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SAHARA OCCIDENTAL : Aminatou Haïdar dénonce les violations des droits de l’homme

En tournée européenne, la pasionaria du peuple sahraoui et infatigable militante des droits de l’homme, Aminatou Haïdar, a dénoncé la grave situation des droits humains dans les zones occupées du Sahara occidental.

Aminatou Haïdar qui recevra le 4 décembre prochain à Stokholm, le « petit prix Nobel de la paix» a exprimé tout au long de ses étapes européennes sa plus grande préoccupation face à l’escalade des agressions et à la campagne de répression du régime d’occupation marocain contre la population civile sahraouie. Mme Haïdar, a souligné que l’intensification de la répression marocaine intervient à un moment crucial pour le processus de paix, marqué par l’absence de médiateur onusien et les obstacles marocains au travail de l’ONU sur le dernier territoire en voie de décolonisation en Afrique. La lauréate du « Prix Right Livelihood 2019″, aussi connu comme « Prix Nobel alternatif », a demandé aux députés de différentes forces politiques allemandes et aux membres du corps diplomatique accrédités à Berlin, l’intervention urgente de la communauté internationale, en particulier des pays de l’Union européenne, pour faire face aux pratiques illégales de l’occupant marocain sur le territoire sahraoui et à prendre des mesures pour « faire respecter les résolutions des Nations unies afin que le peuple sahraoui puisse exercer son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance ». « Outre les violations systématiques des droits de l’Homme et la persécution incessante, il y a actuellement plus de 46 prisonniers politiques sahraouis illégalement reconnus coupables par le Maroc », a indiqué la militante sahraouie qui préside l’Association des défenseurs des droits de l’Homme des Sahraouis (CODESA).
« Je saisis également cette occasion pour faire une mention spéciale et rendre hommage à la jeune militante Mahfouda Lefkir, détenue illégalement pour le simple fait d’exprimer son rejet de la sentence prononcée à l’encontre d’un membre de sa famille », a encore dénoncé Mme Haïdar, soulignant que « Mahfouda Lefkir est emprisonnée depuis dix jours et n’a pas pu recevoir la visite de ses proches ». Elle a appelé, à cette occasion, les forces politiques et les organisations allemandes à « intercéder pour obtenir la libération immédiate de tous les militants sahraouis des droits humains détenus dans les prisons marocaines ». De même, Aminatou Haïdar a fait part de son inquiétude face aux « manœuvres » préconisées par certains pays européens, mentionnant clairement la France et l’Espagne, de violer les arrêts de la Cour de justice de l’UE et de continuer à maintenir l’exploitation illégale des ressources naturelles sahraouies à travers des accords commerciaux illégaux avec le Maroc. La militante a rappelé que « la justice européenne a été claire et énergique: « le Maroc et le Sahara occidental sont deux territoires distincts et séparés ». « Nous ne pouvons accepter que l’Europe fasse partie du problème et constitue un obstacle dans la recherche d’une solution garantissant la paix et la stabilité de la région de l’Afrique du Nord », a ajouté Haïdar. à ce propos, l’Espagne, où vient de débarquer le MAE marocain, redouble de sollicitude à l’égard du Maroc et le chef de la diplomatie espagnole, Josep Borrel , a sorti un warning surréaliste , dicté par le Maroc pour interdire aux citoyens et surtout aux militants de se rendre dans les camps de réfugiés sahraouis. à cet égard et se référant à la situation actuelle dans les zones occupées du Sahara occidental et dans les camps de réfugiés, Aminatou Haïdar a souligné que « la prolongation du conflit et le manque de perspectives dans le processus de paix obligent les nouvelles générations à perdre confiance dans le travail de l’ONU et adopter un discours plus radical pour reprendre la lutte armée contre le Maroc ». « Il est difficile pour nous de continuer à convaincre nos jeunes de continuer à miser sur la lutte pacifique. Nous devons assumer nos responsabilités pour éviter un nouveau scénario de guerre au Sahara occidental », a-t-elle soutenu. Le Prix Right Livelihood, aussi connu comme « Prix Nobel alternatif » a été décerné cette année à quatre défenseurs des droits de l’Homme et du climat, dont la militante sahraouie Aminatou Haïdar. C’est la toute première fois que Right Livelihood honore un Lauréat du Sahara occidental. Se déclarant « honorée » de recevoir le célèbre Prix, Aminatou Haïdar a déclaré que cette attribution est « une reconnaissance » de sa « lutte non violente et de la juste cause du peuple sahraoui qui, malgré l’occupation militaire et les nombreuses violations des droits de l’Homme élémentaires, poursuit son combat pacifique ». « Les Sahraouis méritent d’être soutenus par tous afin qu’ils puissent, un jour, accéder à l’indépendance et à la liberté », a-t-elle ajouté. Les Lauréats recevront leurs distinctions le 4 décembre lors de la Cérémonie du Prix Right Livelihood 2019 à Stockholm. Malgré les menaces de mort et le harcèlement dont elle et ses enfants font les frais, Aminatou Haïdar se bat sans relâche pour qu’une solution politique soit trouvée à l’un des plus longs conflits enlisés au monde, s’efforçant d’inculquer les vertus de l’action pacifique aux générations sahraouies montantes.

