Barrage sur le Nil

Barrage sur le Nil : Le Soudan sollicite l’intervention du Niger

La ministre soudanaise des Affaires étrangères, Mariam Ali Mansoura Al Sadiq Al Mahdi, a demandé, mardi, l’intervention du Niger dans le différend opposant le Soudan à l’Ethiopie, lié au « barrage de la Renaissance » construit par Addis-Abeba sur le Nil Bleu, indique un communiqué de la Présidence nigérienne.

La ministre a formulé cette demande lors d’une rencontre avec le Président nigérien, Mohamed Bazoum, dans la capitale nigérienne Niamey. « Les deux personnalités ont échangé sur les très bonnes relations entre le Niger et le Soudan et certains problèmes internationaux qui concernent l’Afrique, la sécurité et la stabilité de la région de la Corne de l’Afrique notamment la question du barrage éthiopien », selon le communiqué de la présidence nigérienne publié sur son site officiel. « Evoquant le problème lié au barrage de la Renaissance, elle (la ministre soudanaise) a dit avoir demandé l’intervention du Niger au niveau des instances internationales, notamment le Conseil de sécurité des Nations Unies dont le Niger est un membre non permanent, pour un règlement pacifique de ce problème au niveau du Nil », a ajouté la même source, précisant que le Président Mohamed Bazoum « a écouté les arguments du Soudan et en fera un usage dans le sens de la paix et de la stabilité dans la région de la Corne de l’Afrique ». Le barrage de la Grande Renaissance éthiopienne (GERD), amené à devenir la plus grande installation hydroélectrique en Afrique, est depuis son lancement en 2011 source de tensions entre le Soudan, l’Egypte et l’Ethiopie.
L’Egypte, qui dépend du Nil pour environ 97% de son irrigation et son eau potable, considère le barrage comme une menace pour son approvisionnement en eau. De son côté, le Soudan craint que ses propres barrages ne soient endommagés si l’Ethiopie procède au remplissage du GERD avant qu’un accord ne soit conclu.
L’Ethiopie affirme que l’énergie hydroélectrique produite par le barrage sera vitale pour répondre aux besoins énergétiques de ses 110 millions d’habitants. Les deux pays en aval du barrage ont exhorté l’Ethiopie à ne pas effectuer le remplissage avant la signature d’un accord. Mais Addis-Abeba a annoncé en juillet 2020 qu’elle avait atteint son objectif de remplissage de la première année et qu’elle procéderait à la deuxième étape en juillet de cette année, qu’un accord soit conclu ou non.