Benbouzid

Après lE COVID qui a révélé sa défaillance : Le Pr Bouzid juge nécessaire une « révolte » dans le système de santé

L0e professeur Kamel Bouzid, chef de service d’oncologie au Centre Pierre-et-Marie-Curie (CPMC) de l’hôpital Mustapha-Pacha et président de la Société algérienne d’oncologie médicale, a jugé nécessaire une « révolution » dans le secteur de la Santé plutôt qu’une « réforme», notamment avec le Covid qui a révélé la défaillance du système sanitaire. Intervenant dans le direct du quotidien « le Soir d’Algérie », le Pr Bouzid a estimé nécessaire qu’il y est une « révolte » dans le secteur de la Santé pour sauver son système sanitaire, surtout dit-il après les scandales de plusieurs CHU dévoilés par la crise sanitaire. Dans le même sillage du coronavirus, le Pr Bouzid a salué la bonne gestion de la crise sanitaire, en rappelant que l’Afrique du Nord (Maroc, Algérie, Tunisie,) «a fait remarquablement face au Covid-19», l’invité de LSA notera les 4 points positifs dans la gestion du coronavirus. Il s’agit de l’hygiène individuelle, l’hygiène collective, l’adoption très rapide du protocole de la chloroquine qui a prouvé ses résultats positifs, le dernier point est la rupture des liaisons aériennes, maritimes et donc impossible pour les Algériens d’aller se soigner à l’étranger( faisant allusion à la issaba). Face à la recrudescence des contaminations au Covid-19 et les rebond des contaminations, «on fait le même procès aux citoyens de Sétif, Blida et Oran que celui fait par les Français aux Italiens , il faut faire de la pédagogie pour expliquer les bienfaits du port du masque et la distanciation sociale», suggère le Pr Bouzid, insistant pour revenir à chaque fois sur ses deux mesures, surtout «pour que le port du masque, qui doit s’intégrer dans la culture du pays».
Sur un autre volet, le chef de service d’oncologie au (CPMC) de l’hôpital Mustapha-Pacha a dénoncé les soins à l’étranger, respectant tout de même le droit de toute personne qui veut se soigner à l’étranger «mais avec son propre argent». « Je ne suis pas contre la caisse ni contre le fait que le patient choisisse de se soigner où il veut, mais je suis contre le fait que la Caisse de sécurité sociale me prélève mes cotisations pour payer des soins à la Issaba, ça, je ne peux pas l’accepter ». « Ça me dérange pas qu’ils aillent se soigner avec leur argents », Concernant les frais des diagnostics, et les soins en imagerie, le Professeur en oncologie a regretté de ne pas être reçu par le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, pour discuter sur ce sujet. Également, il a parlé des frais de soins en imagerie, donnant l’exemple du privé qui facture entre 12000 et 20 000 DA et le remboursement «insignifiant» par la Sécurité sociale qui ne dépasse pas les 800 DA. «Pourquoi cette caisse d’assurance signe des conventions en France ou en Belgique avec des centres privés à 70% et ne veut pas signer des conventions ici avec des cliniques privées à l’exception de quelques secteurs comme la DGSN et la Sonatrach», s’est-il interrogé. « Pour le grand public il n’y a pas de remboursement des frais engagés pour le cancer chez les cliniques privées et pour les cabinets privés ».
Concernant la pénurie des médicaments et la hausse des frais de la facture du traitement, le Pr Bouzid a expliqué que cela est dû à la mauvaise «gestion ». Cette dernière (la gestion) ne peut aboutir qu’à des ruptures régulières» dit-il, en ajoutant «qu’il s’agit d’optimiser les moyens qu’a mis l’État, puisque c’est centralisé au niveau de la PCH». Pour ce qui est des protocoles de traitement, «le millier d’oncologues formés depuis 1992 est tout à fait aptes à utiliser toutes les thérapeutiques du cancer», a déclaré le professeur avant d’invoquer le coût qui est réel «le budget du cancer et de l’hématologie représente 70 à 80% de la facture globale», et selon lui, «ce sont des coûts qu’on ne peut pas diminuer, même si l’on fait appel aux génériques ou aux bio similaires».
À travers son expérience dans la prise en charge de cette lourde pathologie, l’oncologue estime que «les gains qu’on fait sur l’utilisation des génériques et des bio similaires devraient être affectés aux thérapies innovantes, comme l’immunothérapie». Un cheval de bataille sur lequel le professeur insiste à chaque fois car, selon lui, «il y a des maladies pour lesquelles il n’y a pas d’autres solutions que l’immunothérapie».
Sarah O.