Alors que le rééquilibrage est prévu pour avril 2019 : Les cours du pétrole en berne

Le rééquilibrage du marché pétrolier devra attendre, selon les spécialistes, le deuxième trimestre de 2019 face à une offre abondante.

Les prix du pétrole renouaient avec la baisse hier en cours d’échanges asiatiques, effaçant leurs gains de la veille du nouvel an. Malgré le fait que l’Opep et ses alliés, qui représentent plus de la moitié de l’offre pétrolière mondiale, se sont entendus à abaisser leur production de 1,2 million de barils par jour pour les six prochains mois, les prix du pétrole demeurent bas en raison de la surabondance de l’offre et le ralentissement de l’économie.
Hier, le baril de « light sweet crude » (WTI), référence américaine du brut, pour livraison en février, cédait 43 cents à 44,98 dollars dans les échanges électroniques en Asie. Le baril de Brent, référence européenne, pour livraison en février, perdait 55 cents à 53,25 dollars. Ce prix est à peine supérieur au prix de référence ayant servi à l’élaboration de de la loi finances pour l’exercice de 2019.
Ainsi, ceux qui avaient cru à un sursaut durable des cours du pétrole en début d’année ont été déçus.  Les raisons de cette déprime sont toujours les mêmes: une surabondance de l’offre causée par un afflux de pétrole de schiste américain, sans oublier le ralentissement de l’économie mondiale. Malgré ce, les spécialistes restent optimistes et s’attendent à un rééquilibrage au deuxième trimestre de 2019. « Nous allons probablement entamer 2019 sur le même pied, tiré vers le bas par la production américaine record ainsi que par la guerre commerciale », a déclaré à Bloomberg News Phil Streible, analyste à RJO Futures à Chicago. « Nous ne verrons pas de rééquilibrage des marchés avant la fin du premier trimestre. »
C’est pour la première fois depuis 2015, que les cours ont terminé l’année à un niveau inférieur à celui du début d’année, clôturant 2018 sur un effondrement par rapport à leurs niveaux d’octobre, qui étaient les plus élevés en quatre ans.
Les craintes sur l’effet des sanctions américaines contre l’Iran avaient fait flamber les cours, mais cette hausse a été tempérée par la portée des exemptions décidées par Washington. En outre, l’or noir a pâti des retombées de la guerre commerciale entre Pékin et Washington et de son impact sur la croissance et de la hausse de la production. Pour rappel, selon les estimations du ministre de l’Énergie, Mustapha Guitouni, « les résultats de l’accord sur la baisse de la production, signé à Vienne début décembre, entre l’Opep et ses partenaires producteurs non Opep, seront palpables à la fin du premier trimestre 2019 ».
« Nous devons attendre la fin du premier trimestre 2019 pour constater les résultats escomptés du nouvel accord sur la  baisse de la production », a déclaré Guitouni à la presse en marge de sa rencontre avec des cadres de la Société algérienne de l’électricité et du gaz (Sonelgaz). « Les prix du pétrole connaîtront, avant avril prochain, une hausse oscillant entre 65 et 70 dollars/baril », a-t-il ajouté.  Quoi qu’il en soit, l’avenir de l’accord de limitation de la production devrait être au cœur de la prochaine réunion de l’Opep et de ses partenaires, au mois d’avril à Vienne. L’Arabie saoudite, la Russie et les États-Unis pourraient jouer sur des terrains distincts en faveur d’un renoncement à la politique de réduction de l’offre pétrolière. L’Opep avait convenu avec les pays producteurs non Opep, dont la Russie, d’une baisse de leur production de 1,2 million de barils par jour (mbj) à partir du 1er janvier 2019 répartie entre 800 000 barils pour l’Opep, dont 377 000 barils réduite par l’Arabie saoudite et 400 000 barils/jour pour les pays partenaires dans l’accord non Opep. Cet accord est intervenu suite à l’engagement des 15 pays membres de l’Opep à baisser leur production à hauteur de 3%, alors que les 10 pays partenaires dans l’accord se sont engagés à réduire leur production de 2,2 %. Cet accord exclut l’Iran, le Venezuela et la Libye vu les difficultés enregistrées dans la production de leurs parts habituelles.
Lamia Boufassa