Brahim Zitouni

BRAHIM ZITOUNI, POLITOLOGUE : «Il faut remettre de l’ordre dans la maison Algérie»

Pour cet analyste politique qui s’est exprimé hier sur les ondes de la Radio nationale chaîne III, le règlement de la crise que traverse l’Algérie depuis des mois devrait se faire à travers une rupture avec l’ancien système, à commencer par engager des réformes constitutionnelles et institutionnelles intégrant l’ensemble des droits démocratiques du peuple, afin de faire de lui le souverain dans «sa maison». Estimant que la crise économique et politique que traverse l’Algérie est la résultante du « pillage » qu’elle a subi durant «une dizaine d’années », Brahim Zitouni a déclaré que la mission du président de la République nouvellement élu est de désamorcer cette crise en tendant la main à l’ensemble des acteurs de la société politique sans exception. Selon lui ; « il faut remettre de l’ordre dans la maison Algérie » à travers d’abord la remise en marche des secteurs qui ont été pillés pendant 20 ans au profit de la issaba (bande : Ndlr) notamment Sonatrach, Sonelgaz et les grandes entreprises publiques. Il faudra également, a-t-il poursuivi, aller vers une économique indépendante de la rente pétrolière en agissant sur les instruments de l’État, tout en continuant à assurer les subventions liées au pouvoir d’achat et à la sécurité alimentaire. Pour rétablir, d’autre part, la confiance entre les Algériens et les gouvernants, l’intervenant de la Radio algérienne considère que cette étape devrait être basée sur des mesures politiques ayant été entamées, a-t-il relevé, par l’organisation de l’élection présidentielle. Celle-ci sera suivi par des réformes constitutionnelles et institutionnelles qui soient inclusives et qui permettent d’intégrer l’ensemble des droits démocratiques du peuple algérien dans toutes ses dimensions afin qu’il puisse être le souverain dans son propre pays, le maître dans sa maison, suggère le politologue. Aussi parmi les autres chantiers auxquels le Président devrait s’attaquer, Zitouni évoque le rétablissement de l’équilibre entre les différents pouvoirs ; législatif, exécutif, et judiciaire ainsi que la révision de la Constitution qui est selon lui, une question «d’urgence». Pour ce faire, cet analyste politique propose à ce que partout soient organisés les débats, et que toutes les idées soient mises sur la table. Selon lui,  il faut que le débat soit populaire impliquant non seulement les intellectuels, les universitaires, les constitutionnalistes, mais le peuple aussi. « Il faut dénouer les fils qui ont été noués, tendre la main à nos compatriotes ; ce qui est du devoir de chaque président de la République », a-t-il ajouté. Commentant, par ailleurs, le rejet exprimé par le Hirak de l’élection  présidentielle, il considère qu’il s’agit là de la position d’« idéologues » et de certaines forces politiques « réactionnaires » existant au sein de celui-ci.
Ania Nait Chalal