Au deuxième jour de la présence de l’équipe médicale américaine à Médéa : 15 enfants atteints du Spina Bifida opérés avec succès

À peine arrivés à Médéa, les 17 membres de l’équipe médicale américaine, dont quatre chirurgiens, se sont mis à la tâche. Au deuxième jour de leur arrivée, quinze enfants, la grande majorité, des nourrissons, atteints de la pathologie congénitale appelée spina bifida, ont été opérés. Avec succès, faut-il le préciser.

Et une quarantaine d’autres attendent, selon M. Madaoui, directeur de l’hôpital Mohamed Boudiaf de la capitale du Titteri, de l’être durant le reste du séjour de l’équipe médicale américaine. Un séjour qui prendra fin, pour rappel, le 29 du mois en cours. Et qui aura permis, dans l’intervalle, aux spécialistes américains de cette grave maladie congénitale qui affece la moelle épinière, d’échanger leur expérience avec leurs homologues algériens. Selon le directeur de l’hôpital de Médéa, les médecins américains ne sont pas venus dans le seul but de transmettre leur « savoir-faire » en la matière mais ils ont également fait le déplacement dans notre pays dans l’objectif de s’enquérir de celle acquise par les spécialistes algériens : « C’est à un échange d’expériences que l’on assistera durant le séjour de l’équipe médicale américaine », nous a-t-il, en effet, déclaré non sans fierté. Et de nous déclarer que « sur les quinze opérations effectuées jusque-là, au moins trois ont été réalisées par nos spécialistes ; les Américains s’étant contentés d’y assister ».
Intervenant dans la discussion, le docteur Azzedine Stambouli, un médecin algérien installé aux États-Unis et qui est pour beaucoup dans la concrétisation de l’action de solidarité en cours à l’hôpital de Médéa, n’a pas manqué de souligner et « la haute compétence des spécialistes en neurochirurgie infantile y exerçant, et la sophistication des équipements dont est équipé le service spécialisé dans le traitement du spina bifida » ; « des équipements qui n’ont rien à envier à ceux installés dans les services similaires des hôpitaux américains », a-t-il poursuivi.
Entraînant ce faisant l’acquiescement de deux chirurgiens américains qui suivaient avec lui et en même temps que leurs collègues de Miami et des hôpitaux de Tamanrasset et de Ouargla, grâce à la télémédecine, le déroulement de l’opération qui était en cours en ce moment ; une opération qu’effectuait une spécialiste algérienne. Et à propos d’opérations, M. Madaoui nous a déclaré qu’ils sont « actuellement, à travers tout le pays, quelques 400 enfants atteints de spina bifida à attendre d’en subir une ». Surtout à l’hôpital de Médéa dont son directeur n’a pas caché son ambition d’en faire le centre national par excellence de traitement de cette dangereuse pathologie.
Dangereuse de par ses conséquences sur le vécu de ceux qui en sont atteints mais également de par sa prévalence. Selon le docteur Azzedine Stambouli qui, malgré son éloignement du pays, semble particulièrement informé de la situation sanitaire, celle-ci prête à inquiétude du fait que « sur 10 000 naissances, deux nouveau-nés en sont atteints ». De là leurs souhaits respectifs de renouveler l’expérience en cours mais en l’étoffant davantage. Dans la lancée, le directeur de l’hôpital de Médéa a tenu à nous préciser, dans le clair souci de corriger les informations qui ont été propagées sur cette expérience, que celle-ci a été entamée « à l’initiative d’un médecin retraité de l’hôpital qui a pris contact avec certains de ses confrères algériens installés outre-Atlantique et concrétisée par son staff, avec l’accord du ministère de tutelle ».
Une précision que Azzedine Stambouli n’a pas contredite. Sauf qu’il ajouté que la Maghreb-American Health Foundation (MAHF), dont il est membre fondateur, « a fourni le cadre légal pour le déplacement de l’équipe américaine en Algérie » sans lequel, a-t-il expliqué, « ses membres n’auraient pas pu être assurés ». Nous y reviendrons avec de plus amples informations sur cette louable action de solidarité, dans notre édition de demain.
De notre envoyé spécial à Médéa Mourad Bendris