui se fait dans les paliers moyen et secondaire. Les contestataires revendiquent, également, la régularisation des enseignants formés après le 3 juin 2012 afin qu’ils puissent bénéficier du statut de formateur, ainsi que la possibilité à l’enseignant de bénéficier de promotion jusqu’au titre de directeur d’école, et l’activation du dossier lié à la médecine du travail.
Ania Nait Chalal