Mokhtar Bendib

MAROC- ESPAGNE
Kheddad dénonce la complicité flagrante de Madrid avec Rabat  

Le coordinateur sahraoui auprès de la Mission de l’ONU pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), Mohamed Khedad, a affirmé vendredi  que les propos du ministre espagnol des Affaires étrangères à propos de la situation dans les camps de réfugiés sahraouis, sont « injustifiés et illustrent la complicité du gouvernement espagnol avec l’occupation marocaine ». Le responsable sahraoui a souligné que le régime d’occupation marocain porte la responsabilité entière et directe de tout acte terroriste commis contre les camps de réfugiés sahraouis ou leurs abords. « La communauté internationale doit se rappeler que le Maroc est la première source de terroristes dans le monde », a-t-il soutenu, dans une déclaration aux médias. Le gouvernement de la République sahraouie et le Front Polisario ont également pointé du doigt le régime d’occupation marocain de toute agression susceptible de se produire dans la région dans un avenir proche ou lointain, après la demande injustifiée du gouvernement espagnol. Il a été décrit comme une alerte de sécurité concernant le danger présumé d’une attaque terroriste contre des collaborateurs espagnols dans les camps de réfugiés sahraouis. Le Front Polisario et le gouvernement sahraoui ont soutenu qu’il était « étrange et méfiant ». Les allégations de l’Espagne découlent de la visite du ministre des Affaires étrangères marocain à Madrid mercredi. Le Front Polisario a annoncé il y a quelques jours la tenue de son 15ème Congrès général dans la ville de Tifariti dans les territoires libérés de la République sahraouie, ce qui a suscité la colère de l’occupation marocaine et l’a poussé à impliquer à nouveau l’Espagne dans ses agissements et blocage du processus de décolonisation du Sahara occidental. En ce qui concerne le terrorisme et le crime organisé, le régime marocain reste le principal sponsor du terrorisme, du trafic de drogue et de la migration irrégulière dans la région de l’Afrique du Nord et est une source de préoccupation pour la situation sécuritaire à la frontière commune entre les pays du Sahel et du Sahara. Dans un précédent rapport, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNDC) avait souligné l’implication de trafiquants de drogue auprès de groupes terroristes de la région, tels que Al-Qaïda et Daech, en protégeant les envois de drogue traversant la côte en direction de l’Afrique subsaharienne. Pour rappel, le chef de la diplomatie espagnole, connu pour ses sympathies pro- marocaines et ses positions partisanes en faveur de Rabat, a sorti, au moment de la visite du MAE marocain à Madrid, un communiqué  surréaliste dans lequel il met en garde les ressortissants espagnols contre tout voyage dans les camps de réfugiés sahraouis  sous prétexte d’imminence d’attentats terroristes. Des prévisions fantaisistes  dictées sans doute par le chef de la diplomatie marocaine qui s’agite beaucoup et dont l’action diplomatique se résume aux mensonges,  à la propagande  et à la manipulation. à moins que le Maroc prévoit de fomenter des actes terroristes pour perturber le prochain congrès du Front Polisario, qui se tiendra à Tifariti en territoire libéré sahraoui. Le Maroc en assumera l’entière responsabilité comme le soulignent les hauts responsables sahraouis.

M. B.